Faits Divers

ALÈS Pour ne pas garder les enfants, le tyran domestique crève les pneus de la voiture de sa femme

La vice-procureure d Alès, Nathalie Welte
La vice-procureure d'Alès, Nathalie Welte. Photo Tony Duret / Objectif Gard

C’est un triste dossier qui a été examiné ce jeudi après-midi par le tribunal correctionnel d’Alès. Après douze ans de vie commune, une jeune femme a porté plainte contre son compagnon qui la dénigrait et la menaçait régulièrement.

Ce mardi 2 février, c’en est trop pour Mélanie (*). La jeune femme craque et vide son sac devant les gendarmes d’Anduze. Un sac plein à ras bord qu’aucune femme ne devrait jamais avoir à porter. Ce sont douze ans d’une relation très compliquée qu’elle livre aux militaires. Douze années de brimades, de mesquineries, d’insultes, « de violences psychologiques », résume la présidente, Bérangère le Boëdec.

Pendant toutes ces années, Boris, 33 ans, reprochait à sa compagne d’être dépensière, de « s’habiller comme une p… » ou d’être une « bonne à rien». Quand il boit trop, ce qui d’après plusieurs témoignages lui arrive assez souvent, ce maçon de profession lui jette du Pastis, du pain ou son Yop à la figure. Un jour, parce qu’il ne veut pas garder leurs trois enfants, il crève les pneus de la voiture de Mélanie qui voulait prendre l’air. Une autre fois, en 2019, après une nouvelle dispute, Mélanie claque la porte. Boris lui promet que si elle ose revenir, il l’attendra avec un sabre et un couteau. Et ça ne loupe pas ! Le lendemain, quand inquiète pour ses enfants elle rentre à son domicile, Boris patiente sur la terrasse avec un sabre et un couteau !

Les épisodes ne manquent pas et la victime, présente à l’audience, s’effondre à plusieurs reprises à la lecture des faits par la juge. Cette dernière lit enfin le témoignage accablant de leur petite fille de 10 ans : « Papa criait sur maman. Il me fait peur. Il dit à maman qu’il va lui mettre l’enfer ». C’est maintenant Boris qui pleure. « Je suis vraiment désolé, j’ai été un imbécile. Je suis juste maladroit. Et si on se remet ensemble, je lui pardonnerai », déclare-t-il la voix tremblante et sans réaliser qu’il n’est plus trop en position de choisir.

D’ailleurs celle qui est désormais son ex-compagne ne le croit plus, et par la voix de son avocate, maître Antoinette Dembele, elle fait savoir qu’elle ne souhaite plus qu’il l’approche. Une volonté partagée par la procureure Nathalie Welte : « Je vous demande de protéger madame », dit-elle avant de requérir 2 ans de prison dont 18 mois avec sursis. À l’issue du délibéré, le tribunal condamne Boris à 24 mois de prison dont 23 avec sursis pendant 2 ans. À sa sortie du mois de prison ferme, il devra se soigner et ne plus approcher la victime. Pour s’en assurer, le tribunal le contraint à porter un bracelet anti-rapprochement pendant six mois.

Tony Duret

* Le prénom de la victime a été modifié

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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