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FAIT DU SOIR Quand une école de quartier érige une barricade…

La partie rehaussée (Photo Anthony Maurin).
Le avant-après de la clôture de l'école Georges Bruguier (Photo Anthony Maurin).

" On barricade l'école ! " pouvait on entendre ces derniers jours au Chemin Bas d'Avignon à Nîmes. Barricader une école ? Quelle école ? L'école Georges-Bruguier, celle dont on parle depuis des lustres car les problèmes y sont récurrents.

Georges Bruguier était un homme politique, un guerrier de la Première Guerre mondiale et un résistant de la Seconde. Comme lui, son école résiste à la pression des nouveaux visages qui terrorisent... le quartier du Chemin Bas d'Avignon.

Certains pensaient que les enfants allaient être enfermés, quasi cloîtrés, après ces travaux. Bon, on n'en sera pas encore à ce niveau mais disons clairement qu'à partir du moment où l'on barricade les écoles, pour les élèves, le signe envoyé n'est jamais trop symbole de sérénité. " Suite aux événements survenus le 4 décembre où trois individus cagoulés et armés, poursuivis par la police, se sont introduits dans l’école G.Bruguier, nous avons organisé plusieurs réunions avec le rectorat d’académie, les directeurs du groupe scolaire et les personnels enseignants. Ce travail de concertation a permis de définir les travaux nécessaires à la sécurisation des cours d’école que la Ville lance le 11 janvier " explique Véronique Gardeur Bancel, adjointe déléguée à l’enseignement scolaire.

La nouvelle palissade (Photo Anthony Maurin).

" Je suis contente que ces travaux soient enfin réalisés ! Ça fait des mois que nos enfants voient des choses qu'ils ne devraient pas voir et qu'ils croisent des gens qu'ils ne devraient pas croiser, confie Gloria, une maman d'élève. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase c'est quand les jeunes se sont introduit dans l'enceinte de l'école. Nous avons manifesté. Le maire nous a entendu et les travaux ont enfin lieu. "

Une palissade plus haute pour sécuriser

La partie rehaussée (Photo Anthony Maurin).

En tout, la société Créa Fer, qui réalise les travaux, a apporté avec elle quelque 86 panneaux, des modules d'1,25m de large sur 2,5m de haut. L'ensemble atteint en hauteur les 3 mètres en partant du sol. " Nous sécurisons l'école avec une partie où nous rehaussons les grillage et un autre ou nous déposons et installons directement la nouvelle palissade sur toute la hauteur, expliquent les trois salariés de la société de Saint-Hippolyte-du-Fort. Il y a une platine ancrée dans le béton du sol et les modules sont vissés les uns aux autres. Pour assurer une meilleure solidité, nous allons installer des braquants, des bras qui viendront s'arrimer au sol, en diagonale de la palissade tous les deux modules. "

Depuis lundi et jusqu'à la fin de la semaine (voire après quelques retouches si nécessaire la semaine prochaine), les grilles seront montées. Mandatée par la Ville pour ce genre de travaux, Créa Fer a l'habitude de bosser à Nîmes : " Nous travaillons beaucoup avec Nîmes. Ici, à l'école, tout se passe bien pour nous. Le directeur est sympa, les parents d'élèves ont applaudi quand ils ont vu arriver les palissades et la police municipale vient régulièrement nous demander s'il y a de problèmes mais tout se passe bien, vraiment. "

Un sentiment d'enfermement ?

" L'essentiel, c'est surtout que les dealers ne pénètrent plus à l'intérieur de l'école, ajoute la mère de famille. J'ai remarqué que mon fils et ses copains étaient plus excités quand il y avait tous ces problèmes. Les vacances ont fait du bien et savoir que les travaux seront bientôt finis est un soulagement. On peut voir à travers les grilles qui sont un peu plus hautes mais pas oppressantes. c'est une solution qui peut fonctionner. "

Un autre bout de la partie rehaussée actuellement en cous de peinture (Photo Anthony Maurin).

Et une autre maman de conclure : " Tous mes enfants sont passés par cette école et au fil du temps tout s'est dégradé dans le quartier. Avant les gens étaient pauvres mais heureux de vivre ensemble. Maintenant, on emmure nos enfants pour éviter qu'ils aient des problèmes alors que c'est le contraire qu'on devait faire... Je sais qu'on voit à travers cette grille mais c'est quand même gênant que nos enfants doivent connaître ce sentiment d'enfermement alors qu'ils n'y sont pour rien ! "

Coût total de l'opération, 40 000 euros.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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