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ALÈS Arnaud Bord, lors de la réunion de rentrée du Parti socialiste : « Cet imbroglio renvoie une image désastreuse à la population »

Une conférence de presse sous forme de réunion de rentrée 2021 pour le Parti socialiste alésien. (Photo Corentin Migoule)

Lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi matin dans les locaux de la section alésienne du Parti socialiste, les militants ont, en plus d’une présentation rapide des vœux à la population, interpellé les médias sur plusieurs thématiques qui font l’actualité locale.

Sur invitation du trésorier de la section alésienne du Parti socialiste, le conseiller municipal d’opposition à la mairie d’Alès, Arnaud Bord, la presse avait rendez-vous au 36 rue de la Cavalerie ce vendredi matin. Après une brève présentation des vœux à la population, Christophe Clauzel, secrétaire de section, considérait cette réunion « obligatoire » pour envoyer « un message positif. »

En moins d’une demi heure, les militants socialistes ont eu l’occasion d’affirmer leur position, parfois très tranchée, sur un certain nombre de dossiers qui font l’actualité alésienne, trois en l’occurrence, avant de laisser libre cours aux questions des journalistes.

« Une manœuvre de politique politicienne »

Le premier d’entre eux, pris à sa charge par Christiane Thomas, concernait - évidemment - la situation sanitaire. « On ne peut que faire le constat d’une situation préoccupante », abondait l’enseignante qui fêtera ses 15 ans d’adhésion au PS alésien. Et d’ajouter : « Il y a un retard dans la stratégie vaccinale ainsi que dans la course à l’épidémie, pourtant le Parti socialiste avait interpellé le Gouvernement à ce sujet en septembre dernier. » Un courrier resté lettre morte.

Réclamant plus de confiance de la part de l’État envers les élus locaux qui, « comme Carole Delga sont prêts à prendre leurs responsabilités dans la campagne de vaccination », Christiane Thomas déplorait une « manœuvre de politique politicienne » à l’échelle locale. Il fallut alors une question de notre confrère de Midi Libre pour qu’elle nomme enfin celui qu’elle tient pour responsable : le président d’Alès Agglomération, Christophe Rivenq. Il lui est notamment reproché par le PS d’avoir organisé « à plusieurs reprises » des points presse pour dénoncer le couac du lancement du centre de vaccination de la Prairie.

Arnaud Bord parlait lui d’un « énorme malentendu », prenant fait et cause pour la préfecture du Gard, qui n’avait conçu qu’un « transfert des doses du centre hospitalier vers le centre de vaccination », et « en aucun cas promis l’ouverture de deux centres de vaccination sur Alès. » Celui qui est par ailleurs président du conseil des prud'hommes d'Alès, rappelant que « la vaccination, surtout dans ce contexte sanitaire tendu, n’est pas la vocation première » du CHAC, regrettait cet « imbroglio qui renvoie une image désastreuse à la population. » L’élu d’opposition à la mairie d’Alès imputait cependant le couac de la campagne vaccinale au Gouvernement, « le réel responsable. »

« Des centaines d’emplois sont sous respiration artificielle »

Ce point abordé, Basile Imbert, secrétaire fédéral de la jeunesse du Parti socialiste et membre de la section d’Alès, n’a pas manqué de rappeler un contexte dans lequel « les mauvaises nouvelles sur le plan social vont s’accumuler. » Au regard de la souffrance des jeunes pendant cette période, Basile Imbert considérait que le Gouvernement « fait de l’enfumage » et qu’il aurait tout intérêt à accepter d’ouvrir le RSA (*) aux 18-25 ans.

Un volet social très vite rattaché au volet économique avec un recentrage à l’échelle locale amorcé par Arnaud Bord. « Les derniers chiffres du chômage sur le bassin sont en légère augmentation. Il y a une vraie réflexion à mener sur l’avenir économique alésien. On ne peut plus se satisfaire uniquement d’entreprises de pointe, de niche, avec quelques petits emplois spécialisés. »

À l’heure où il est « plus dur de créer des emplois que de les sauvegarder », le trésorier de section aimerait « placer son énergie à les sauvegarder. » Arnaud Bord faisait évidemment écho à l’avenir de plus en plus menacé du site alésien de l’entreprise Crouzet Automatismes, ainsi qu’à celui guère plus réjouissant de la société Merlin Gérin, propriété du groupe Schneider Electric. S’il « salue le soutien des élus locaux » qui ont multiplié les courriers et les réunions pour s’enquérir du devenir de ces deux entreprises, le conseiller municipal d’opposition déplorait « un résultat nul. » Ce dernier regrettait que les manœuvres pour jadis convaincre le PDG de Crouzet de rester à Alès n’aient pas été liées « à une préservation de l’emploi sur le territoire. »

Arnaud Bord a aussi eu « une pensée pour tous les commerçants, restaurateurs, barmans et hôteliers », secteurs où « des centaines d’emplois sont sous respiration artificielle » et pour lesquels « l’après crise n’a pas été assez bien préparé. »

« Des solutions peuvent être trouvées »

Bernard Vayssade, membre de l’Association des sinistrés du Grabieux s’est emparé du dernier "point chaud" de cette conférence de presse. Celui d’un scénario espéré par près de 180 familles concernées par le risque d’inondation sur le cours du Grabieux et de son affluent, le Bruèges, tombé à l’eau lors d’un comité de pilotage présidé par la maire d'Alès, Max Roustan, le 8 janvier dernier.

Alors que « la dernière réunion publique avait eu lieu le 1er juillet 2019, nous avons appris brutalement que le montant des travaux passait de 12 à 32 millions d’euros », expliquait Bernard Vayssade, par ailleurs ingénieur hydraulique. Ce dernier, mettant en cause le bureau d’étude qui « s’est chargé de cette estimation en se basant sur un avant-projet trop sommaire », voulait croire que « des solutions peuvent être trouvées » mais que ça demande « du temps, de l’argent et de la détermination. » Une détermination dont manquerait « un peu » les élus locaux.

Corentin Migoule

* Revenu de solidarité active

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