A la uneActualitésSociété

NÎMES Le dernier combat de Gilou

Une photo pleine de soleil et pourtant Gilou était déjà malade. Nous étions alors le 25 décembre 2019... Un an avant sa disparition (Photo Arlette Chavanieu).

Gilou est parti mais il lui reste un combat à mener. À lui et à ses proches qui ne veulent ni bafouer son souvenir ni occulter les derniers instants de sa vie.

Il n'était pas très grand et pas bien épais mais il parlait avec la force et la vigueur de ses idées d'homme libre. Toujours, tout au long de sa vie, jusqu'à la fin. Gilles Moran n'est plus mais son souvenir ne saurait être effacé par ces quelques semaines qui l'ont vu mourir à petit feu, sans que personne n'y puisse rien faire.

Gilles s'est éteint le 24 décembre dernier. Nîmois de coeur après son mariage avec Arlette Chavanieu, il était Arlésien de naissance et est mort des suites d’un cancer généralisé. Ses obsèques ont lieu ce 29 décembre, à 17h, au crématorium de Nîmes.

Un cancer de plus dans une société qui cache la mort, qui l'élude. Mais Gilou ne voulait pas mourir dans l'anonymat hospitalier. Il tenait à informer tous ses amis qu’il ne désirait ni fleurs ni couronnes pour l’accompagner, " hormis peut-être un peu de Saladelle ou de roseaux de Camargue " (sic). Non, rien à redire, il préférait demander à tous ceux qui en seraient d’accord que des dons soient envoyés directement à l'Institut Paoli Calmettes à Marseille. Un établissement qui l’a accueilli et aidé de la façon la plus humaine qui soit.

Adhérez à l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité "

Avant de partir il a voulu laisser un message. Des convictions, certes, mais aussi un espoir. Une vibrante envie de faire changer la société car adhérer à une association comme celle dont Gilou va vous parler n'est pas une chose anodine.

Après avoir courageusement lutté jusqu’à la limite de ses forces, Gilles Moran avait conscience de la fin difficile qui l’attendait. Depuis plusieurs années il adhérait à l’ADMD, une association qui milite pour une loi de liberté face à la mort. Il refusait d’être " un mort vivant, décharné sur un lit ".

Mais pour ses proches comme pour lui, les problèmes étaient multiples et les enjeux grandissaient au fil de l'avancement de la maladie. Les familles Moran-Hardouin, Chavanieu-Lucas et Mota-Perrenoud tiennent donc à faire passer le message de Gilou.

" Il faut savoir que les lois françaises ne permettent pas de choisir librement une fin digne, mais surtout radicale. Déjà, certaines choses ont évolué, et l’on pourrait se satisfaire de voir partir son proche dans une relative sérénité à partir du moment ou des médicaments antidouleur lui sont administrés. Cela tient de l’hypocrisie, puisque cette pratique permet d’occulter la réalité : tant que la personne sous sédation n’a pas définitivement expiré, elle meurt des dégâts supplémentaires administrés à son corps par le manque d’eau et de nourriture. Et comme personne n’est revenu pour relater son expérience, on ne sait pas si la personne qui a déjà suffisamment souffert, n’entends vraiment plus rien, ne ressent vraiment plus rien. Alors, lorsque l’heure a sonné, arrêtons de nous voiler la face, regardons la mort en face, comme un  matador le fait face à un toro bravo, et choisissons notre dernière liberté : notre mort. "

Pour parvenir à cette étape, l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) est un soutien exceptionnel. Aide à la rédaction de directives anticipées, conservation de ces directives, soutien psychologique et même appui technique lorsqu’une famille, déjà dans la peine, se heurte à un corps médical sinon frileux, mais surtout mal informé des possibilités offertes par la Loi. L'adhésion coûte 26 euros par an (47 euros pour un duo) et elle permet de consolider le bloc des militants qui oeuvrent tout au long de l’année, au niveau national, régional et local. Gillou et sa famille vous invitent à adhérer pour que le combat continue encore et toujours.

Institut Paolo Calmettes, 232 Boulevard de Sainte Marguerite - BP 156 - 13 273 Marseille CEDEX 9. Par Internet, rubrique « faire un don ». Par chèque, libellé à l’ordre de l’Institut Paoli-Calmettes.

Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.  Par chèque à l’ordre de l’ADMD, rempli, daté et signé, accompagné d’un formulaire accessible sur Internet, voire un mot manuscrit comportant vos noms, prénoms, coordonnées postales et téléphoniques. À l' ADMD, 130 rue Lafayette 75 010 Paris.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité