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PORTRAIT Des décors de cinéma aux bottes camarguaises, Grégory Bionne ou la passion du fait main

Restaurants, boîtes de nuit, bateau, décors de cinéma... Grégory Bionne est tapissier d'ameublement depuis 20 ans. (Photo Boris Boutet)

Depuis plus de 20 ans Grégory Bionne est tapissier d'ameublement et travaille pour des particuliers, des restaurateurs et des discothèques. Il a même réalisé les décors de plusieurs films et séries à succès. Aux côtés de sa compagne Sofia, il s'attaque désormais aux bottes camarguaises. Portrait d'un passionné du fait-main. 

Il ne reste jamais très loin du cuir, de la sangle en jute ou du crin animal. Ces matériaux à l'ancienne avec lesquels il aime travailler. Les journalistes comme ses clients il les reçoit chez lui, en toute simplicité. Il faut dire que seul un escalier sépare l'atelier de Grégory Bionne de sa maison, perdue au milieu de la Camargue, quelque part entre Saint-Laurent-d'Aigouze et Aigues-Mortes. "Avec Sofia, ma compagne, on forme une entreprise familiale. On aime le contact avec les gens", explique-t-il. C'est dans ce cadre paisible que le tapissier d'ameublement confectionne des rideaux sur mesure et rénove des fauteuils anciens et des banquettes en passant par le coussinage et la sellerie.

Formé au lycée professionnel des métiers d'art d'Uzès où il transmet désormais son savoir-faire comme formateur pour le Greta, Grégory Bionne ne travaille qu'à la main. "La seule machine qu'on a ici, c'est une machine à coudre, sourit-il. Je travaille à la fois pour des particuliers et pour des professionnels. Dans les prochaines semaines, je dois par exemple m'occuper de la réfection des banquettes du Napoléon, la célèbre brasserie nîmoise qui doit rouvrir prochainement."

À son compte depuis 2000, le travail de Grégory Bionne gagne en notoriété au fil du temps, principalement grâce au bouche-à-oreille. Au point d'être contacté pour réaliser une partie des décors du film Le Bruit des glaçons, réalisé par Bertrand Blier avec Albert Dupontel et Jean Dujardin. "J'ai aussi été sur le tournage du film L'Avocat, avec Benoît Magimel, et de la série Le Secret d'Élise, diffusée sur TF1, énumère-t-il. Le cinéma est un monde particulier, mais c'était de belles expériences."

Démocratiser les bottes camarguaises

Jamais en manque d'idée, Grégory Bionne a décidé de diversifier encore plus son activité et s'est lancé dans la production de bottes camarguaises depuis plusieurs mois. "Je suis un gardian amateur, j'ai donc l'occasion d'échanger avec des personnes de ce milieu et de connaître leurs besoins notamment en terme de confort, indique-t-il. La famille de Sofia travaille dans la botte au Portugal. Nous importons les produits bruts confectionnés là-bas et nous nous occupons des finitions. Il s'agit notamment du graissage, de la teinture, des semelles et du soin du cuir." Le tout à la main, comme toujours avec Grégory Bionne, et en petit rendement. "On fait en moyenne six à huit paires par jour." 

Désormais autant tapissier que bottier, le couple développe sa propre marque : Les bottes de Marius. "C'est un prénom qui nous plaisait et que l'on aurait pu donner à notre fils, justifie Sofia. Nous avons voulu innover en proposant des teintes et des coupes originales. Des bottes camarguaises rouges, par exemple, on n'a pas l'habitude d'en voir partout."

Bientôt une collection été ?

Ces produits proposés à des tarifs abordables pour du cuir, entre 80€ et 140€, ont trouvé leur public, qui se déplace pour essayer les bottes à l'atelier ou les commande directement en ligne. "On arrive à la fois à séduire les gardians, ce qui n'était pas gagné tant le milieu est traditionaliste, et le grand public, se réjouit Grégory Bionne. On a déjà exporté nos bottes jusqu'en Guyane !"

Une réussite qui pourrait conduire le couple à revoir l'organisation de son activité. "Pourquoi ne pas, à terme, arrêter la tapisserie d'ameublement pour se consacrer uniquement à la botte. On pourrait alors en produire une partie directement à l'atelier, se projette Grégory Bionne. Nous souhaitions également lancer une collection été mais avec la crise sanitaire, ça n'a pas pu se faire." Ce n'est probablement que partie remise.

Boris Boutet

Les bottes de Marius. Mas côte sèche à Saint-Laurent-d'Aigouze

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