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ÉCONOMIE Le New-York Times en reportage chez « Séricyne » à Monoblet

Créé en 1999, le réseau Initiative Gard a contribué l'aide de plus de 1500 entreprises depuis sa création, se matérialisant par 19 millions d'euros de fonds à taux 0% injectés dans l'économie locale. (Photo Corentin Migoule)

In-extremis avant la mise sous cloche du pays pour au moins quatre semaines, le réseau Initiative Gard, spécialisé dans l’accompagnement humain et financier des entreprises locales, a remis un chèque de 40 000 euros à Clara Hardy qui réinvente le monde de la soie.

Initialement programmée au printemps dernier, la conférence de presse destinée à honorer Clara Hardy, qui fait revivre la filière de la soie à Monoblet, avait connu une première annulation forcée par la pandémie de coronavirus. Il s’en est fallu de peu pour qu’elle le soit à nouveau, sans doute de manière définitive. Prévue hier soir à quelques heures du début du reconfinement annoncé la veille par le président Macron, la remise de chèque a bien eu lieu peu après 18 heures, dans la salle culturelle de Monoblet.

Après avoir pris soin d’inviter l’assistance à prendre place sur des chaises distancées, Alice Jollivet, directrice du réseau Initiative Gard donnait le ton de la soirée : « La facilité aurait été d’annuler mais nous estimions important de vivre ce dernier moment de partage dans ce contexte aussi morose. » Les prises de parole se succédaient et Philippe Castanon, maire de Monoblet, racontait une légende locale, avant de féliciter la "star" de la soirée, Clara Hardy : « Aujourd’hui grâce au génie de Clara on a 6 ou 7 personnes sur la commune qui participent à ce nouvel essor de la soie. C’est un nouvel espoir qui va peut-être faire tâche d’huile. »

10 000 mûriers plantés

Implantée en Cévennes depuis 2015, la Normande et son entreprise Séricyne gardent un pied solidement ancré à Paris, où les marques de luxe s’arrachent son savoir-faire. L’occasion pour Fabien Cruveiller, président de la communauté de communes du Piémont Cévenol, d’employer un oxymore : « C’est la ruralité moderne que nous mettons à l’honneur ce soir. » Olivier Gaillard, maire de Sauve, abondait dans le même sens : « Ce que vous faîtes c’est beau mais c’est aussi courageux. Maintenant on doit vous accompagner dans la recherche de foncier. » Car si elle met en lumière un procédé novateur qui consiste à ce que les vers à soie ne produisent pas de cocons mais directement des formes variées en étant délicatement disposés sur des moules où ils vont déposer la séricine, Clara Hardy doit alimenter ses troupes. Ainsi, ne nourrissant exclusivement de feuilles de mûriers, les vers à soie pourront bientôt profiter de la plantation de 10 000 mûriers supplémentaires en Cévennes gardoises.

Rappelant son parcours initial de designeuse suivi d'une incursion dans le monde de l’artisanat, Clara Hardy regrettait les conséquences de la crise sanitaire sur la sortie d’une gamme de produits cosmétiques vouée à rester dans les cartons encore quelques mois. « En revanche, j’ai reçu cette semaine la visite d’une équipe du New-York Times pour un reportage », rebondissait-elle aussitôt. C’est non sans fierté que l’entrepreneuse recevait le chèque, en forme de prêt à taux 0 % d’un montant de 40 000 euros, des mains du tout nouveau président d’Initiative Gard, Daniel Augello.

Corentin Migoule

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