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NÎMES Quand Djibouti mise sur les nouvelles technologies pour se développer

Du beau monde à l'IUT de Nîmes (Photo Anthony Maurin).

Les premiers pas de la filière industrielle de nanosatellites de Djibouti auront commencé à l’IUT de Nîmes un mardi 20 octobre avec la visite officielle de la délégation ministérielle de l'Enseignement supérieur et de la recherche de Djibouti.

Pour Jean-François Dubé, le directeur de l'IUT de Nîmes, " c'est une première qu'une telle délégation vienne à l'IUT ! C'est très intéressant et prometteur pour nous tous. J'espère que nous allons continuer à tisser ces beaux liens entre Nîmes, Montpellier et Djibouti. "

L’accord entre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche et le Centre spatial universitaire de Montpellier s'est donc concrétisé ce mardi avec les dix premiers étudiants djiboutiens arrivés pour se former à l’IUT de Nîmes et lancer plus tard la filière industrielle de nanosatellites à Djibouti.

Le but de la visite ministérielle ? La formation d’étudiants djiboutiens aux métiers de développement de systèmes spatiaux. En effet, la partie formation est réalisée à l'IUT de Nîmes qui accueille cinq étudiants en licence professionnelle Assemblage intégration tests (AIT Bac+3). Cinq autres étudiants sont inscrits au nouveau diplôme d’établissement DE " Développement des systèmes spatiaux " (DSS Bac+6), diplôme d’université, porté par Polytechnique et l’IUT de Nîmes.

Le drapeau djiboutien flotte au centre (Photo Anthony Maurin).

" Ces étudiants sont répartis en deux formations. La première un Bac+3 et la seconde pour accéder à un Bac+6, détaille Laurent Dusseau, directeur du Centre spatial universitaire de Montpellier et de la fondation Van Allen. Ils sont logés à la cité universitaire Matisse (Montpellier). Ils vont trois semaines en cours puis passent deux semaines sur des projets. En avril, ils auront un grand stage de cinq mois sur le développement réel d'un nanosatellite. L'essentiel dans ces formations est de travailler en équipe. Tout est basé sur cela dès que l'on parle d'espace. C'est avec une réussite collective que l'on avance et nous allons former ces étudiants aussi comme cela. Pour nous, ils sont déjà des collaborateurs. On les sent motivés et prêts à faire honneur à leur pays. "

Des choses à répliquer

" Dans un premier temps nous avons le projet de fabriquer des nanosatellites et cette formation est excellente, pose Nabil Mohamed Ahmed, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche de Djibouti. Dans un second temps, nous voulons développer dans un avenir très proche une collaboration entre l'IUT de Nîmes et Djibouti. Nous aimons l'approche qu'a l'IUT et le travail qu'il accomplit auprès des entreprises. Nous aimerions reprendre ce genre de formations à Djibouti et on fera venir une délégation de l'IUT dans quelques semaines ou mois. "

Leader français dans le développement et le lancement de nanosatellites étudiants, le Centre spatial universitaire de Montpellier est un centre européen de référence développant et rassemblant des moyens et des compétences en ingénierie, production, opération, tests et applications de nanosatellites impliquant des étudiants dans le cadre de leur stage ou projet en faveur du développement économique régional. Nîmes et Montpellier étaient liés, Djibouti devient la troisième partie de ce triptyque technologique.

Nabil Mohamed Ahmed (Photo Anthony Maurin).

Venu avec le président de l'Université de Djibouti, Jama Mohamed, le ministre est sûr de lui mais veut éviter les écueils. " Je suis très satisfait. J'ai rencontré des gens qui parlent la même langue et ont la même culture. J'ai beaucoup appris. J'ai des idées constructives et je compte bien ne pas refaire les erreurs faites dans le passé grâce à cette expérience. C'est un grand signal car j'ai apporté cette idée au président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, et il l'a validée. Il a même reçu Laurent Dusseau, directeur du CSUM et de la fondation Van Allen. "

Vers un jumelage ?

" J'ai étudié en France longtemps mais de Nîmes je n'ai vu que le magnifique centre-ville... Il faudra que je revienne mais avec le parrainage qui est engagé, je peux également parler avec la maire de Djibouti d'un jumelage avec Nîmes. J'ai toujours aimé les petites villes. La qualité de l'enseignement y est meilleure. Il y un meilleur cadre de vie et moins de stress. Une fois les dix étudiants formés, les effectifs seront plus importants encore. Mais nous pourront également accueillir des Nîmois s'ils le veulent ! ",  poursuit Nabil Mohamed Ahmed.

Le ministre djiboutien, appuyé par le président, veut une action sur trois axes. Le savoir technologique est à la portée de tous donc un pays comme Djibouti, petit et pauvre, doit faire le bond technologique tant attendu par sa population. Protéger l'environnement est aussi une priorité car avec la création d'un observatoire global de l'est africain, Djibouti prendrait toute sa place dans cette nouvelle offre manière de voir le monde et ses défaillances. Enfin, l'aspect humanitaire est important. Djibouti connaît les migrations humaines pour être au coeur de certaines d'entre elles. La vie humaine, dixit le ministre Nabil Mohamed Ahmed, a une valeur et ces technologies peuvent sauver des vies, c'est un outil fantastique.

Les étudiants parlent au ministre (Photo Anthony Maurin).

Rassurants et rassurés d'être enfin arrivés à Nîmes dans leurs nouveaux locaux, les étudiants eux-mêmes l'ont dit au ministre, " Nous avons été très bien accueillis par tout le monde à Nîmes comme à Montpellier. C'est une belle opportunité, c'est très spécial et ça nous motive pour atteindre nos objectifs. "

En réalité, lancer un satellite entièrement conçu par des techniciens, scientifiques et ingénieurs Djiboutiens d’ici 2deux ans est l'enjeu premier. " On travaille aussi sur la loi et la stratégie à venir car il ne faut pas rater le coche. Beaucoup de fonds sont alloués et il ne faut pas trahir la confiance des Djiboutiens. Tout cela n'aurait pas été possible sans la confiance que m'a donné notre président. Je veux donner en échange de cela un retour aux gens. Je veux assurer mes compatriotes que l'on va faire évoluer la science ", conclut Nabil Mohamed Ahmed.

Le ministre s'adresse aux étudiants djiboutiens (Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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