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FAIT DU JOUR Les Sénatoriales dans le viseur des élus gardois

Vivette Lopez, Alexandre Pissas et Laurent Burgoa (Photo : Coralie Mollaret)

Dans le Gard, la Droite détient deux sièges de sénateurs contre un pour la Gauche. Si les municipales n'ont pas chamboulé les équilibres politiques, la naissance de La République en marche (LREM) et les nouveaux candidats rendent le scrutin incertain.

Les sénatoriales, c’est un peu l'élection dont tout le monde se fiche ! « Nos administrés ne comprennent pas très bien : six députés et trois sénateurs dans le Gard, c’est beaucoup », commente le maire de Vers-Pont-du-Gard, Olivier Sauzet. Si les électeurs ne s’intéressent pas aux Sénatoriales, les candidats au scrutin, eux, s’intéressent grandement à eux. Depuis les résultats des municipales, les partis politiques scrutent le paysage politique et les candidats réfléchissent à un début de stratégie.

Il faut dire que les Municipales et Sénatoriales sont intimement liées. Vendredi dernier, les conseils municipaux renouvelés ont désigné leurs grands électeurs qui voteront aux Sénatoriales, le 27 septembre prochain. Le Sénat a pour fonction de défendre les élus locaux, d'incarner les territoires. Le Gard compte 1 837 grands électeurs issus des communes, auxquelles il faut ajouter les neuf parlementaires (députés et sénateurs actuels), les 10 conseillers régionaux, les 46 conseillers départementaux.

La Droite arrive en force mais...

Jean-Paul Fournier lors de sa victoires aux sénatoriales de 2014 avec Vivette Lopez, sénatrice du Gard (Photo : Coralie Mollaret)

Aujourd’hui, le département du Gard compte trois sièges de sénateur. Les Républicains arrivent en force puisqu’ils disposent de deux sièges. En plus aux municipales, la Droite a conservé ses grosses communes : Nîmes, Alès, Saint-Gilles et Villeneuve-lès-Avignon. La prédominance des Républicains aux Sénatoriales date de 2008. Le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, est devenu le premier sénateur de Droite du Gard. Une victoire historique pour son parti.

Six ans plus tard, le Nîmois réalise un doublé avec l'élection de son ex-suppléante Vivette Lopez (*), alors maire de Mus. En 2017, la loi sur le non-cumul des mandats contraint toutefois le maire à démissionner. Suivant de liste, Max Roustan refuse également le fauteuil, préférant lui aussi rester maire d'Alès. Du coup, c’est l’élue villeneuvoise Pascale Bories qui devient sénatrice. Mais aux dernières Municipales, elle aussi est devenue première magistrate de sa commune et elle entend, comme ses camarades, assumer sa tâche élective. Elle a donc laissé sa place au Sénat à l'ancien maire de Lirac, Stéphane Cardènes.

Quant à elle, au terme de son premier mandat, la sénatrice Lopez se représente. La sortante aimerait même tirer la liste. Sauf qu'un autre élu veut la place, le Nîmois Laurent Burgoa. « Ça fait 12 ans que je suis élu municipal et 10 ans que je suis conseiller départemental », se justifie l’intéressé. « Moi, je suis sénatrice sortante et j’ai le soutien du président Gérard Larcher au Sénat », rétorque Vivette Lopez. Ce mercredi, la direction nationale Les Républicains tranchera sur le litige en dévoilant les cinq noms de la liste.

L'extrême-droite et LREM n'ont pas le vent en poupe

Le président réélu de l'Agglo du Gard rhodanien, Jean-Christian Rey (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Pour Jean-Paul Fournier, ces polémiques n’ont pas lieux d’être : « La Droite peut très bien conserver ses deux sièges au Sénat. » D'autant plus qu'en face, les adversaires ne partent pas favoris. Le Rassemblement national n’a pas vraiment brillé au scrutin municipal des 15 mars et 28 juin. S’il conserve Beaucaire, le parti de Marine Le Pen est affaibli à Nîmes et inexistant dans l'écrasante majorité des 351 communes du département. « On vous présentera notre liste et stratégie courant août. Dans tous les cas, nous avons autant de grands électeurs qu’en 2014 » commente Yoann Gillet, président des élus RN de Nîmes.

Quant à La République en marche, du propre aveu de son référent départemental, Jérôme Talon, le parti présidentiel a échoué aux Municipales. Pour tirer sa liste, LREM verrait bien le président de l'Agglo du Gard rhodanien, Jean-Christian Rey. "J'ai des sollicitations amicales sur le sujet", nous confiait-il il y a quelques jours. Fraîchement réélu à la tête de son intercommunalité "qui (le) passionne", le Marcheur "aimerai(t) bien jouer un rôle" dans les Sénatoriales. Reste à savoir lequel : le parti présidentiel va devoir se relever les manches pour ne pas se contenter de faire de la figuration.

Car pour espérer quelque chose, LREM ne pourra pas compter sur de gros bataillons d'élus comme la Droite peut le faire à Nîmes ou Alès. Son bastion, le Gard rhodanien, ressemble à une base solide mais insuffisante. Il faudra aller toquer aux portes des (toutes) petites communes, où les maires - souvent sans étiquette - peuvent, pourquoi pas, se laisser convaincre. Encore faudra-t-il gommer l'image d'un parti de technocrates des métropoles que traîne La République en marche. 

La Gauche se cherche une stratégie

Le premier vice-président du Conseil départemental et président du conseil d'administration du SDIS Alexandre Pissas (à G.) et le président du département Denis Bouad (Photo d'archives : Coralie Mollaret / Objectif Gard)

Le seul danger pour la Droite pourrait donc se trouver à Gauche. Le sénateur sortant, Simon Sutour, assez populaire chez les élus locaux, ne se représente pas. Une mauvaise nouvelle pour le parti... « Simon a joué pleinement son rôle de sénateur en étant à l’écoute des collectivités territoriales », commente Denis Bouad, le président socialiste du conseil départemental. Le président a d'ailleurs été adoubé par Simon Sutour pour reprendre le flambeau au Sénat, seulement ce dernier préfère se concentrer sur le Département.

Samedi, le Parti socialiste se réunit pour examiner les candidatures et notamment celle du maire de Tresques et vice-président du Département, Alexandre Pissas. Le prétendant se prépare depuis des mois. Le problème c'est qu'à Gauche, il ne fait pas l’unanimité. « Après ses négociations lors de l’élection de la présidence du conseil départemental, je ne voterai pas pour lui ! », balance un maire. Du coup, certains militants envisagent une alternative : pousser la candidature d’un autre élu comme l’ex-député Fabrice Verdier, nouveau président du Pays d’Uzès. 

La Gauche a d'autres possibilités. En prônant l’union, elle maximise ses chances de l'emporter. Aux Municipales, la mouvance a gagné quelques communes comme Marguerittes ou Anduze. « C’est sûr que si l’on veut gagner, il faut s’unir », glisse la nouvelle maire écologiste d’Anduze, Geneviève Blanc. Une position partagée par le secrétaire départemental du Parti communiste français, Vincent Bouget. Mais qui placer en tête de liste ? Certains cocos grincent déjà des dents à l’idée de se ranger derrière Alexandre Pissas. Ces élus ont encore deux mois devant eux pour réfléchir avant le dépôt des candidatures, début septembre. Pour certains l’été sera certainement plus que chaud...  

Coralie Mollaret (avec Thierry Allard) 

coralie.mollaret@objectifgard.com 

Lire aussi : GARD Les élus locaux se préparent à choisir leurs sénateurs

SÉNATORIALES Dans le Gard, comment sont désignés les grands électeurs ?

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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