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NÎMES Le rugbyman se dopait avec des produits prescrits pour les chiens et chats

Photo illustration Anthony Maurin

"Vous preniez du poison. Comment peut-on prendre de tels produits ", interroge ce vendredi matin, Christine Ruellan, la présidente du tribunal correctionnel de Nîmes.

"Mon objectif était de retrouver le terrain. Je joue au rugby depuis l'âge de 5 ans et ma blessure m'a totalement fait perdre pied. Je voulais retrouver la compétition", répond posément l'ancien rugbyman gardois, qui était avant sa suspension considéré comme un sportif semi-professionnel évoluant en Fédérale 1 au sein du Rugby Club Nîmois. Pour lui et sa carrière, tout a dérapé en 2018. Une vilaine blessure à l'épaule l'oblige à quitter le terrain, mais il veut retrouver le gazon rapidement.

Pour cela il va chercher des produits et une méthode sur Internet. Une prescription particulière censée "améliorer votre esthétisme, résume la juge. Pour retrouver le terrain avec de la force, de l'endurance et de l'explosivité avez-vous expliqué aux enquêteurs." Mais après un match le 18 octobre 2018, le contrôle antidopage va rendre son verdict. Le joueur expérimenté est positif. Depuis c'est une descente aux enfers... La ligue de Rugby lui inflige 4 ans de suspension. À 32 ans, s'en est terminé des matches, de la compétition. Il n'a plus licence et ne peut plus s'entraîner.

Les investigations ont démontré que "ce produit, à base de stéroïdes anabolisants, était prescrit par les vétérinaires pour les chiens et chats. Chez l'homme, il est considéré comme permettant d'avoir plus d'oxygène et de récupérer plus rapidement", poursuit la présidente de la juridiction. Pour atteindre cet objectif, il s'est injecté la dose pendant trois semaines, tous les deux ou trois jours, en prenant en plus 5 cachets quotidiens. Une sorte de pilule miracle ! Seul dans son coin, sans médecin ou psychologue pour l'accompagner, le champion a essayé de revenir au plus vite.

"Et ça marchait, vous avez vu une amélioration", interroge la présidente? "Non il n'y a pas d'effet, répond le prévenu qui se défend seul, sans avocat. J'ai pris cette substance après une blessure, une déchirure. Avec le recul, j'ai mis ma vie en danger, mais je voulais retrouver ma masse musculaire." Un homme qui paraît abattu à la barre du tribunal. Il reconnaît les faits et voudrait demain parler du dopage aux autres sportifs et les accompagner aussi dans des moments difficiles, lorsqu'ils sont blessés notamment.

"Ce dossier est intéressant car il met en lumière le danger du dopage, la nocivité pour la santé du joueur professionnel. Avec l'argent et l'obligation de réussite des clubs il y a une modification des corps. La différence entre les joueurs de rugby des années 70-80 et aujourd'hui est évidente. On ne peut que le constater et on ne peut pas envisager que ces corps soient naturels", estime le vice-procureur qui réclame une sanction "symbolique", pour un joueur qui a déjà tout perdu. "Il a triché. La sanction principale est prise par la fédération pour 4 ans. Sa carrière est terminée", complète le représentant du ministère public qui réclame et obtient du tribunal correctionnel une peine de 3 mois avec sursis et 1 000 euros d'amende avec sursis.

 

 

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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