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GARD Débat sur l’emplacement de la prison : le retour de bâton de Claire Sadoul

La bâtonnière Claire Sadoul entourée de plusieurs avocats du barreau alésien. Photo Tony Duret / Objectif Gard
La bâtonnière, Claire Sadoul, entourée de plusieurs avocats du barreau alésien. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Suite à notre interview du bâtonnier du barreau de Nîmes, Jean-Marie Chabaud, qui conteste le choix de l'implantation de la future prison sur le bassin alésien, son homologue alésienne, Claire Sadoul, lui répond avec fermeté. Morceaux choisis. 

La bâtonnière d'Alès commence son courrier par un regret : "Je viens de prendre connaissance de l’article relatant l’avis de Monsieur le bâtonnier de Nîmes sur l’emplacement de la future prison sur le ressort du tribunal judiciaire d’Alès qui montre une fois de plus le mépris affiché à l’égard du barreau d’Alès."

Elle poursuit sur la question des transferts : "Il y est fait référence à la soi-disant « dangerosité » de la localisation de la prison sur le ressort d’Alès pour des raisons qui tiendraient à la sécurité et à l’efficacité... Concernant la sécurité « celle-ci ne serait pas assurée du fait du transit nécessaire des détenus à Nîmes ». Or, dès lors que la maison d’arrêt n’est pas accolée au palais de justice il y a transit de détenus. La maison d’arrêt de Nîmes n’est pas en centre-ville et il y a tous les jours des transits de détenus. Les conditions de circulation sur Nîmes ne permettent certainement pas une rapidité d’exécution. L’activité pénale du tribunal judiciaire d’Alès est bien loin d’être négligeable et suppose également le transit de détenus. Doit-on comprendre que le transit des détenus de Nîmes à Alès ne cause pas de problème de sécurité mais l’inverse si ?", interroge-t-elle judicieusement.

"Une parfaite mauvaise foi"

Claire Sadoul, décidément très inspirée, recadre son homologue sur un autre point : "Le bâtonnier de Nîmes prétend que les détenus ne sortent de prison que pour être jugés. Cet argument est inopérant, et démontre une méconnaissance manifeste du système judiciaire français. Dans un centre pénitentiaire il peut y avoir tout autant des personnes en détention provisoire que des personnes condamnées et qui ne sont donc pas destinées à sortir avant la fin de leur peine. Oser prétendre que la présence d’une prison dans le ressort d’un tribunal judiciaire n’apporte pas de supplément de dossiers est tout simplement la démonstration d’une parfaite mauvaise foi."

Elle s'étonne enfin des arguties utilisées par Jean-Marie Chabaud : "L’argument selon lequel la présence de 400 avocats sur Nîmes et seulement 50 sur Alès justifierait qu’il y ait une autre prison sur Nîmes alors qu’il y en a déjà une est tout bonnement inaudible. Le choix de chaque avocat du lieu de son installation est libre et le contentieux alésien, notamment en matière pénale, justifie amplement l’installation de cette nouvelle prison dans son ressort. De plus le nord du département est aussi concerné. La maison d’arrêt de Mende ne comprend que 45 places et se trouve à plus de 2h30 de Nîmes. Il existe déjà un centre de détention à Tarascon soit à 33 km de Nîmes. Rajouter une autre prison à Nîmes n’aurait aucun sens alors qu’Alès et le Nord du département sont isolés et n’ont pas de prison sauf à aller jusqu’à Privas ou Avignon. Autrement dit rajouter une autre prison à Nîmes alors qu’il y en a déjà une n’aurait aucun sens", conclut-elle.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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