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GARD Lieux de baignade interdits : le préfet tend la main aux maires

Didier Lauga, préfet du Gard, Claude Rols, délégué départemental de l'ARS, et Maëlle Dampfhoffe, responsable du service santé environnement de l'ARS (Photo Corentin Corger)

Comme chaque année, avant le début de la saison estivale le préfet du Gard et l'Agence régionale de santé (ARS) font le point sur la qualité des eaux de baignade du département. Pour 2020, une des principales préoccupations concerne le profil de vulnérabilité des eaux de baignade que plusieurs communes n'ont pas mis à jour et pour lesquelles le préfet a demandé la fermeture de ces lieux. Explications.

C'est par une mise au point que le préfet du Gard a commencé cette conférence de presse. Didier Lauga est revenu sur le courrier qu'il a envoyé le 5 juin aux maires et aux responsables privés de baignade leur stipulant de fermer leur site de baignade car ils ne répondent pas aux normes en vigueur. Face à la réaction de certains élus ne comprenant pas une telle décision, le préfet a éclairci la situation. En reconnaissant d'abord ses tords : "On s'y est mal pris, envoyer une simple lettre n'était pas idéal."  Puis en mettant les maires devant leurs responsabilités : "C'est une réglementation nationale. 80% de leurs collègues ont fait le nécessaire. Ceux qui râlent, ils sont prévenus depuis sept ans qu'ils ne sont pas en conformité."

Ce qui pose problème avec ces sites c'est que le profil de vulnérabilité des eaux de baignade n'a pas été mis à jour. Il s'agit d'un document où est stipulé notamment l'étude du lieu, les éventuelles sources de pollution, l'ombrage ou encore les conditions d'accès. Une mesure prévue par la loi nécessaire pour pouvoir ensuite contrôler la qualité de l'eau et protéger ainsi ceux qui s'y baignent.

Malgré ce manque, ces lieux ont déjà été prélevés les années passées et disposent pour certains d'une bonne qualité de l'eau. Une situation qui a pu donc frustrer certains maires en voyant la demande du représentant de l'État dans le Gard. Si l'eau est bonne, les conditions de sécurité ne sont pas réunies. "Le milieu naturel est fluctuant", tient à insister Claude Rols, délégué départemental de l'ARS, d'où l'importance de ce cahier des charges.

Moins d'une dizaine de communes sont concernées, toutes situées dans les arrondissements du Vigan et d'Alès. Le préfet a donc demandé aux deux sous-préfets de secteur de "reprendre le contact" avec les élus locaux. À ce stade, la commune de Mialet a suivi la demande de la préfecture à savoir de fermer son site de baignade et celles de Cardet et de Massillargues-Attuech ont fait savoir qu'elles avaient entamé les démarches pour se mettre en conformité.

Six sites doivent encore réaliser leur profil. Si le préfet prend note de la difficulté de se mettre aux normes durant la saison en cours, il précise que "garant de la santé publique, les maires engagent leur responsabilité" en cas de contamination du public sur ces sites. Sur ce sujet, Didier Lauga conclut : "J'espère qu'ils saisiront la main que je leur tends."

Des résultats moins bons qu'en 2018

Concernant le but de la manœuvre, c'est à dire le bilan de la qualité de l'eau dans le Gard en 2019, il faut distinguer l'eau de mer et l'eau douce dans un département qui compte le plus de sites de baignade en Occitanie (78) pour un total de 541 prélèvements effectués lors de la saison estivale. Comme c'est le cas depuis 2015, les six plages du Grau-du-Roi (12 km) bénéficient d'une eau d'excellente qualité.

En revanche, en ce qui concerne les rivières, 89% des sites sont classés en bonne ou excellente qualité soit des résultats moins bons qu'en 2018. Ainsi l'amélioration observée sur ce type de sites de baignade depuis 2016 n'est pas confirmée suite à 2019 à cause d'épisodes pluvieux ponctuels et de dysfonctionnements de dispositifs d'assainissement.

Les sites de baignade "Le Gouffre Mourier" à Lasalle et "Le Plan d'eau" à Aulas ont été rétrogradés en qualité "insuffisante". Déjà en qualité suffisante mais néanmoins conformes, les sites "Le Plan d'eau de la Prairie" à Alès et le "Palanquis" au Chambon ont été rejoints par "l'Aire de Loisirs" à Aumessas, "La Gambionne" à Goudargues, "Le Roc Tombé" et "Le Moulinet beau rivage" à Saint-Ambroix.

Concernant la crise sanitaire en cours, le préfet n'a pas évoqué de recommandations particulières mais suit néanmoins l'avis du Haut comité de santé publique et rappelle "qu'il n'est pas établi que l'on n'ait aucun risque d'attraper le coronavirus en se baignant." Au-delà du virus qui circule encore, les autorités veillent et veulent surtout éviter des accidents mortels dans certains lieux de baignade que malheureusement le Gard connaît chaque année.

Corentin Corger

 

 

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