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VERGÈZE Plan de sauvegarde de l’emploi à Owens-Illinois : 16 postes pourraient être supprimés à la verrerie

Christophe England (à gauche) et Yoann Goupille, les délégués CGT de la verrerie sont en colère. (Photo Boris Boutet)

Le groupe Owens-Illinois, à la tête de la verrerie de Vergèze, prévoit un Plan de sauvegarde de l'emploi se traduisant par la suppression de 125 postes à horizon 2023. Seize d'entre elles concernent le site gardois. 

L'usine est le fournisseur histoirique des bouteilles Perrier. "On faisait d'ailleurs partie du groupe jusqu'en août 2011 et le rachat par le spécialiste américain du verre Owens-Illinois, récapitule le délégué CGT Yoann Goupille. Depuis 9 ans, ils n'ont réalisé aucun investissement. On se retrouve avec une usine vétuste et nos rendements s'en ressentent."

Ces derniers correspondent au taux de bouteilles conformes produites par rapport à la quantité de verre fondu. "Le Perrier est l'une des boissons les plus gazeuses du monde, pointe le secrétaire CGT Christophe Englan. Avant notre rachat, nous avions de rendements de 87%. On est tombé à 78% en raison de conditions de travail dégradées. Aujourd'hui nous relevons la tête, le taux est remonté à 83%. Ce plan de sauvegarde de l'emploi casse notre dynamique." 

"Un contexte particulièrement difficile"

De son côté, la direction d'Owens-Illinois fait savoir que l'entreprise "doit faire face depuis plusieurs années à des évolutions du marché du verre marquées par une très forte pression sur les prix et par un renforcement de la concurrence qui fragilisent les activités de l’entreprise, dans un contexte particulièrement difficile." 

Une situation qui la conduit à devoir "réorganiser ses opérations afin de gagner en efficacité. Sur le site de Vergèze, ce projet aurait malheureusement pour conséquences la suppression de 21 postes. 7 postes seraient créés. L’objectif de l’entreprise est de limiter au maximum les départs contraints en privilégiant les départs à la retraite, les possibilités de reclassement interne sur poste disponible et création de poste, ainsi que le non-remplacement de postes aujourd’hui vacants." 

Dans le même temps, l'entreprise prévoit "l'externalisation des fonctions logistiques auprès d’un partenaire de confiance dans le but de permettre à O-I de se recentrer sur son cœur de métier et l'automatisation d’un certain nombre de processus afin de moderniser l’outil de production."

Un conseil économique et social le 2 décembre

Au total, l'usine, qui produit aussi des bouteilles pour les marques Heineken et San Pellegrino, tourne aujourd'hui avec 162 salariés et pourrait n'en compter plus que 146 en 2023 . "On nous a parlé de 11 suppressions pour 7 créations en 2021 et 10 nouvelles suppressions en 2023, précise Christophe Englan. La direction cherche à tailler dans les effectifs pour dégager du cash mais ce n'est pas ainsi que nos rendements vont progresser." 

Et si "il ne devrait pas y avoir trop de licenciements chez nous cette fois-ci, concède Yoann Goupille, ce qui nous inquiète, c'est l'avenir. On nous demande de faire plus avec moins de moyens ce qui nous laisse craindre un plan social plus dur prochainement. C'est comme si on coupait la dernière jambe d'un unijambiste et qu'on lui demandait de courir plus vite." 

Un conseil économique et social national se tiendra le 2 décembre. Il sera l'occasion pour les représentants du personnel de l'ensemble du groupe de discuter de l'intérêt de mener sur l'ensemble des usines d'Owens-Illinois.

Boris Boutet

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