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GARD L’État et les acteurs locaux s’engagent pour l’apprentissage

Les apprentis de la filière carrosserie en action (Photo Tony Duret / Objectif Gard)

En présence des acteurs locaux concernés, le préfet du Gard, Didier Lauga, a présenté les mesures annoncées par le Gouvernement pour inciter les entreprises à continuer d'embaucher des apprentis malgré le contexte économique délicat. 

"Nous ne devons pas perdre la bataille de l'apprentissage et de l'alternance", déclarait le président de la République, Emmanuel Macron, ce mardi 14 juillet lors d'une interview télévisée. Au lendemain de ce discours, le préfet du Gard, Didier Lauga, a présenté aux acteurs locaux la stratégie du Gouvernement pour mener à bien cette bataille pour l'emploi des jeunes.

"Engagez-vous même si vous n'avez pas trouvé de maître d'apprentissage. Il ne faut pas hésiter", insiste le représentant de l'État en faisant référence à la première mesure. Au lieu de trois mois habituels qui avaient cours jusqu'alors, les jeunes disposent désormais de six mois pour trouver une entreprise accueillante pour leur formation en alternance.

En septembre, ils pourront donc commencer sans maître d'apprentissage et auront jusqu'à février 2021 pour en trouver un. "Normalement c'est entre mars et juillet que les apprentis trouvent un employeur. Avec le confinement, ils n'ont pas pu faire leurs recherches", justifie Florence Barral-Boutet, responsable de l'unité départementale de la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi).

Apprenti de moins de 18 ans : aide de 5 000€

Durant cette période, le Centre de formation des apprentis (CFA) est financé pour assurer l'accueil du jeune apprenant. Une prolongation du délai bénéfique aussi du côté de l'employeur qui aura certainement les moyens financiers pour prendre un apprenti après avoir passé l'incertitude économique qui plane sur la rentrée.

Le coût de l'apprenti c'est aussi ce sur quoi l'État a travaillé en mettant en place une aide exceptionnelle au recrutement de 5 000€ pour un apprenti de moins de 18 ans et 8 000€ pour un apprenti majeur. Pour les contrats signés entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021, l'aide sera versée sans condition aux entreprises de moins de 250 salariés. Pour les entreprises qui dépassent ce chiffre, elles doivent atteindre un seuil de contrat d'apprentissage qui correspond à 5% de leur effectif.

Trois apprentis sont venus témoigner de leur expérience (Photo Corentin Corger)

"Durant la première année, le coût de l'apprenti pour l'entreprise va être très faible", assure Florence Barral-Boutet. Une aide au financement pour l'achat de matériels numériques dans les CFA est également disponible. Différentes mesures pour maintenir le cap au niveau de l'apprentissage qui se trouvait dans une phase ascendante à la rentrée 2019.

La CCI (Chambre de commerce et d'industrie) qui compte 1 600 apprentis dans le Gard espère bien "être quasiment au niveau de l'année dernière", précise Éric Giraudier, son président. L'État et les acteurs économiques locaux (Chambre de métiers et de l'artisanat, CCI) veulent prendre le taureau par les cornes afin d'empêcher que l'on déplore un manque de main d'oeuvre qualifiée dans les prochaines années faute de ne pas avoir pu former cette génération.

Leader Occitanie veut montrer l'exemple

Un soutien de l'État important mais encore faut-il résoudre une inconnue. "Si je n'ai pas de travail, j'aurai dû mal à embaucher un apprenti", soulève Henry Brin, président de la CMA (Chambre de métiers et de l'artisanat) qui porte également la casquette de chef d'entreprise. Conscient du rôle qu'ils auront à jouer, réunis dans le groupement Leader Occitanie, les chefs d'entreprise se sont engagés à prendre un apprenti. "On se doit de montrer l'exemple et de faire passer le message pour permettre à une génération de ne pas trop souffrir de cette période compliquée", confie le président Jalil Benabdillah.

La présentation de se dispositif s'est achevée avec le témoignage d'apprentis comme Clara, 18 ans : "Le lycée n'était pas fait pour moi. J'avais envie de travailler alors j'ai fait un CAP boucherie, ce qui en a surpris plus d'un. Mais j'ai pu participer à un concours de "Meilleur apprenti" et je vais démarrer un BP (Brevet professionnel). Je suis très épanouie." Un épanouissement rendu possible grâce au soutien de son maître d'apprentissage dont le rôle est fondamental, tout comme celui des CFA. Un triptyque "école, apprenti, employeur" efficace quand il est bien rôdé.

Corentin Corger

Un Brin taquin. Lors de cette présentation, un peu de tension s'est fait sentir entre les deux présidents des chambres consulaires. Lorsque Henry Brin, président de la CMA, a pris la parole, il a tenu à souligner le travail "de mon ami Henry Douais" pour avoir permis une meilleure reconnaissance de l'apprentissage dans le Gard lorsque Jean Castex, actuel premier ministre, était secrétaire général adjoint de l'Elysée. À ces mots, Éric Giraudier, l'actuel président de la CCI, a immédiatement rétorqué "c'est moi qui l'ai signé !" à l'annonce du nom de son prédécesseur. En fin de réunion, Henry Brin est allé voir son homologue pour "lui rappeler la chronologie des faits" avant de déclarer taquin "il est dans le "moi je" alors que l'on est sur un événement collectif. Il fait du Giraudier vous le connaissez mieux que moi", conclut-il sous-entendant que le président de la CCI est coutumier du fait. On a parfois tous tendance à prêcher un peu trop pour notre paroisse !

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