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MARDI ÉCO Banque de France, chefs d’entreprise et étudiants étaient réunis

Au lycée de la CCI du Gard à Nîmes avait lieu une réunion un peu spéciale.

(Photo Anthony Maurin).

Cette rencontre est une première dans le cadre du partenariat entre la Banque de France et le Club des entreprises. Elle devait permettre de mettre en relation les étudiants et les responsables d’entreprises gardoises et d’échanger avec Philippe Saigne-Vialleix, directeur de la Banque de France du Gard.

Sous l'onde de choc du Coronavirus, étudiants, chefs d'entreprise et direction de la Banque de France dans le Gard étaient réunis au lycée de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) pour parler économie plus ou moins locale. Une matinée à visée chiffrée qui, avant la présentation et les débats qui ont suivi, promettait un apprentissage de plus pour les élèves du lycée de la CCI.

En poste à la direction de la Banque de France à Nîmes depuis plus de deux ans, Philippe Saigne-Vialleix a l'habitude de présenter les chiffres qu'il manie avec brio. En ce début d'année, voici les résultats 2019 et les perspectives 2020.

" La croissance mondiale s'essouffle, notamment au dernier trimestre 2019 où la situation s'est détériorée alors que nous ne parlions pas encore du Coronavirus. Les guerres économiques entre USA et Chine et USA et Europe, les problèmes en Amérique du Sud, le Brexit et d'autres choses n'améliorent pas tout cela. Les investissements se sont arrêtés et par conséquent le commerce a subi un coup d'arrêt. Tout le monde est perdant mais nous sentons une amélioration malgré les soubresauts ", explique le directeur gardois.

Mieux ici qu'ailleurs ?

L'épidémie en cours pourrait évidemment perturber l'embellie. Tout va dépendre de la manière dont on la gère et la rapidité avec laquelle les États sauront l'endiguer. En tout cas et en Europe, la croissance est stable et repart même à la hausse pour les deux ans à venir. " On fait mieux que la moyenne en zone euro ! ", affirme Philippe Saigne-Vialleix.

En France et après le trou d'air de la fin d'année dû aux mouvement sociaux, la croissance est donc satisfaisante, l'économie française résiste bien et les ménages n'ont plus qu'à consommer mieux. Oui, si nous résistons, c'est simplement car nous sommes mauvais en exportation et que donc nous subissons moins la morosité internationale !

Une présentation tout en pédagogie (Photo Anthony Maurin).

" Nous sommes loin des 2 % de croissance mais nous arrivons à créer de nombreux emplois. En quatre ans, il y a quatre millions de nouveaux emplois. Nous en créons plus qu'il y a 15 ans, poursuit Philippe Saigne-Vialleix. Nous prévoyons encore 150 000 nouveaux emplois en 2020 puis 100 000 en 2021 et enfin encore 100 000 autres l'année suivante. En Région, les perspectives sont meilleures qu'au plan national. La France devrait avoir moins de 8 % de chômeurs d'ici la fin 2021. Dans le BTP gardois, 115 emplois sont à pourvoir et les chefs d'entreprise ne trouvent pas preneur par manque de qualification certainement. Un gâchis quand on connaît les mauvais chiffres du département en matière de chômage... "

Le petit commerce redresse la pente et se remplume quand les grosses structures du genre super et hypermarchés ne cessent de voir leurs chiffres baisser. Sur Internet, +12 % des achats sont faits par les Français, loin derrière les chiffres vus au Royaume-Uni.

La viticulture, un pari pas toujours gagnant

La salle a pu poser des questions, s'intéresser à certains chiffres et quelques données en toute simplicité. Mais le Gard est connu pour son tourisme et ses vins. Nous reviendrons plus tard sur le tourisme, passons au vin. Comme le rappelait le directeur de la Banque de France, " quand on fait du vin on n'est pas sûr de gagner sa vie ! "

En effet, depuis 2001, bénéficiaires et déficitaires jouent des coudes. Les investissements sont lourds et difficilement rentables. Le Gard se porte bien grâce à l'agriculture biologique qui est une voie de sortie par le haut des problématiques du monde agricole.

L'assemblée, nombreuse pour l'occasion (Photo Anthony Maurin).

D'ailleurs, les crédits utilisés dans l'agriculture gardoise sont moindres qu'en Occitanie ou qu'en France. Nous sommes un peu à la bourre et il faudrait que nos agriculteurs s'adaptent plus rapidement en trouvant de nouvelles stratégies pour être en phase avec la demande comme ce fut le cas avec les abricots gardois.

Cette enquête a été réalisé sur 2 300 entreprises représentants un chiffre d'affaires de 48 milliards d'euros et embauchant la bagatelle de 217 000 personnes. Plus qu'en 2018, plus qu'en 2019, les chiffres d'affaires globaux sont en augmentation.

" Notre pays se désindustrialise mais pas l'Occitanie. Avec Airbus où on crée encore des emplois, pas seulement dans l'aéronautique d'ailleurs. La rentabilité des exploitations dans les services et la construction s'améliore. Pour le Gard, le crédit repart à la hausse après une décennie de tendance baissière. Dans l'industrie, la rentabilité est stable en progressant un peu dans le département qui reste à la traîne ", ajoute Philippe Saigne-Vialleix.

Empruntez, c'est le moment !

Les crédits immobiliers représentent toujours un financement très important.Nous connaissons les meilleurs chiffres depuis des années. Les taux sont bas, les conditions améliorent la concurrence mais il ne faut pas créer une bulle spéculative et des situation de surendettement chez les ménages. Le tourisme est lui aussi très décevant. La saison entière a déçu les professionnels et on ne saurait l'expliquer par les températures excessives. En effet, l'Hérault n'a pas connu cette baisse.

Pour la Banque de France dans le Gard, " la France est le pays de la zone euro où le crédit se développe le plus rapidement et où les taux sont les plus bas. C'est le moment d'investir, même pour l'habitat ou la consommation. On s'endette à taux négatif actuellement et les taux très bas devraient perdurer relativement longtemps, en tout cas autant que le mandat de Christine Lagarde à la tête de la BCE qui soutient ainsi l'économie. "

Bernard Michel, directeur du Lycée, fait la photo souvenir avec élèves de l'EGC et directeur de la Banque de France dans le Gard (Photo Anthony Maurin).

" On a appris beaucoup ce matin. Nous en savons plus sur le rôle et les choix de la Banque de France. Son analyse monétaire est très intéressante ", rassure Paul, étudiant en deuxième année de l'EGC. Récession, données chiffrées mondiales, européennes, françaises, régionales et gardoises n'ont plus de secret pour les deux jeunes. " Je ne m'attendais pas à ça pour le Gard que j'imaginais un peu mieux on Occitanie. J'en ai appris plus sur les secteurs de l'industrie et de l'agriculture mais nous avons un département pauvre où le chômage est très élevé ", constate sa collègue Célia.

À noter que quatre étudiants en première année de l'EGC organisent une soirée caritative en faveur de l'association Trisomie 21 dans le Gard. Cette soirée aura lieu le 27 mars à 19h30 à la CCI, rue de la République, en présence du magicien Pierr Cika. Des tables d'entreprise sont accessibles contre 200 euros pour huit personnes, 100 euros pour quatre et 50 euros pour deux. Vous passerez une bonne soirée !

Les élèves organisant la soirée du 27 mars (Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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