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LE 7H50 de la maire de Fons, Maryse Giannaccini : « En politique, les femmes sont souvent arrivées par accident »


Le maire PS de Fons-Outre-Gardon et conseillère départementale du canton de Calvisson, Maryse Giannaccini (Photo : Coralie Mollaret)

Nouveau visage de la politique, Maryse Giannaccini a été poussée aux départementales de 2015 par le député socialiste, William Dumas. Élue à la mairie de Fons-Outre-Gardon, l’édile vole désormais de ses propres ailles, soucieuse de concrétiser des projets sur son territoire. 

Élue pour la première fois en 2015 conseillère départementale et maire en 2020, vous incarnez le renouveau politique ? 

Maryse Giannaccini  : Complètement ! Bon, j’ai toujours suivi la politique, j’ai voté Mitterand dans les années 80 et je suis encartée au Parti Socialiste. Pour moi, le socialisme, c’est un moyen d’émancipation. En revanche, tout mon parcours professionnel a été fait dans le privé. J’étais conseillère en méthode commerciale (formation, créations de projet, audits…) au sein de Paru Vendu. Lorsque la société a fermé en 2012, j’ai été licenciée. J’avais 29 ans d’ancienneté et, à mon âge, c’était difficile de retrouver du travail. 

D’accord mais comment êtes-vous entrée en politique ? 

Déjà j’avais plus de temps. À Fons-outre-Gardon, je venais un peu en mairie. Je suis aussi proche de l’ex-député et maire de Fons, William Dumas. J’ai beaucoup de respect pour lui. C’est d’ailleurs lui qui a poussé ma candidature aux Départementales. Ils avaient besoin d’une femme pour partir sur le canton de Calvisson avec Christian Valette… Lui, représentait le secteur de Congénies, au sud. Et moi, celui de Fons, au nord. Alors, je dis toujours que je suis arrivée un peu ici par accident. Un peu comme beaucoup de femmes en politique finalement. 

Serez-vous candidate aux prochaines élections départementales ? 

Oui. J’ai adoré ce mandat. Le dossier dont je suis le plus fière, c’est le déménagement de la société Adesa de Saint-Génies à La Rouvière. Je suis fière d’avoir réussi à mettre tout le monde autour de la table (Nîmes métropole, le Département, la préfecture…) pour que cette entreprise d’étiquetage ne déménage pas à Montpellier ! On a fait ça en deux ans et demi. On a pu conserver les emplois sur le territoire. Et puis, il y a eu également le travail effectué au sein du CAUE (Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement) qui m’a passionné et la création de l’Agence technique du Département, dont je suis la vice-présidente. Aujourd’hui, 80% des appels des élus concernent des questions juridiques. C’est génial de voir l’attente et l’implication des élus. 

Revenons aux élections municipales de Fons. Pourquoi avoir tenté l’aventure ? 

En étant conseillère départementale, je suis allée dans beaucoup de mairies. J’ai rencontré des maires, j’ai observé leurs méthodes, leurs manières de faire, les solutions qu’ils mettaient en place sur leur territoire. J’ai trouvé ça passionnant ! Ça m’a donné envie de me présenter sur Fons. Le maire, Gérard Gire, ne se représentait pas. Je me suis préparée au moins pendant un an, je suis allé chercher les gens pour savoir ce qu’il attendaient de leur communes, ce qu’ils voulaient apporter. J’ai été élue le 15 mars. 

Comment définiriez-vous votre village ? 

Nous avons un beau village ! Nous avons grandi très vite : en 15 ans, nous sommes passés de 700 à 1500 habitants. Nous n’avons pas forcément les infrastructures adaptées. C’est d’ailleurs un défi à relever. Nous avons une école de 280 élèves, une gare avec un parking. C’est une chance. Enfin, ce qui est très important ici, c’est que contrairement aux communes dites « dortoirs », nous avons des associations, des jeunes qui s’impliquent dans la vie du village. D’ailleurs cette année, le comité des fêtes aurait dû célébrer ses 20 ans. 

Comment s’est déroulée votre prise de fonction ? 

Ça a été assez compliqué en raison de la crise sanitaire. Je dirai même que ça a été un peu frustrant. Imaginez, le 15 mars vous êtes élue et vous n’entrez en fonction que le 23 mai ! À notre arrivée en mairie, nous n’avons même pas pu échanger avec les gens, les rencontrer ou même boire le verre de l’amitié. Nous n’avons pas pu avoir cet échange républicain, remercier les gens qui vous ont aidé. La politique, c’est aussi ça. 

Quelles premiers projets avez-vous lancé ? 

Nous allons d’abord restructurer la municipalité. Cela permettra d’apporter du confort aux administrés. Nous allons aussi mutualiser les locaux avec notre Poste, car oui, le personnel est communal. C’est une particularité. Ça permettra une polyvalence des agents et nous pourrons étendre les horaires. Le coût du projet est estimé à 350 000€. Ensuite, nous voulons engager d’avantage d’actions pour l’environnement. Ici, la voiture est reine. Nous devons développer les chemins doux, les pistes cyclables en revoyant la circulation dans le village. On pourrait même le relier au bois de Leins qui n’est pas loin. Enfin, nous voulons nous occuper de la jeunesse en mettant en place un conseil des jeunes pour les 9-12 ans et les 13-17 ans.

Aujourd’hui, vous siégez à Nîmes métropole, présidée par Le Républicain Franck Proust. Qu’attendez-vous de l’Agglo ? 

J’espère pouvoir amener des projets qui pourront se concrétiser. Vous savez, je vais le comporter de la même manière qu’au Département. En politique, on peut critiquer mais la vraie force, c’est de proposer. J’espère que l’Agglo partira financièrement et techniquement. Prochainement, je dois rencontrer les élus en charge des mobilités. Notre souci aujourd’hui au niveau du transport, c’est l’engorgement de nos routes aux heures de pointe. Il nous faudrait un train de plus le matin à 8 heures. 

Enfin, vous siégez dans le groupe EPNM « Ensemble Pour Nîmes Métropole » dans lequel siège Eddy Valadier, l’ex-rival de Franck Proust pour la présidence. Pourquoi ce choix ? 

Ça s’est fait naturellement. Moi, j’ai accepté de siéger dans ce groupe pour que l’on travaille de manière constructive et que l’on veille à défendre l’intérêt général. D’ailleurs comme vous avez pu le voir : dans ce groupe, il y a des gens de Gauche comme de Droite. 

Propos recueillis par Coralie Mollaret 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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