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FAIT DU SOIR Ça coûte cher d’être belle !

(Photo Anthony Maurin)
Le chantier de restauration Arènes et la nouvelle palissade informative (Photo Anthony Maurin)

L'amphithéâtre de Nîmes, daté du Ier siècle de notre ère, est l'un des mieux conservés du monde romain. Pour autant il n'a pas échappé aux outrages du temps passé et du climat. L'ensemble du programme de sa restauration devrait être terminé en 2034. Mais d'ici là, les arènes ont besoin de vous !

Vous connaissez les campagnes de conscriptions des USA avec l'oncle Sam qui scande un " I want you " pour que les jeunes américains rejoignent les rangs de l'armée US en 1917 sur le front de la Première guerre mondiale ? Et bien les arènes ont elles aussi besoin d'un élan de générosité, plus financier qu'humain rassurez-vous !

Vous les voyez vêtues d'un manteau blanc et d'une armature métallique depuis des années mais les arènes seront plus belles et plus solides que jamais quand, à la fin de leur chantier de restauration, on enlèvera les bâches pour dévoiler les beautés de ce monument hors du commun.

Le premier diagnostic alarmant du patient malade date d'il y a quinze ans et la restauration des travées 49 à 53 (face au boulevard Victor Hugo) ne s'est achevée qu'en avril 2015 après une longue phase d'étude. Cette opération a démontré la fragilité du monument, que son dégagement au XIXe siècle a rendu plus vulnérable aux infiltrations d’eau de pluie. Lorsque les pierres sont imbibées d'eau, elles perdent 30 à 40% de leur résistance, ce qui peut provoquer leur éclatement, entraînant la fragilisation de certaines voûtes, de certains piliers et développer des altérations biologiques (algues, mousses, lichens...).

Un diagnostic scientifique approfondi a confirmé et complété les constats observés sur les cinq arches restaurées et a permis d’orienter le programme dans une démarche globale de protection, proche de l’esprit de la Charte de Venise et valable pour le reste de la restauration de l’édifice.

(Photo Anthony Maurin)

Avec la disparition des gradins antiques, les phénomènes de dégradation se sont accentués et il est donc apparu indispensable de restaurer l'ensemble du monument, de consolider et réparer chacune des 60 travées, d'examiner et diagnostiquer chaque pierre, de colmater les entrées d'eau et de remplacer les pierres trop altérées.

Ce programme de restauration, d'une ampleur considérable, concerne les façades, le sommet des arènes, les galeries, les promenoirs et les gradins. Il comprend également l’installation de garde-corps et de mains courantes. Pour vous donner quelques chiffres et pour les seules travées 50 et 51... il a fallu 30m³ de pierre de Barutel, 3 700 heures de maçonnerie et taille de pierre (chantier et atelier de taille), 650 heures de pulpe et gommage, 900 heures de ragréage et quelque 2 100 heures de fourniture de pierre !

Pour continuer le bel effort, la restauration des travées 58, 59, 60 et 1 s'est mise en place l'été dernier pour 14 mois de chantier au moins. Elle sera suivie par la restauration des travées 2 à 11 jusqu’en décembre 2023, en trois phases. Nettoyage, gommage, restauration des façades et des arrachements se poursuivront donc, avec et suivi archéologique approfondi, pour la sécurisation du monument altéré par la pluie. On parle de dix million d'euros de travaux pour les travées de 58 à 11 !

(Photo Anthony Maurin)

La travée 60 dite travée impériale, dont les deux gardes corps en forme de taureau ont déjà été restaurés (face à la brasserie Chez Hubert), nécessitera un soin particulier, tout comme le petit escalier menant au sommet de l’amphithéâtre, qu’il faudra entièrement protéger. Un chantier qu’il faut adapter de A à Z aux nouvelles contraintes sanitaires moyennant des surcoûts : mobilhommes individualisés, restriction du personnel présent sur le chantier, pose de quatre escaliers au lieu de deux pour isoler montée et descente, accès automatisés…

Ce chantier de grande envergure, programmé jusqu'en 2030 (mais devrait s'étendre encore pendant quelques années), nécessite le concours pérenne de l'État, des collectivités territoriales. Afin de préserver l’utilisation festive de ce monument vivant qui accueille chaque année plus de 350 000 touristes et des manifestations de grande ampleur, il a fallu établir un planning de mise en œuvre particulièrement précis pour coordonner l'intervention de tous les corps de métiers.

(Photo Anthony Maurin)

Pour Georgina Dufoix, présidente de la Fondation Internationale pour les Monuments Romains de Nîmes " Nous sommes heureux de pouvoir participer, aux côtés de la Ville et de l’ensemble des collectivités publiques, à ce très ambitieux projet de restauration de l’amphithéâtre de Nîmes. Grâce au concours des donateurs et mécènes qui nous ont rejoints, particuliers et entreprises, la Fondation veillera tout au long de ce chantier exemplaire non seulement à fédérer un nombre toujours plus important de soutiens mais aussi à participer à la collecte, la sauvegarde et la mise à disposition de toutes les données concernant le talent, la science et les techniques mis en œuvre par les bâtisseurs de l’Antiquité et par ceux qui, au fil du temps, se sont efforcés de l’entretenir ou simplement de le tenir debout. "

Pour donner un exemple, le coût total de la restauration des façades de la Maison carrée était de 2 747 750 millions d'euros HT et la Fondation Internationale pour les Monuments Romains de Nîmes a participé à hauteur de 329 730 euros H.T ( soit 12 % du prix H.T des travaux). Pour les arènes, le montant total des travaux est estimé à 54 millions d'euros HT...

Pour donner à la Fondation c'est par ici si vous voulez le faire en ligne, sinon, c'est par là au 04.66.76.71.17. Avec votre don, bénéficiez d'importants avantages fiscaux. 66 % à déduire de votre impôt sur le revenu, 75 % de votre IFI ou 60 % de l'impôt sur les sociétés.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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