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MUNICIPALES 2020 Vincent Bouget : « Il ne suffit pas d’écrire « Merci » sur la Maison carrée »

Vincent Bouget (Photo : Objectif Gard)

Arrivé en troisième position avec 15,68% des voix lors du premier tour des municipales à Nîmes le 15 mars dernier, Vincent Bouget, le secrétaire département du Parti communiste français, compte bien jouer crânement sa chance le 28 juin prochain. Il nous explique sa stratégie pour parvenir à rehausser son score et, qui sait, peut-être s'imposer dans la dernière ligne droite.

Objectif Gard : Le Premier ministre a annoncé la date du second tour des municipales. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Vincent Bouget : On a pris acte de cette décision avec Jo Menut à mes côtés en tête de liste. Nous serons au rendez-vous de cet épisode démocratique en espérant que toutes les conditions sanitaires seront réunies sur l'ensemble des bureaux de vote. Il y a forcément, et c'est bien compréhensible, des craintes sur les mesures barrières qu'il faudra respecter. Et en même temps, comment se faire à l'idée que la démocratie soit la dernière à se déconfiner. Les Municipales ont été mises entre parenthèses pendant deux mois. Il est temps de faire les choix politiques pour construire le monde d'après. Et, en France comme à Nîmes, de faire les bons choix pour le changement.

Vous pensez que le changement est possible à Nîmes le 28 juin ? Après le premier tour Jean-Paul Fournier, le maire sortant, est largement en tête...

Une élection, c'est celui qui fait le plus de voix au soir du deuxième tour qui l'emporte. Désormais, les compteurs sont à nouveau à zéro. Tout est possible. D'autant plus que nos valeurs sortent renforcées par la crise. Que ce soit celles autour des solidarités, de la démocratie ou de l'écologie. On peut parler également des services publics qui sont aujourd'hui la question centrale de cette crise. Nous allons donc continuer à parler aux Nîmois dans les conditions les plus sécurisées. Dans l'objectif de convaincre qu'un changement de mode de gestion est possible tant au niveau local comme national. Que le développement économique doit être responsable et écologique et qu'il puisse profiter à tous. Que le développement urbain et des transports doivent être pensés pour répondre aux besoins de la population et non pas aux grosses structures immobilières ou grandes entreprises. Enfin, le confinement a révélé aux yeux de tous les immenses fractures, la nécessité d'un monde plus égalitaire. Finalement, ce sont des questions et des sujets que l'on avait déjà mis sur la table lors de la campagne.

Est-ce qu'une fusion avec la liste de Daniel Richard, arrivée en 5e position avec 12,19%, est encore possible ?

Depuis deux ans, on milite pour ce rassemblement de toute la Gauche politique et citoyenne de cette ville. Nous sommes engagés pour faire de la politique autrement. Au soir du premier tour le 15 mars dernier, les Nîmois nous ont donné une légitimité. J'ai continué à demander ce rassemblement. Je me suis adressé directement à Daniel Richard pour connaître ses choix et ses envies ; vous vous en êtes fait l'écho dans votre journal d'ailleurs. J'ai reçu comme seule réponse qu'il était urgent d'attendre. Deux mois sont passés. Jusqu'à cet instant, je n'ai pas été relancé.

Mais souhaitez-vous une fusion ?

En tout cas, la question est posée et tout est sur la table. Pour nous, une seule chose compte : la clarté politique. Ce n'est pas négociable. Nous sommes ouverts à la discussion pour une liste réellement de Gauche. Après, c'est à eux de s'exprimer. On ne va pas les attendre indéfiniment. En attendant, on continue à travailler pour améliorer la vie quotidienne des Nîmois. Beaucoup de colistiers d'ailleurs se sont investis personnellement pendant le confinement. Nous avons fait des propositions. Je peux dire que nous ne sommes pas resté inactifs. On a essayé d'être utiles.

Pourriez-vous accueillir des membres de la liste de Daniel Richard si lui faisait d'autres choix ?

Je ne peux pas m'engager ou parler de fusion sans connaître les intentions de tous. Ils discutent entre eux, j'attends. De mon côté, je parle aux Nîmois et je tente de les convaincre de tourner la page de Jean-Paul Fournier et Yvan Lachaud, les deux amis devenus ennemis qui ont été très absent au moment où les services publics disparaissaient, que l'on n'a pas beaucoup entendu sur la baisse des lits d'hôpitaux et de réanimation, sur la fermeture des bureaux de poste, la remise en cause des 35 heures par semaine, l'assouplissement du code du travail et j'en passe... Il ne suffit pas d'écrire "Merci" sur la Maison carrée pour reconnaître l'engagement des soignants et du service public en général. Il faut de vrais engagements et je pense donc que les Nîmois doivent se prononcer en ce sens le 28 juin prochain.

Si vous arrivez à la tête de la ville de Nîmes fin juin, quelle sera votre première mesure d'urgence ?

Il nous faut réfléchir avec tous les acteurs concernés à la période d'été à Nîmes. Face à la crise, de nombreux Nîmois, plus que les autres années, ne partiront pas en vacances. Il n'est pas envisageable que les habitants se retrouvent durant deux mois sous les effets de la canicule, dans le béton. Nous devrons imaginer en urgence des plans d'action pour animer la Ville, accompagner les commerçants et les structures associatives pour développer de nouveaux outils au plus près des attentes. Mais vous savez, les urgences elles sont multiples à Nîmes. Il nous faudra aussi réfléchir pour mettre en action des solutions qui auront des effets à moyen terme.

Considérez-vous que la ville de Nîmes n'a pas bien géré cette crise ?

La Ville a pris des décisions que nous avons salué et encouragé. Je pense à la commande de masques par exemple pour pallier les carences de l'État. Le plan d'aide également pour les commerces, les cantines scolaires ou encore le soutien aux associations humanitaires qui ont fait un travail remarquable pendant le confinement. Heureusement qu'elles étaient là... Il a manqué toutefois de démocratie et d'association de tous pour aller plus vite. C'est dommage. Je pense que notre aide aurait pu permettre d'accélérer les décisions et les choix. Par ailleurs, la gestion de la réouverture des écoles a été mauvaise. Et ne parlons pas de l'ultimatum aux familles qui a été mal perçu. Un mot également sur les marchés ouverts. Même si c'était du ressort de l'État, il y avait bien mieux à faire pour soutenir les agriculteurs et producteurs locaux. Enfin, cerise sur le gâteau, l'énième querelle entre Jean-Paul Fournier et Yvan Lachaud sur l'achat des masques. Cette course à qui mieux mieux sur le dos des Nîmois est tellement épuisante.

Avez-vous repris vos activités de professeur au lycée Philippe-Lamour à Nîmes ?

Je suis toujours en télétravail comme depuis le début de la crise. Nous attendons de connaître les prochaines directives nationales et l'hypothétique réouverture des lycées. Il est vraisemblable que l'accueil sera réservé aux élèves de Première et de Terminale par rapport au baccalauréat. En attendant, de sérieuses questions se posent en matière d'organisation notamment car sur l'ensemble du mois de juin, nous allons devoir assumer tous les conseils de classe de troisième trimestre qui forcément seront particuliers cette année.

Propos recueillis par Abdel Samari

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Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

3 réactions sur “MUNICIPALES 2020 Vincent Bouget : « Il ne suffit pas d’écrire « Merci » sur la Maison carrée »”

  1. La priorité est la relance de l’activité économique pour faire face, au mieux, au tsunami social, avec les dépôts de bilan, les faillites et les licenciements qui s’annoncent.
    Le conseil municipal doit au plus vite prendre les mesures qui s’imposent pour cela, en lien avec Nîmes Métropole et la région, collectivités compétentes en la matière.
    La situation exige aussi, de la part des élus, une approche différente.
    Puis viendra le temps de la politique qui a vu le PCF soutenir le meilleur représentant du libéralisme sur le marché : Macron.

    1. Cher Monsieur Jacob,
      Vous ne nous parlez que d’activité économique et de relance, mais de quel économie parlez-vous ? Encore une fois et toujours l’économie « business as usual », comme disent les anglo-saxons, l’économie libérale qui permet à une minorité de se faire toujours plus de pognon sur le dos de la majorité qui travaille et se fait exploiter. Je ne sais pas ce que vous appelez une « approche différente » mais jusqu’à plus informé la vôtre est toujours la même, libérale et tout à fait macron-compatible.
      Et franchement, après tout ce qu’ont vécu ces derniers mois les Français en général et les Nîmois en particulier, il serait peut-être bon à tous points de vue (physiquement, psychologiquement,…) de les laisser reprendre leur souffle à la sortie de ce confinement, de leur permettre de reprendre goût à la vie et à ses plaisirs, plutôt que de leur demander, comme vous le faites, en accord avec tous les patrons, et ce avec un certain cynisme, de reprendre immédiatement le travail, quelquefois dans les pires conditions. Il y a en France de nombreuses personnes, souvent des patrons d’ailleurs, qui sont immensément riches (je ne les nommerai pas) et de qui le gouvernement pourrait exiger une contribution très significative à l’effort « de guerre » (puisque c’est ainsi que cette catastrophe a été nommée). Il refuse de demander cet effort aux riches. Dont acte, les Français s’en souviendront.
      Quant à vous, votre réaction montre clairement de quel côté vous vous situez et les Français s’en souviendront aussi, Monsieur Jacob.

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