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GARD La députée Annie Chapelier cogne : « le Parlement est une mascarade ! »

Annie Chapelier, députée de la 4ème circonscription du Gard (Photo : Corentin Corger)

Élue aux Législatives 2017 sous les couleurs de La République en marche, l'infirmière employée à l'hôpital de Nîmes avait déjà pris ses distances avec le parti. Ce soir, sur le plateau d’Objectif Gard, elle vient d'annoncer qu’elle quittait le groupe de la majorité à l'Assemblée nationale. 

Le confinement, ça fait réfléchir. La députée (ex-La République en marche) de la 4e circonscription du Gard n’a pas échappé à l'introspection : « puisque mes cheminements de pensées vous intéressent, lorsque je suis retournée travailler, j’ai pris conscience de certaines choses. » La Gardoise, figure du renouvellement politique pour la Macronie, l’avoue : « J’ai pris une claque. Je me suis rendue compte que j’avais pris une certaine distance avec les réalités du terrain, les difficultés de la vie quotidienne que je n’ai plus aujourd’hui, même si j’en ai d’autres.»

Ce coming out politique a quelques prémices. Début janvier, Annie Chapelier a claqué la porte de LREM : « On ne rentre pas en politique pour se faire plaisir mais pour porter des idées qui, la plupart du temps, ne vont pas être entendues. » Annie Chapelier a-t-elle eu du mal à se faire entendre et à trouver sa place à l’Assemblée ? « Je ne suis ni désabusée, ni déçue. Je sais où je suis », affirme celle qui, pourtant aujourd'hui, annonce quitter le groupe de la majorité au palais Bourbon.

« On est à côté de la plaque » 

« Mardi, j’étais à l’Assemblée. On débattait des dons de congés au personnel soignant, raconte la parlementaire. Je comprends que des Français veulent être reconnaissants mais là, on est à côté de la plaque. Ce qu’attendent les soignants, c’est une revalorisation et surtout, une réorganisation de leur système de santé. On reste à débattre des heures sur un point qui pourrait se régler rapidement. »

Avec ce franc-parler qui laisse songeur, Annie Chapelier a taclé : « Actuellement, le Parlement est une mascarade ! On parle de sujet sans intérêt. Certains se bouffent le nez alors que la crise est là et qu’il il faut que tout le monde soit prêt à se battre. » Et son combat à elle ? À quoi a servi l’élue à l'Assemblée ? « Pendant trois ans, j’ai soûlé tout le monde au sujet des paramédicaux. Le Gouvernement a une autre écoute aujourd’hui. Ce qui est essentiel, c’est de recruter et de se réorganiser. Cette crise permettra, je l’espère, d'aller dans ce sens. » L’avenir le dira.  

CM

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

5 réactions sur “GARD La députée Annie Chapelier cogne : « le Parlement est une mascarade ! »”

  1. « Actuellement, le Parlement est une mascarade »
    Mieux vaut tard que jamais Madame Chapelier !
    « Ce qu’attendent les soignants, c’est une revalorisation et surtout, une réorganisation de leur système de santé. »
    Idem
    Et maintenant il va falloir cogner sur vos ex-collègues LREM de l’Assemblée.

  2. Bien sur que le parlement est une mascarade tellement les Français sont mal représentés. Mal représentés par des élus, élus par des modes de scrutin qui prennent en otage la démocratie. La France est engluée dans le système des partis, des pouvoirs et des contre-pouvoirs.
    La question démocratique est posée.
    Si nous voulons construire « le monde d’après », au delà du blabla il faut construire un mouvement d’ampleur pour le porter. Encore faut -il savoir dans quel monde d’après voulons nous vivre.

    1. « La France est engluée dans le système des partis… » : n’est-ce pas ce qu’a voulu Emmanuel Macron ? Désengluer la France DES partis pour n’en faire qu’un seul et unique. Sauf que ce n’est pas le votre.
      « des pouvoirs et des contre-pouvoirs. » : pouvoir (sans s) oui : un seul celui de l’exécutif et du président avec un parlement suiviste (assemblée nationale) ou bien timoré (sénat), contre-pouvoirs : où sont-ils ?

      « le monde d’après » quoi ? « Encore faut -il savoir dans quel monde d’après voulons nous vivre. » Et si nous commencions à penser au monde d’aujourd’hui ? Des lendemains qui chantent pour après, cela fait des générations que tous les partis politiques nous composent la musique, sans aucun sens de l’harmonie.
      L’épreuve COVID-19 a plutôt montré que les citoyens tous simples, sans parti, sans étiquette, savent tenir le pays debout malgré le pouvoir, sans les partis, par leur seul esprit citoyen républicain dont les partis et personnels de pouvoir ont perdu le sens, malgré les belles paroles et discours qu’ils ont appris à déclamer dans les grandes écoles.
      Nous, citoyens républicains, avons simplement besoin d’institutions où nous puissions nous exprimer, organiser collectivement nos prises de décisions, et pouvoir mandater des représentants exécutifs (et non d’opinion) responsables, devant ces institutions de citoyens républicains qui les ont mandatés, des actions et des résultats obtenus, révocables sur décision de ces institutions de citoyens républicains si le mandat exécutif n’est pas respecté.

    2. C’est en cela que le mouvement des Gilets Jaunes – canal historique était intéressant. Composé d’entrepreneurs, d’agriculteurs, de salariés (retraités et chômeurs compris) il y avait du sens autour de la valeur travail et des propositions pour oxygéner notre société.
      Et puis le mouvement a été infiltré, manipulé, récupéré. Les drapeaux tricolores ont disparu au profit des drapeaux rouges. Le mouvement porteur d’une nouvelle réflexion était devenu un mouvement sectaire. Les « historiques » ont quitté le navire.
      Je me souviendrai d’un soir au Colisée en conseil communautaire lorsque tous les élus ont soutenu, certains du bout des doigts, les « historiques ».

      https://www.objectifgard.com/2018/12/03/nimes-metropole-en-plein-conseil-communautaire-les-elus-interpelles-par-les-gilets-jaunes-videos/

  3. Son chemin vers la lucidité se poursuit d’autant plus facilement qu’elle n’a ni les codes, ni les tics politicards. Plutôt sympathique son parcours dans ce monde politique. Dumas pourrait prendre exemple.

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