Faits Divers

GARD Accusé d’avoir touché le sexe d’un enfant de 5 ans, le SDF invoque une « pratique roumaine »

Me Fahd Mihih a obtenu la relaxe. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Me Fahd Mihih a obtenu la relaxe. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Me Fahd Mihih a obtenu la relaxe. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Un sans domicile fixe de 50 ans, né en Roumanie, était jugé ce mardi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour une agression sexuelle sur un enfant de 5 ans. Il a été relaxé.

L’affaire part d’un bon sentiment. Un peu avant 18h, ce jeudi 21 janvier, un petit garçon de 5 ans sort d’un supermarché de Saint-Laurent-des-Arbres avec sa mère et la cousine de celle-ci. Généreusement, sur les conseils des adultes, l’enfant apporte un sac de provision à un SDF, prénommé Iancu, qui fait la manche devant le commerce. Pour le remercier, ce dernier lui fait un « check ». C’est à ce moment-là que deux versions s’affrontent. D’après les deux femmes et l’enfant, le marginal aurait touché le sexe du petit garçon. Iancu, lui, a d’abord expliqué pendant sa garde à vue qu’il s’agissait d’une « pratique roumaine » avant de soutenir qu’il voulait seulement jouer avec l’enfant.

C’est ce qu’il a maintenu ce mardi à l’audience. Par le biais d’un traducteur roumain, il explique qu’il a « voulu faire Donald » et imite même le célèbre canard comme pour convaincre le président Jean-Michel Perez. Il clame ensuite son innocence : « Peut-être que je l’ai touché, mais ce n’était pas intentionnel, je voulais le mettre sur mes genoux », explique-t-il.

Lors de l’examen de sa personnalité et de son casier judiciaire qui comporte deux anciennes condamnations pour des violences, le juge évoque une affaire qui s’est déroulée un mois plus tôt sur le parking d’un autre supermarché, à Rochefort-du-Gard cette fois. Le quinquagénaire aurait montré son sexe à deux jeunes femmes, mais l’affaire n’a pas été plus loin puisque Iancu a été déclaré pénalement irresponsable et interné en hôpital psychiatrique.

Pour le procureur, Romain Domingues, il n’y a pas de doute possible : « Cette agression sexuelle a bien été commise et l’intention est bien réelle », assure-t-il avant de requérir 2 ans de prison contre Iancu qu’il qualifie au passage de « dangereux ». Seulement, pour Me Fahd Mihih, l’avocat du quinquagénaire, l’affaire n’est pas si simple : « Nous sommes sur le terrain de la méprise. Ce qui me conforte dans ma position, c’est que les faits ont été commis au vu et au su de tout le monde ». Autrement dit, si son client avait voulu faire quelque chose de mal, il aurait au moins pris la peine de se cacher. Il demande donc la relaxe au bénéfice du doute et invite le tribunal à ne pas « céder à la tentation de l’émotion ».

À l’issue du délibéré, celui-ci va dans son sens : « Le tribunal n’a pas été convaincu de l’intention perverse », argumente le juge. Iancu est donc relaxé. Les parents et proches du petit garçon, présents à l’audience, sont révoltés et crient au scandale, menaçants au passage l’avocat et son client de représailles. Le parquet a décidé de faire appel de cette décision.

Tony Duret

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

Articles similaires

2 commentaires

  1. C’est incroyable ça !!
    Je me demande pourquoi les juges n’appliquent jamais les lois quand s’agit d’agression sexuelle….
    Étrange, pourquoi vouloir minimiser tout ces faits ??….

  2. C est une excuse de pratiquer ainsi en roumanie ; c est comme si les tournantes dans les caves des hlm , comme pratique venue d ailleurs, étaientt excusables aux yeux des juges.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité