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FAIT DU JOUR USAM : souvenirs de derbys avec Guigou, Rebichon et Kavticnik

Ce mercredi à 20h30, l'USAM Nîmes Gard affronte Montpellier pour la 3e journée de Lidl Starligue. Trois jours après la victoire historique des footballeurs nîmois, les handballeurs espèrent réaliser pareille performance.

Après avoir passé dix ans à Montpellier, ce sera le premier affrontement sous le maillot vert pour Vid Kavticnik. Avec son compère Michaël Guigou, qui a passé 20 ans dans l'Hérault, et le capitaine Julien Rebichon, Nîmois depuis 2007, ils racontent leurs souvenirs de derby.

Au handball, la trajectoire des deux clubs est à peu près similaire à ce qu'il s'est passé dans le football. Un club gardois bien installé en première division et qui va décliner au début des années 1990 pour laisser place à l'éclosion du voisin héraultais. Dans le gymnase, c'est même plus que ça. L'USAM domine largement le hand français avant de passer le relais au MHB. Lorsque Nîmes chute en D2, Montpellier remporte le premier de ses 14 titres de champion de France la saison suivante en 1994/1995.

Après sept ans de purgatoire, la Green team retrouve l'élite en 2001 pendant que son voisin a mis en place son hégémonie. Et dans cette équipe qui rafle tout sur son passage se trouve à l'époque le jeune Michaël Guigou qui y passera 20 ans (1999-2019). Lors des premiers duels, il affronte même Yann Balmossière et Gabriel Bourguignon aujourd'hui membres du staff nîmois. "Et j'ai même joué contre Jérôme Chauvet !", se souvient l'international français de 38 ans qui aura droit à la qualification de "papy" de la part de son capitaine Rebichon.

C'est avec le sourire que les trois coéquipiers ont fait défiler les souvenirs (Photo Corentin Corger)

La domination héraultaise est incontestable. Hormis la saison 2006/2007 où Nîmes accroche deux fois son adversaire (32-32, dont 11 buts de Guigou et 26-26), les hommes de Patrice Canayer enchaînent les succès jusqu'à ce fameux 26 avril 2012. "Dans la semaine le père de Steve Massard était décédé. Il y avait beaucoup d'émotions après cette victoire, c'était un moment heureux et terrible à la fois", se souvient Julien Rebichon qui remporte son premier derby au Parnasse sur le score de 25-21 face à un adversaire alors invaincu après 21 journées. L'ailier, pas encore capitaine, se souvient du discours d'avant-match de Jérôme Chauvet, l'entraîneur usamiste : "Il pleurait de rage, ça m'avait marqué. Il avait fait référence au "goût du sang". Ça avait été capté par les caméras et ça avait fait polémique à ce moment-là." 

Au hand aussi, le derby a une saveur particulière et la volonté de tout donner pour s'imposer. Surtout car on affronte souvent des amis. "Je m'en rappelle de ce match, il y avait Franck Junillon (resté 11 ans à Montpellier) qui est un ami. J'ai toujours eu des relations spéciales avec les Nîmois car avec certains on a joué ensemble depuis le plus jeune âge comme Grégoire Detrez (Usamiste de 2001 à 2008)", explique humblement Michaël Guigou qui soulèvera en fin de saison le dernier trophée de D1 remporté par les Montpelliérains. Malgré ce succès, Nîmes terminera lanterne rouge et descendra à l'échelon supérieur. "Ça a forcé notre caractère puis il y a eu un changement de président et une nouvelle ère a débuté", assure l'emblématique numéro six.

 

Et surtout deux semaines plus tard se disputera la fameuse rencontre face à Cesson-Rennes perdue par le MHB dont découlera la triste affaire des paris truqués. Placé en garde à vue, Vid Kavticnik ne sera en revanche pas condamné contrairement aux frères Karabatic qui ne sont pas les seuls reconnus coupables sur ce dossier. "Un derby c'est toujours une émotion spéciale. Il y a une pression différente. Dans les duels ça tape mais c'est donnant donnant", apprécie le Slovène. Après ce succès resté dans les annales, Montpellier reprend sa marche en avant avec quatre victoires consécutives.

2015, la victoire la plus large

Jusqu'à cette soirée du 21 octobre 2015 et une performance héroïque de "Spiderman" Steven George qui inscrit huit buts pour mener les siens vers l'exploit (33-29), à revoir en vidéo ci-dessus. "Tu te rappelles pas ? on avait démarré avec Esteki (Allahkaram de son prénom) et Borut (Mackovsek de son nom) dans un dispositif inédit car il fallait les mettre en avant. On avait pris 5-0 d'entrée", interpelle Mickaël Guigou en regardant son compère "Vitko" qui était blessé pour ce match. "C'était ma première victoire dans un derby. On avait ultra dominé la partie et eu le temps de voir venir la victoire", se rappelle Franck Maurice. Le coach attendra près de deux ans et demi pour remporter le suivant en demi-finale de Coupe de France (32-30).

La joie des Nîmois lors du succès face à Montpellier, la saison dernière (Photo USAM)

Dans un Parnasse en ébullition, Guigou, Kavticnik et l'armada héraultaise sont balayés par la furie verte. "Nîmes commençait à avoir l'équipe actuelle, plus stabilisée avec notamment Salou et Quent' (Dupuy) en défense et réalisait déjà des grosses performances", résume "Micka". Avant ce nouvel affrontement, le bilan nîmois depuis 2004 est de 24 défaites, deux nuls et trois victoires toutes acquises au Parnasse puisque l'USAM ne s'est encore jamais imposé à l'Arena. Un dernier succès, certainement le plus beau, obtenu à l'ultime seconde sur un but de Rémi Salou, passé par Montpellier (25-24, le 11 septembre 2019). "Quand c'est hyper serré ça débouche sur une émotion encore plus soudaine", témoigne Franck Maurice hurlant au ciel les poings serrés au moment du coup de sifflet final.

"On aurait dit que j'étais champion du monde"

"J'étais tellement content", sourit Vid Kavticnik, alors aixois, qui avait félicité son ami Guigou, pour son premier derby sous le maillot vert, à l'instar de nombreuses personnes. "J'ai reçu tellement de messages que l'on aurait dit que j'étais champion du monde", précise celui qui l'a véritablement été à quatre reprises.

"J'ai plein de souvenirs surtout de la roucoulette de Gajic à la dernière seconde", fouille dans sa mémoire Vid. "Avec un plaquage de Canayer sur Rebichon", tient à compléter le capitaine nîmois. Un derby reste un moment à part et Franck Maurice s'en aperçoit dans la préparation : "J'ai senti la température monter ce matin. Les joueurs savent que ce match vaut évidemment plus que les autres."

Même si cette fois-ci, la Green team ne pourra pas compter sur son public. "Quand c'est plein, ça met la pression sur tout le monde. Quand l'adversaire a la balle dans les mains qu'il entend rien parce que ça siffle ou la petite décision favorable de l'arbitre, ça se joue à des petits détails", regrette "Rebiche". Même s'il ne sera pas infernal, la détermination des Nîmois sur le terrain devrait suffire à enflammer le Parnasse.

Corentin Corger

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