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BEAUCAIRE Retrait des repas de substitution dans les cantines scolaires : la décision du tribunal mise en délibéré

Au Tribunal administratif de Nîmes (Photo d'illustration : Anthony Maurin)

Le tribunal administratif de Nîmes examinait ce mardi 26 janvier 2021 la requête de la Ligue des droits de l'homme et de l'association de parents d'élèves, FCPE du Gard, opposées au retrait des repas de substitution au porc dans les cantines de la ville de Beaucaire. 

Saisi par la LDH et la FCPE du Gard, le tribunal administratif  de Nîmes doit se prononcer sur le retour ou non des repas de substitution dans les cantines des cinq écoles beaucairoises. Instauré en 2009 par Jacques Bourbousson, maire de Beaucaire en ce temps-là, le dispositif alternatif concernait alors 150 menus sur les 600 servis dans ces cantines.

Son successeur, Julien Sanchez avait annoncé le 1er janvier 2018 dans un encart du journal municipal, la fin des repas sans porc, les qualifiant « d’anti-républicains. » L'émoi suscité par cette décision avait été immédiat. En octobre 2018, les juges du tribunal administratif de Nîmes avaient déjà prononcé  « l’illégalité de la décision » du maire sur la forme, en l’absence « de décision formalisée » (par le conseil municipal, NDLR).

Ce mardi 26 janvier, lors de l'examen de ce dossier sur le fond, le rapporteur public a demandé l'annulation de la suppression des repas de substitution, une décision votée le 28 juin 2018 en conseil municipal. "Aujourd'hui la décision contestée est fondée sur une vision dévoyée de la laïcité. Le rapporteur public a indiqué que c'est pour cela que ce devait être annulé", explique le conseil de la LDH et de la FCPE du Gard, Sophie Mazas. Un principe de laïcité qui viserait à exclure des gens, ce n'est pas possible. Il y a une autre question qui se pose : l'intérêt supérieur de l'enfant. Ce dernier doit primer dans toutes les décisions d'administration. On ne peut pas faire payer aux enfants des débats d'adultes. À ce moment-là, si jamais il y a des décisions qui sont maintenues ou qui sont prises à nouveau en violation de cet intérêt, on sera là."

"Ça me rappelle l'apartheid et je m'y refuse"

"C'est aberrant, a lâché le maire Rassemblement national sur le parvis du tribunal administratif, en réaction aux conclusions du rapporteur public. Pour mettre en place ces repas de substitution il faudrait du personnel en plus et créer un self dans les cinq cantines. Nous avons fait une étude, cela coûterait plus d'1,2 million d'euros, ce qui représente plus de 50% de nos investissements annuels."

Accompagné de son avocate, Me Sylvie Josserand, le premier édile beaucairois l'assure : "Il n'y a pas de solution pour mettre en place ces repas de substitution si ce n'est de séparer les enfants : les musulmans d'un côté, les non-musulmans de l'autre. Et ça, ça me rappelle l'apartheid et je m'y refuse. La commune de Beaucaire est dans le respect du droit." La décision a été mise en délibéré et il faudra donc attendre une quinzaine de jours pour connaître le jugement du tribunal administratif de Nîmes.

Stéphanie Marin

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