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FAIT DU SOIR Aux tribunaux de commerce, la crise ne saurait tarder à montrer ses effets

(Photo d'illustration)

Le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce a présenté son bilan national des entreprises (BNE) 2020, réalisé avec l’appui de l’Institut XERFI Specific.

Basé sur l'analyse des données des 5,5 millions d'entreprises immatriculées au registre du commerce et des sociétés, ce bilan dresse un état des lieux de l’activité entrepreneuriale durant l’année 2020 et révèle la situation paradoxale dans laquelle se trouve notre économie après presque un an de crise sanitaire.

Il établit une photographie complète de la situation de l’année écoulée des créations d’entreprises, des entreprises en difficulté et des radiations ainsi qu’une comparaison avec les données des deux précédentes éditions. La troisième édition de ce baromètre permet d'analyser la situation des entreprises en 2020, pour l’heure largement épargnées par la crise liée à la pandémie de covid- 19.

Une vague de défaillances repoussée

Les dispositifs de protection des entreprises mis en place par le Gouvernement ont produit leur plein effet en 2020. Ainsi, les exonérations de charge, le gel de l'état de cessation des paiements, le chômage partiel, les prêts garantis par l'État ou bien encore le fonds de solidarité ont permis de préserver les trésoreries des entreprises et d'absorber l'impact de la crise sur les défaillances d'entreprises.

Alors que la récession frappe l'économie française et malgré une activité continue des tribunaux de commerce et de leurs greffes, seulement 27 645 procédures collectives sont ouvertes en 2020, soit une chute de 37,5% par rapport à 2019. Il est toutefois à noter qu'une part croissante des défaillances d'entreprises aboutit à une liquidation judiciaire, passant de 73,5 % en 2019 à 77,5 % en 2020, au détriment des procédures de redressement et de sauvegarde. Une dynamique qui traduit une complexité et une irréversibilité grandissantes des situations des entreprises en difficulté.

L'entrepreneuriat dynamique est porté par le transport et le commerce

Malgré l'incertitude liée à l'avenir de la situation économique post-covid, les Français ont largement continué à entreprendre en 2020. Après un net ralentissement observé lors du deuxième trimestre 2020, le rythme des créations d'entreprises s'est accéléré dès la fin du premier confinement, pour finalement aboutir à un nombre total d'immatriculations supérieur à 2019.

Ainsi, 469 044 entreprises ont été créées en 2020, soit une augmentation de plus de 2 % et 10 000 immatriculations supplémentaires par rapport à 2019. Un nouveau record qui semble traduire un optimisme persistant des créateurs d'entreprises en 2020.

Avec plus de 50 000 créations d'entreprises et une progression de +24 % par rapport à 2019, le transport figure en tête des secteurs les plus dynamiques de 2020. Le secteur est particulièrement porté par la livraison à domicile, dont les immatriculations croissent de 38 % par rapport à 2019, représentant à elles seules près d'un dixième du total des nouvelles inscriptions au registre du commerce et des sociétés. Le commerce figure sur la deuxième marche du podium et voit ses immatriculations progresser de plus de 7 % par rapport à 2019 : le développement du e-commerce séduit de plus en plus d'entrepreneurs.

Une situation très précaire pour les entreprises

Cette situation paradoxale, avec des indicateurs en trompe-l’œil par rapport à la situation économique et financière réelle du pays, risque toutefois de laisser place à une explosion des défaillances d'entreprises en 2021, à mesure que les dispositifs d'aide cesseront de faire effet, et que les entreprises déjà en difficulté avant la crise viendront s'ajouter à celles frappées par la crise sanitaire.

" Si nous pouvons nous féliciter d'avoir remporté une première bataille contre la vague de défaillances qui s'annonçait, le chemin que nos entreprises vont désormais devoir tracer s'annonce des plus périlleux, souligne Sophie Jonval, présidente du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce. C'est pourquoi nous invitons aujourd'hui les chefs d'entreprises qui pressentent des difficultés à se rendre au plus tôt au tribunal de commerce, afin de pouvoir bénéficier de procédures préventives qui leur permettront de sauvegarder leur activité et leurs emplois. "

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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