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UZÈS Coronavirus : au marché, « c’est calme »

Ce samedi matin, sur le marché à Uzès (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Ce samedi matin, sur le marché à Uzès (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

D’ordinaire, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, les rues d’Uzès grouillent de monde le samedi martin pour le traditionnel marché. En ce premier marché du samedi depuis l’entrée en vigueur du confinement pour endiguer l’épidémie de covid-19, la différence saute aux yeux.

Déjà, aucune difficulté pour circuler en voiture sur les boulevards du tour du centre-ville, ni pour se garer, même à proximité du marché : avant même de mettre les pieds sur la place aux Herbes, ce samedi matin là ne ressemble à aucun autre. Surtout pas au premier samedi du printemps, à la météo idéale. Idem dans les rues pavées du centre-ville, désertées. Il faut dire que la plupart des commerces ont tiré le rideau.

Sur la place aux Herbes, le marché se tient malgré tout. Seuls les commerces alimentaires sont autorisés. De fait, ça libère beaucoup de place, et les stands ne sont pas collés entre eux. « Nous avons dû nous décaler pour nous disperser, nous sommes beaucoup à ne pas avoir notre place habituelle », explique Laurent de Fayard, commerçant installé entre Valliguières et Rochefort-du-Gard, qui vend du miel sur le marché d’Uzès.

Au sol, du ruban adhésif et des coups de peinture ont été tracés. « Nous avons fait un marquage entre les stands, pour marquer les espaces entre les clients et avec les forains », explique Numa Noël, le chef de la police municipale, sur le pont ce matin comme la gendarmerie. Ici, on contrôle aussi : « nous avons fait une dizaine de contrôles, tout le monde avait son attestation », souligne le chef de la police municipale.

Vers 11 heures, pas plus d’un à deux clients par stand, et encore une bonne partie des forains n’a aucun client à servir. Parmi eux, Jean-Pierre Potteaux. Il est venu d’Alès avec sa rôtisserie, comme chaque samedi. « C’est calme, même les clients fidèles on ne les voit pas », pose-t-il. Laurent de Fayard ne dit pas autre chose et estime à « au moins 70 % de pertes » par rapport au volume de clients normal.

Ce samedi matin, sur le marché à Uzès (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« On prend nos précautions »

« Je pensais qu’il y aurait plus de clients », admet Numa Noël, de la police municipale, tout en reconnaissant que ce n’était peut-être pas plus mal pour faire respecter les consignes de sécurité et les gestes barrières.

De fait, les clients comme les forains n’ont aucun mal à les respecter, ces gestes barrières. « On prend nos précautions, explique Laurent de Fayard, un masque sur le visage. Nous avons un masque, du gel hydro-alcoolique, du désinfectants, les marquages au sol et un panneau, nous essayons nous aussi de faire comprendre que c’est quelque chose de sérieux. »

À ce moment, Sylvaine vient acheter un pot de miel. Elle tend un billet de 10 au commerçant, qui lui rend la monnaie et se désinfecte immédiatement les mains au gel hydro-alcoolique. « Je n’ai pas peur, je ne ‘psychote’ pas, je ne sors que pour mes courses », glisse la cliente en mettant le mot de miel dans son panier. Plus loin, Jean-Pierre et Dominique ont aussi mis le nez dehors au marché, comme d’habitude. « Nous n’avons pas du tout peur », affirment-ils de concert.

Reste à savoir si la marché pourra se tenir bien longtemps : entre les restrictions qui vont crescendo depuis le début de la crise sanitaire et le manque de clients, « quelques forains nous ont dit qu’ils ne seraient pas là samedi prochain », affirme Numa Noël. Pour notre rôtisseur, ça reste à voir : « j’ai encore un marché demain (dimanche, ndlr), je verrai. »

Pour Laurent de Fayard, pas question pour l’instant de s’asseoir sur le marché du samedi à Uzès. « J’ai déjà annulé ma venue au marché du mercredi (Uzès compte deux marchés par semaine, ndlr). Mais je suis obligé de venir, j’ai des factures à payer, il faut que je travaille un minimum », souffle-t-il, avant d’ajouter : « et ça me permet d’aller faire trois courses. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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