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FAIT DU JOUR À une semaine du retour en classe, la rentrée se prépare en coulisses

À Aubord, Thierry Chambon (à gauche), le directeur de l'école élémentaire, prépare la rentrée aux côtés du maire, André Brundu (au centre,) et de son adjoint aux Affaires scolaires, Jacques Andrieu. (Photo Boris Boutet)

Après une réouverture des écoles au mois de mai, l'enseignement redevient obligatoire pour tous en septembre. À huit jours de la rentrée de classes, les établissements gardois s'apprêtent à accueillir leurs élèves. Zoom sur cette pré-rentrée particulière. 

Plus de mesures de distanciation à respecter et des groupes qui peuvent à nouveau être mélangés : c'est sous un protocole sanitaire allégé que les établissements gardois se préparent à la rentrée des classes. "L'objectif premier, c'est d'accueillir l'ensemble des élèves avec un maximum de protection, indique Philippe Maheu, le directeur académique des services de l'Éducation nationale (DASEN) du Gard. L'un des buts de la réouverture des écoles en mai, c'était de nous préparer à la rentrée de septembre pour laquelle nous nous baserons sur la circulaire gouvernementale du 9 juillet."

Une circulaire qui prévoit notamment le port du masque obligatoire pour l'ensemble du personnel et des élèves de plus de 11 ans. "En-dessous de cet âge, le conseil scientifique considère les enfants comme peu contaminants", justifie le Dasen. Pour autant, les élèves du primaire vivront eux aussi une rentrée peu habituelle. "D'ordinaire les parents accompagnaient leurs enfants dans la cour de récréation voire, pour les CP, jusque dans la salle de la classe. Mais cette année, ils devront rester derrière le portail", fait savoir Thierry Chambon, directeur de l'école élémentaire d'Aubord.

Changement de paradigme

Dans ce petit village du sud du département où l'école élémentaire s'apprête à accueillir 156 élèves, le retour en classe s'envisage dans la sérénité. "Au moment du déconfinement, 70% de nos élèves sont revenus à l'école, note Thierry Chambon. Nous avions préparé les choses en amont et ça c'est très bien passé. Les classes allaient en récréation à tour de rôle et les repas se prenaient en petit groupe, à l'extérieur. Et puis, il faut souligner la grande vague de solidarité qui est apparue au sein du village. Des personnes âgées ont fabriqué des masques en tissu pour les enfants tandis que les parents ont joué le jeu en nous fournissant des thermomètres frontaux."

Mais depuis le 11 mai, la situation a changé. "La société se focalisait sur la protection des enfants, rappelle le maire d'Aubord, André Brundu. Aujourd'hui les mesures concernent principalement les adultes. Ce protocole allégé devrait nous permettre de rouvrir la garderie dès la rentrée et la cantine fonctionnera elle aussi normalement." 

Les mesures d'hygiènes, elles, resteront prégnantes. "Deux employés municipaux seront présents pour désinfecter les lieux en cours de journée et nous avons fait installer des distributeurs de savon dans chaque salle de classe, confirme Thierry Chambon. Les enfants devront se laver les mains à leur arrivée, au moment des récréations et après chaque toux ou éternuement. Il s'agit finalement d'un protocole assez similaire à celui de 2010, quand on craignait une épidémie de grippe H1N1. À l'époque, ces mesures avaient eu pour effet de diminuer drastiquement le nombre de malades." 

Des distributeurs de savon sont installés dans toutes les salles de classe aubordoise. (Photo Boris Boutet)

Si l'accueil des élèves devrait donc être assuré presque normalement, la reprise des apprentissages après une long arrêt pose question. "Du mois de septembre à la Toussaint, les enseignants seront chargés de dresser un état des lieux des compétences scolaires acquises par les élèves, afin d'adapter leur programme, explique Philippe Maheu. Les évaluations nationales prévues en CP, CE1, 6e et Seconde nous serons très utiles pour cela." 

"C'est l'une des principales inquiétudes des parents, précise Thierry Chambon. Nous nous sommes engagés à revenir un petit peu en arrière dans le programme pour ne laisser aucun élève sur le carreau. Pendant le confinement, beaucoup de parents se sont aperçus qu'il était difficile d'enseigner. Encore plus dans les petites classes."

Des quatorzaines au cas par cas

L'attitude à adopter lors d'une éventuelle apparition de cas de covid dans un établissement est elle aussi sujette aux interrogations. "Nous nous sommes réunis la semaine dernière avec le préfet pour évoquer les différents scénarios possibles, reconnaît le Dasen. À l'heure actuelle, la circulation du virus dans le Gard est modérée. Mais nous avons anticipé une aggravation de la situation. Si des cas se déclarent dans les écoles, nous testerons les personnes entrées en contact avec le malade et procéderons à des mises en quatorzaine adaptées. Selon la situation, elles pourront être imposées pour un groupe d'élèves, une classe ou tout un établissement."

Dans ce cas précis, les outils numériques seront mobilisés pour assurer la continuité pédagogique. "Fin septembre, un séminaire national détaillera l'état de l'usage du numérique dans les écoles, promet Philippe Maheu. Il permettra de dresser le bilan de l'école à distance pendant le confinement et d'engager les investissements nécessaires à la réduction de la fracture numérique entre les élèves. Ce n'est pas à eux de subir la crise sanitaire. Tout le monde doit pouvoir apprendre dans les meilleurs conditions possibles." 

"Il faudra relever le défi tous ensemble"

À Aubord, les parents pouvaient récupérer les devoirs de leurs enfants sur un espace numérique de travail dédié. "Ce sera à nouveau le cas si l'école venait à fermer, indique Jacques Andrieu, l'adjoint aux Affaires scolaires. Et pour les parents qui n'ont pas d'ordinateur ou qui préfèrent le support papier, les cours seront laissés à disposition à l'entrée de la mairie. C'était une surcharge de travail importante pour les enseignants, mais ils ont parfaitement joué le jeu." 

L'implication de tous, c'est justement ce sur quoi mise Philippe Maheu. "J'ai conscience que cette rentrée est particulièrement stressante pour les élèves, leurs parents et les enseignants, déclare-t-il. Mais dans cette situation exceptionnelle, nous n'avons pas le choix. Il faudra relever le défi tous ensemble."

Boris Boutet

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