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FAIT DU JOUR Franck Proust : « Je ne suis pas adepte du poker menteur ! »

Le conseil communautaire est présidé par l'élu nîmois, Franck Proust (Photo : Coralie Mollaret)

Concernant les finances de Nîmes métropole, le nouveau président Franck Proust assure qu'il ne bluffe pas lorsqu'il dit que la situation est grave... mais gérable. 

À Nîmes métropole, la partie a vraiment débuté. Ce lundi, le président Franck Proust a tenu un point presse, en amont du conseil communautaire. Son but ? Parler de l'état des finances laissées par son prédécesseur et adversaire politique, Yvan Lachaud. Un exercice classique pour toute nouvelle équipe arrivant aux affaires. Ce qui l'est moins en revanche, c’est la dureté de la lutte entre les deux poids lourds de la Droite nîmoise qui perdure - à tort ou à raison -, au-delà des résultats des dernières municipales.

Ces derniers jours, le rapport de la Chambre régionale des comptes 2014-2018 ainsi que les informations livrées par l'ancien exécutif viennent infirmer les déclarations de Franck Proust sur la situation « d'urgence financière » de Nîmes métropole. Assurant ne pas être « adepte du poker et encore moins menteur », l'édile a dévoilé l'état des comptes 2019 nourris par les chiffres de la GDFIP (Direction générale des finances publiques). « Je ne m’exprimerai qu’une seule fois sur ce sujet, a-t-il prévenu, assurant, vouloir aller de l'avant. »

Le préfet attendu le 30 septembre

Principale inquiétude de la majorité : le taux d’endettement. Il est chiffré à 483 M€ à fin 2020. Le vice-président aux Finances, Frédéric Beaume alerte : « Si on laisse filer la dette, la capacité de désendettement en 2023 atteint 15,1 ans » quand le seuil fixé par l’État est de 11,5 ans. Après sa rencontre estivale avec le préfet, Franck Proust poursuit : « Nîmes métropole est la seule communauté de communes dans le réseau national d’alerte des Finances. Si on ne redresse pas la situation d’ici la fin de l’année, on sera sous tutelle en 2023. »

En conseil communautaire, l'ex-président Yvan Lachaud a contre-attaqué : « Nous connaissons nos recettes et nous avons toujours adapté nos dépenses pour que notre dette soit inférieur à 10 ans. Nous pouvons être fiers de ce qu’il s’est passé pendant six ans. » Le maire de Générac et vice-président aux Aménagements du territoire, Frédéric Touzellier, s'étouffe : « Nous sommes sortis abasourdis de la préfecture... Le précédent exécutif empruntait parce que l’argent n’était pas cher. Le problème, c’est qu’il faut pouvoir rembourser.»

À gauche avec la chemise blanche, l'ancien président de Nîmes métropole, Yvan Lachaud, a défendu sa gestion 2014-2020 (Photo : Coralie Mollaret)

Là-aussi Frédéric Beaume fait les gros yeux. L’épargne brute est estimée à 43,9 M€ en 2020. Un niveau « faible » pour absorber l'évolution des nouveaux frais de fonctionnement enregistrés en 2019. « La masse salariale a crû de 6,9% et 10,5 % pour les charges courantes ! C’est énorme », précise la nouvelle équipe. Yvan Lachaud rétorquera toutefois que « depuis 2014 nous avons baissé la Teom, le prix de l’eau, sans augmenter la fiscalité… Notre taux d’épargne brute a doublé en cinq ans. » Attendu le 30 septembre en conférence des maires, le préfet en dira plus sur cette guerre des chiffres.

Un plan de redressement

La bonne nouvelle, c’est que « des marges de manœuvre existent ». Car dans ces emprunts inscrits dans le ROB (Rapport d’orientation budgétaire) tous n'ont pas encore été contractés. À noter d'ailleurs que la nouvelle équipe n'a pas dévoilé le volume et la nature des travaux qui n'ont pas encore fait l'objet d'un emprunt. Certains chantiers ont toutefois été annulés, comme l'agrandissement de l’EERIE pour 10 M€. « Ce n’est pas à l'Agglo d’aller construire de l’immobilier d’entreprise. J’assumerai les mesures, qu’elles soient comprises ou impopulaires, pour nous remettre sur des trajectoires saines », a commenté le républicain.

Parmi les mesures impopulaires, il y aura certainement la taxe GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), dont le principe a été actée au conseil communautaire. Deux groupes d'élus ont été constitués pour travailler sur un plan de redressement. Ils plancheront sur le taux de la taxe Gemapi mais aussi les investissements à annuler ou à étaler dans le temps (100 M€ en moins sur 2020-2023) et, enfin, les économies à réaliser. En parlant d'économie, le rapport d'orientation de la Chambre régionale des comptes a donné quelques idées en permettant à la Ville de Nîmes et Nîmes métropole de ne plus s'opposer.

Jean-Paul Fournier (à droite) était présent en première partie du conseil communautaire (Photo : Coralie Mollaret)

Les magistrats estiment que le non-transfert de compétences de la ville de Nîmes (tourisme, prévention des inondations, gestion des catastrophes) ou encore la démutualisation des services (ressources humaines - finances et comptabilité) nuisent aux finances publiques. Un brin langue de bois, Franck Proust, élu de la ville de Nîmes « travaille sur le sujet et je (est) susceptible de bouger ». Les bons joueurs de poker ne dévoilant jamais leur stratégie...

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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