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GARD Violences faites aux femmes : sans la victime on ne peut pas faire grand chose…

De gauche à droite, Véronique Compan, Didier Lauga, Joëlle Gras, Nathalie Welte (Photo Anthony Maurin).

Les violences faites aux femmes sont devenues une véritable priorité pour les forces de l'ordre et la justice en France. Le Gard n'y échappe pas même si le dernier décès d'une femme sous les coups de son conjoint date de 2018. La prise en charge des victimes et leur parcours s'améliorent, la parole se libère.

Avant toute autre chose, prenons quelques secondes pour rappeler les outils vitaux à destination des victimes et témoins de violences faites aux femmes. Vous avez le 3919 qui est un numéro d'aide et d'écoute anonyme gratuit. Ensuite vous avez le site Internet arretonslesviolences.gouv.fr qui sert à effectuer un signalement en ligne. Enfin et en cas d'urgence, le 17 pour la police ou le 114 par texto sauront vous aider.

La sous-préfète en charge du dossier, Joëlle Gras, est claire sur le sujet. Aux côtés du Préfet Didier Lauga, de Véronique Compan, procureure-adjointe au tribunal judiciaire de Nîmes, et de Nathalie Welte, vice-procureure, Joëlle Gras l'assure, " ce 25 novembre est une journée symbole et nous faisons le point un an après le Grenelle qui avait débuté le 3 septembre 2019. Au niveau local, nous avions lancé un plan de 30 actions fin 2019. "

Une augmentation attendue

De ces 30 actions, on dira que 56 % des mesures sont appliquées, que 37 % sont en passe de l'être et que 7 % viennent d'être reportées à 2021. " Je constate qu'il y a beaucoup d'engagement dans le Gard. Même la société civile est très engagée et de nouveaux moyens sont mis en œuvre pour lutter contre les violences faites aux femmes ", ajoute la sous-préfète. Et parfois, c'est même grâce à ces nouveautés que le drame a pu être évité de justesse.

Depuis le mois de juillet dernier, 31 cas ont été signalé, 23 à Nîmes et 8 à Alès. Le but de la manœuvre est d'intervenir avant que les choses ne dégénèrent. C'est pour cette raison que des cellules opérationnelles sont mises en place et se réunissent une fois par mois sous l'autorité de Joëlle gras.

En 2020 dans le Gard, 1 162 cas de violences avérées sont recensés et parmi eux 85 % avaient pour victimes des femmes. Cela fait 16 % de plus qu'en 2019 mais il faut savoir que depuis 2016 ce chiffre ne cesse d'augmenter. Par exemple, dans le même temps on se rend compte que les chiffres bondissent de 23 % en zone gendarmerie et de 7 % en zone police.

Lors du premier confinement, les forces de l'ordre sont intervenues 703 fois à domicile pour autour de violences intra-familiales. Et pour l'actuelle période confinée, on note un accroissement de 22 % de ce type de problèmes par rapport à la même période non confinée en 2019. Nous en sommes tout de même à 212 interventions depuis le 1er novembre 2020 seulement !

Des mesures appliquées

Pour Véronique Compan, " nous répondons aux faits plus rapidement. Nous constatons une hausse du nombre d'affaires avec le confinement mais aussi grâce à ces personnes qui aujourd'hui se déclarent alors qu'elles ne le faisaient pas par le passé. Au ribunal judiciaire de Nîmes nous avons signé plusieurs conventions, notamment avec la Clède et nous sommes dotés depuis la semaine dernière de trois bracelets anti-rapprochement. "

Du côté d'Alès, " depuis 2015 cette lutte est une priorité ! Le Grenelle a renforcé la coordination et les échanges que l'on pouvait avoir déjà entre nous afin de lutter de manière plus efficace contre cela, relève quant à elle Nathalie Welte. Le dispositif est rassurant et, comme nous sommes plus petits que Nîmes, nous aurons les bracelets en 2021. Quoi qu'il en soit, l'action pénale est soutenue. Nous restons très vigilants car nous comprenons qu'il y a une réelle augmentation pendant les périodes de confinement. "

Souvent liées à l'addiction, pour au moins 50 % des cas, les violences faites aux femmes vont intégrer l'addictopôle du CHU de Nîmes qui lance une enquête à travers toute l'Occitanie afin de définir une corrélation entre les violences et l'addiction. Aucune étude n'a encore été faite ! Sans les victimes, en réalité, on ne peut pas faire grand chose... S'il n'y a pas de plainte de déposée, il faut au moins une audition pour faire avancer les dossiers. Endiguer ces drames ne va pas se faire du jour au lendemain mais chacun semble s'emparer du sujet à tous les niveaux.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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