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ALÈS Contre le coronavirus, les dentistes armés jusqu’aux dents

Agnès, la dentiste, dans sa combinaison. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Agnès, la dentiste, dans sa combinaison. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Comme d’autres professionnels de santé, les dentistes sont particulièrement exposés à des risques de contamination, contraints d’être en contact avec la salive de leurs patients. Comment se protègent-ils ? Comment le virus a-t-il changé leur métier ? Reportage dans un cabinet dentaire alésien.

Dans ce cabinet dentaire situé en bordure de la rocade alésienne, on pourrait croire que les sept chirurgiens-dentistes participent à une journée portes ouvertes. Sauf que depuis le lundi 11 mai et la reprise de leur activité, les portes restent ouvertes à longueur de journée. C’est la première mesure visible afin que les patients ne touchent aucune poignée de porte. Mais le protocole de sécurité ne fait que commencer…

Dès l’entrée du cabinet, un sticker rouge collé au sol alerte le visiteur : « Attendez ici. Respectez la distance de sécurité de 1 mètre. Covid-19 ». Plus loin, derrière une vitre en plexiglass, on aperçoit la secrétaire qui semble sortie d’un film de science-fiction : masque FFP2 devant la bouche, visière de sécurité, lunettes de protection, gants en latex avec une large surblouse de couleur violette et sa charlotte assortie… L’élégance à la française. Mais avant d’approcher la secrétaire, passage obligé par le distributeur de gel hydroalcoolique pour se désinfecter les mains.

Des mesures de protection ont été prises dès l'accueil du cabinet dentaire. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Des mesures de protection ont été prises dès l'accueil du cabinet dentaire. Photo Tony Duret / Objectif Gard

L’une des dentistes, Agnès, prévenue de notre reportage, arrive dans le même accoutrement que la secrétaire. On comprend que tout le monde ici est extrêmement prudent et qu’on ne plaisante pas avec la santé des patients et du personnel. « C’était tout l’enjeu des deux mois de confinement. Quand nous n’étions pas de garde pour les urgences, on cherchait des masques, des visières, des surblouses […] parce que les dotations de l’État n’ont pas été au rendez-vous. Par exemple, on devait recevoir 24 masques FFP2 par dentiste et par semaine. On a bien eu les 24 masques, mais pour sept dentistes ! Du coup, ça a été le système D », explique Agnès. Elle trouvera finalement les masques sur un site Internet allemand.

Système D

Autre nouveauté liée au coronavirus : la salle d’attente, d’ordinaire bien remplie, est déserte. Il s’agit en réalité d’un trompe-l’œil. Les patients sont toujours aussi nombreux, mais les dentistes ont modifié leur emploi du temps, étalé leur rendez-vous pour qu’il y ait le moins d’attente possible. « Au lieu d’enchaîner quatre journées intenses, on travaille sur cinq jours à un rythme moins soutenu. Avec toutes ces mesures de protection, les rendez-vous sont forcément plus longs, c’est aussi un peu plus contraignant. Et on aère les pièces entre deux rendez-vous », poursuit la dentiste-cosmonaute.

Et les patients dans tout ça ? Sont-ils sur les dents ? « Non, au contraire, ça les rassure de voir tout ce qu’on a mis en place. On leur demande de venir avec un masque et ils s’aperçoivent que c’est carré. Et quand ils nous voient dans nos tenues, ils nous plaignent ». Les rôles s’inversent quelques secondes plus tard une fois allongés dans le fauteuil du praticien.

Tony Duret

Etiquette

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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