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NÎMES Au CHU, des résultats encourageants pour lutter contre la maladie de Charcot

Pour la première fois, le CHU de Nîmes est initiateur d’un projet de recherche à dimension européenne (Photo Corentin Corger).

À la tête d'une étude européenne sur la Sclérose latérale amyotrophique (SLA), plus connu sous le nom de la maladie de Charcot, le professeur Gilbert Bensimon du CHU de Nîmes a trouvé un nouveau traitement pour réduire la progression de la maladie. 

La Sclérose latérale amyotrophique (SLA), plus connu sous le titre de la maladie de Charcot du nom du neurologue français qui la décrivit pour la première fois en 1865, est une maladie mortelle qui évolue rapidement et affecte le cerveau ainsi que la moelle épinière. La SLA touche les neurones qui contrôlent les muscles de la motricité volontaire : les malades peuvent encore penser et sentir, mais leurs muscles sont paralysés. Les patients décèdent en moyenne au bout de trois ans généralement d'insuffisance respiratoire.

Certains développent une forme plus longue de la maladie à l'image du physicien anglais Stephen Hawking qui a vécu plus de 40 ans avec la SLA. En France, on comptabilise environ 7 000 patients atteints de cette maladie dont aucun traitement curatif existe. Conçu en 1995 par le professeur Gilbert Bensimon du CHU de Nîmes, le Riluzole est un produit qui ne fait que prolonger la vie des patients de quelques mois. Ce scientifique a passé une grande partie de sa carrière à effectuer des recherches pour réduire la progression de la pathologie.

Après "25 ans d'échecs continus et successifs" pour reprendre ses propos, les dernières études menées en lien avec des confrères européens ont donné des résultats encourageants. Le projet "Mirocals", lauréat du programme Horizon 2020 de l'espace européen de recherche, permet à l'hôpital Carémeau d’être pour la première fois initiateur et coordonnateur d’un projet de recherche à dimension européenne.

L'idée principale est de chercher à évaluer l’efficacité clinique d'une nouvelle approche thérapeutique en utilisant de faibles doses d’interleukine 2 (ld IL-2) pour traiter la SLA. Il s'agit d'une molécule naturellement produite dans notre corps, essentielle et impliquée dans la régulation du système immunitaire.

"Un début de commencement"

"À forte dose c'est un produit vieillissant horriblement toxique utilisé en cancérologie. Mais on s'est rendu compte qu'à très faible dose il est bien toléré par les patients atteints de la SLA", résume le professeur Bensimon. De faibles doses d'interleukine 2 augmentent le nombre de cellules immunitaires appelées cellules "T régulatrices" (TReg) qui ont démontré une action protectrice à l’encontre des réponses immunitaires nocives et amplifie l’activité des cellules neuro-protectrices et réparatrices. Une étude de ce traitement est donc menée sur près de 220 cas avec l'espoir de ralentir la progression de la maladie.

"Ce traitement chez les patients est capable de faire ce que nous voulions qu'il fasse", analyse dans un premier temps le chercheur avant de lâcher : "C'est un début de commencement d'un effet thérapeutique". Il semble plutôt optimiste quant à la possibilité à terme d'augmenter de manière plus significative la survie des patients SLA. Ces recherches vont donc permettre de fonder des essais plus importants pour étudier l’impact de cette nouvelle approche thérapeutique sur la qualité de vie et sur la survie des personnes.

"L'objectif c'est de transformer cette maladie rare en maladie commune en augmentant la survie des patients et en diminuant par deux le taux de décès", conclut le professeur Bensimon qui rappelle que la maladie de Charcot fait 13 000 morts pas an en Europe. Le défi humain est donc grand et après 30 ans de recherche le scientifique ne semble pas prêt de s'arrêter. Surtout en si bon chemin.

Corentin Corger

Voici l'étude en intégralité publiée dans le journal EBioMedicine par la revue The Lancet

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