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ALÈS Le Printemps alésien radicalement opposé à l’armement des policiers municipaux

De gauche à droite, Arnaud Bord, Naïma Guernine, Béatrice Ladrange, Paul Planque et Jean-Michel Suau, membres de l'opposition de la mairie d'Alès. (Corentin Migoule)

À l’occasion d’un point presse organisé dans ses locaux ce jeudi après-midi, le groupe d’opposition du conseil municipal d’Alès a martelé son refus de confier des armes aux policiers municipaux alésiens, mesure qui devrait être soumise par le maire, Max Roustan, lors du prochain conseil municipal programmé le lundi 21 décembre.

« En ces temps troublés, nous avons plus que jamais besoin d’humanité et ce ne sont pas ces débats malsains, amalgamant sécurité sanitaire et sécurité publique qui nous ferons trouver la sérénité », lançait en préambule Paul Planque, tête de liste du "Printemps Alésien" lors des dernières élections municipales, au moment d’entamer un point presse dans les locaux du groupe d'opposition ce jeudi après-midi.

Après avoir planté le décor, l’homme de la Gauche alésienne exprimait son regret de voir Max Roustan « relancer dans ce contexte le débat sur l’armement de la police municipale, balayant d’un revers ses propres arguments. » En effet, après y avoir été opposé pendant vingt-cinq ans, le maire d’Alès semble avoir changé d’avis sur une question qui dépend du libre arbitre de l’édile. « Je regrette ce changement de posture de Max Roustan que j’avais à l’époque soutenu dans son refus d’armer les policiers municipaux », réagissait Jean-Michel Suau, lui aussi élu d’opposition.

« L'armement des policiers municipaux n'a pas changé grand chose »

« Nous sommes radicalement opposés à cette mesure parce que derrière cet effet d’annonce se cache en fait l’absence de réflexion », martelait à nouveau Paul Planque, soumettant d’œuvrer plutôt à « la constitution d’un grand service public où seraient regroupées la police nationale, la police municipale et la gendarmerie. »

Par ailleurs, Jean-Michel Suau rappelait que l’armement des policiers municipaux de la ville de Nîmes « n’a pas changé grand-chose quand on voit ce qui s’y passe. » Le dernier cité a d’ailleurs sorti sa calculette pour s’apercevoir qu’en moyenne, « la ville d’Alès dispose d’un policier municipal pour 600 habitants tandis que c’est un pour 911 à Nîmes. »

« Une décision qui répond à une émotion n'est jamais bonne »

« Ne nous éloignons pas du vrai problème ! », recentrait astucieusement Arnaud Bord, conseiller d’opposition. Car le président des Prud’hommes alésiens voit en l’armement des policiers municipaux « un signal fort », tendant à détourner la police municipale de sa fonction primaire de prévention pour s'atteler à répondre aux carences de la police nationale. « L’argument avancé c’est de dire que les policiers municipaux sont régulièrement les primo-intervenants et peuvent se retrouver face à des gens armés en étant eux-mêmes démunis d’armes. Mais si on renforce les effectifs de la police nationale, on changera les primo-intervenants », développait-il.

Pour étayer son propos quant au déploiement jugé inopportun de cette mesure d’armement, Arnaud Bord choisissait « l’exemple criant de la ville de Nice. La plus sécurisée de France », sans que pour autant « ça n’empêche les problèmes qu’on lui connaît. » L’ancien permanent de la fédération du Parti socialiste du Gard mettait en évidence le timing d’une annonce « qui arrive après le drame de l’assassinat de Samuel Paty alors que l’histoire a montré que chaque décision, chaque loi qui répond à une émotion n’est jamais bonne. »

Après avoir poussé ce « cri d’alarme » devant la presse ce jeudi, le groupe d’opposition entend bien le réitérer lundi soir lors du dernier conseil municipal de l’année 2020 qui, espérons le, saura préserver son caractère démocratique comme cela a été le cas lors du conseil communautaire d’hier soir.

Corentin Migoule

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