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COUVRE-FEU Pierre Martinez, maire de Sommières : « La population est éreintée par ces phénomènes de délinquance »

Pierre Martinez, maire de Sommières depuis le mois de juin dernier. (Photo Corentin Migoule)
Pierre Martinez, maire de Sommières depuis le mois de juin dernier. (Photo Corentin Migoule)

Si cinq jours après l’instauration d’une mesure de couvre-feu qui s’applique aux mineurs non-accompagnés de 20h à 6h du matin, il est encore trop tôt pour en mesurer l’efficacité, le bien-vivre cher au maire de la commune sommiéroise semblait au rendez-vous aujourd'hui lors du traditionnel marché.

S’il voulait frapper fort en prenant un arrêté instaurant un couvre-feu de 20 heures à 6 heures pour les mineurs non accompagnés, depuis mardi et ce jusqu’au 2 décembre minimum, Pierre Martinez, maire de Sommières depuis le mois de juin dernier, a réussi son pari. Sa mesure a eu un retentissement régional et cinq jours après son entrée en vigueur, n’a pour l’instant pas suscité de réaction disproportionnée de la part des principaux concernés.

Les nombreux sommiérois rencontrés ce matin à l’occasion du traditionnel marché, un peu moins fréquenté que d’ordinaire en raison de la baisse soudaine des températures, semblaient apprécier la mesure prise par l’édile de la commune. C’est notamment le cas de Stéphanie*, maman de deux adolescents âgés de 13 et 16 ans : « C’est plutôt une bonne chose pour nos enfants qui avaient parfois peur de sortir le soir. Mais ça ne change pas grand-chose pour les miens car ils n’avaient déjà pas le droit de sortir sans moi le soir. (rires) »

Des équipes de la police municipale et de la gendarmerie ont patrouillé tout au long de la matinée de marché. (Photo Corentin Migoule)

Un discours similaire tenu par Jean-Paul, croisé à quelques encablures du cœur de ville, près des arènes, en pleine promenade avec son chien : « Ça me paraît plutôt bien que les mineurs ne sortent pas seuls le soir, surtout en semaine. » Et de poursuivre avec une boutade : « Après même s’il y a quelques cas de délinquance par-ci, par là, Sommières ce n’est pas le Bronx. » David, responsable du poste local de la police municipale, ne disait guère autre chose après avoir arpenté les allées du marché. Le policier municipal admettait tout de même « une légère recrudescence des violences urbaines depuis cet été », ainsi que des « œufs reçus par des collègues gendarmes en intervention en milieu de semaine. »

Un peu plus loin, dans l’habituelle rue passante Antonin Paris, Mattéo paradait main dans la main avec sa petite amie. Âgé de 15 ans et vivant à Sommières « une semaine sur deux », l’adolescent est directement concerné par la mesure de couvre-feu. « C’est un peu chiant de payer pour les autres, surtout quand on n’a rien fait. On ne peut même pas aller chercher une pizza le soir », regrettait-il. Comme certains passants entrevus ce samedi et interrogés au sujet de la provenance des violences urbaines, Mattéo désignait l’autre côté du Vidourle, où est implanté le quartier de l’Arnède.

Ne pas stigmatiser l'Arnède

« Oui il y a bien de la délinquance qui en provient mais ce n’est pas le seul endroit, le centre-ville est aussi concerné. L’Arnède est un quartier avec un habitat collectif prépondérant et je ne veux en aucun cas le stigmatiser car c’est un phénomène issu d’une minorité, qui pourrit la vie du quartier, lequel quartier souffre de cette stigmatisation », réagissait vigoureusement le maire, Pierre Martinez, rencontré en mairie peu avant midi.

Une nouvelle fois, l’élu sommiérois justifiait l’instauration d’une mesure qu’il juge lui-même « coercitive voire répressive » : « Elle a été prise après analyse de la situation, après un diagnostic très précis des phénomènes délictueux sur la commune. Elle est renouvelable si la situation le nécessite, parce que la population est éreintée nerveusement et pas que, par ces phénomènes de délinquance qui se matérialisent par des caillassages de camions de pompiers et des forces de gendarmerie, ainsi que des incendies de véhicules et de conteneurs. »

Cette place de stationnement du parking du Vidourle porte encore les stigmates d'un récent incendie de voiture. (Photo Corentin Migoule)

D’autre part, s’il reconnaît que « la période actuelle, avec ces confinements et ces restrictions relatives à la vie des jeunes a certainement renforcé ces problèmes de sécurité », « en aucun cas elle ne les a créés. » C’est donc un maire « apaisé mais déterminé à faire revenir le calme » que nous avions face à nous ce matin.

D’autant que l’édile et son équipe municipale avait fait de l’accompagnement du tissu économique local leur priorité. Des aides financières et un concours logistique important ont ainsi été apportés, « et on vient de voter une aide supplémentaire qui s’appliquera aux loyers des commerçants du mois de novembre », rajoutait Pierre Martinez. Avant de conclure : « La petite ville que nous adorons doit garder sa dynamique et retrouver le caractère paisible qui est le sien. » À la tête d’une commune de 5000 habitants, connue pour son caractère pittoresque qui fait le bonheur des touristes en été, le quinquagénaire s’en donnera à n'en pas douter les moyens.

Corentin Migoule

*prénom d'emprunt choisi par la personne interrogée qui a souhaité témoigner anonymement.

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