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LE 7H50 du député Berta : « Oui, nous sommes en guerre contre le Covid-19 »

Le député MoDem de la 6e circonscription, Philippe Berta (Photo : Coralie Mollaret)

Député MoDem de la 6e circonscription du Gard et généticien de métier, Philippe Berta, réagit aux nouvelles mesures prises par le président Emmanuel Macron pour limiter la propagation du coronavirus. 

Objectif Gard : Comme le président Macron, pensez-vous que nous sommes en guerre ? 

Philippe Berta :  Totalement. Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible qui prospère et prolifère à une vitesse incroyable. Un appel prioritaire à la responsabilité de nos concitoyens a été lancé par un Président qui a été martial. 

Les Français ont-ils fait preuve d’inconscience ? Certains ont continué à se rassembler dans les parcs comme l'a rappelé, hier soir, Emmanuel Macron... 

Je ne sais pas s’ils sont inconscients. Mais certains Français sont centrés sur eux-mêmes. Et les jeunes générations sont, encore aujourd’hui, déconnectées des vrais réalités. Il faut taper fort pour les réveiller car aujourd’hui, les infectiologues assurent qu’un Français sur 2 ou sur 3 sera contaminé par le Covid-19. C’est la réalité. Il faut s’y préparer. Il y a des conduites à tenir : quand on se sent dans un état grippal sans problème respiratoire, on reste chez soi, avec du paracétamol et on attend huit jours. 

Emmanuel Macron a limité les déplacements aux courses alimentaires pour résoudre des problèmes de santé et pour le corps médical particulièrement mobilisé. Comment faire respecter ces nouvelles interdictions ? 

D’abord, on essaie encore de croire à la responsabilité de chacun. Après et bien ce sera la sanction ! En Italie, si vous vous faites prendre sans justification, en train de vous déplacer, ça peut avoir jusqu’à trois mois de prison. C’est quand même notre santé collective qui est en jeu ! 

Pour comprendre ces mesures, il faut comprendre le virus en lui-même. Pourquoi ces mesures de confinement sont-elles nécessaires ? 

Ce virus a déjà décimé des dizaines de milliers de concitoyens dans le monde. Il nous faut juguler et ralentir sa progression et sa circulation.  En France, c’est encore jouable. Aujourd’hui on le sait : 80% des gens infectés par le Covid-19 auront une bonne grippe. Pour les 20% restants ce sera plus compliqué et le taux de mortalité est estimé à 2%. Sauf que ces 20% vont nécessiter une prise en charge lourde avec réanimation pour des problèmes respiratoires. Si vous ne ralentissez pas cette propagation, vous allez faire exploser le système de santé. C’est pour ça qu’en Alsace, Emmanuel Macron a annoncé la création d’un hôpital militaire de campagne.  

Où en sommes-nous de la recherche d’un vaccin ? 

En ce moment, il y a trois, peut-être quatre, essais cliniques en cours. Si on voit que ces anti-viraux sont actifs, cette solution pourrait surgir avant l’été. Sauf qu’avant, il faut réaliser une batterie de tests notamment sur des souris pour confirmer la qualité et l’efficacité. Le vaccin pourrait être prêt en fin d’année, début d’année prochaine. 

Vous êtes également professeur à l’université. Comment vivez-vous cette crise à titre personnel ?

Nous avons fermé l’université ce midi. Nous travaillons à distance avec mes étudiants en licence biologie à Nîmes. Si on respecte bien les consignes et que l’on excède pas la fin avril, tout ça va pouvoir se rattraper. À l’Assemblée, c’est très compliquée. Ça va être difficile pour Emmanuel Macron de convoquer les députés dans ces conditions… À titre plus personnel, ma femme est médecin généraliste. Elle fait partie des publics les plus exposés aux personnes infectés par le Covid-19. D’ailleurs sur ces dernières 48 heures, le nombre de personnes contaminées par le Covid-19 s’est amplifié sur cette bonne ville de Nîmes. Si c’est le cas, il faut rester confiner 14 jours chez soi. Si ça ne va pas, il faut appeler le 15. 

Enfin, pensez-vous comme Emmanuel Macron qu’il y aura un avant et un après Covid-19 ? 

Je l’espère. On va vivre quelque chose qui doit faire évoluer les mentalités et même la médecine. C’est le cas sur les autorisations temporaires d’utilisation qui permettent de tester un médicament juste après son autorisation de mise sur le marché. Dans des cas d’urgence comme le Covid-19, si d’aventure on trouvait dans les semaines qui viennent un médicament, il ne faut pas attendre une seconde pour en faire bénéficier des patients.

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

Et aussi : 

Le report du second tour des municipales. Initialement prévue le 22 mars, le deuxième tour des élections municipales a été reporté à une date ultérieure. « C’est tellement accessoire par les temps qui courent. je n'ai même pas envie d'en parler ! Je ne cache pas toutefois que j’avais été le premier à vouloir que le premier tour soit reporté», réagit Philippe Berta. 

 

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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