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SAINT-VICTOR-DE-MALCAP « Ohmysweater » : la marque de vêtements d’un jeune gardois se porte bien

Romain Gaillard (à gauche), et son frère, Fabian, jouent fréquemment les mannequins pour alimenter le site et la page Instagram. (Photo Corentin Migoule)
Romain Gaillard (à gauche), et son frère, Fabian, jouent fréquemment les mannequins pour alimenter le site et la page Instagram. (Photo Corentin Migoule)

Romain Gaillard vient de fêter ses 24 ans et avec lui, sa marque de vêtements a vieilli d’un an. Créé le 29 janvier 2020, jour de son anniversaire, son site de vente en ligne a déjà séduit bien au-delà des frontières cévenoles et poursuit son développement.

C’est au cœur du somptueux domaine de l’Abeiller à Saint-Victor-de-Malcap, au nord d’Alès, que Romain Gaillard nous reçoit. Le jeune homme, qui fêté ses 24 ans il y a quelques jours, y séjourne à l’année avec son petit frère, Fabian, et ses parents, qui gèrent le camping. Un retour au domicile familial qui s’est opéré fin 2019, lorsque le fonctionnaire de police, en exercice à Marseille, a présenté une lettre de démission à sa hiérarchie : « J’avais fait le tour du métier. Je me suis rendu compte que ça ne me convenait pas. »

Animé d’une fibre artistique depuis l’enfance qui lui confère un certain talent de dessinateur, le jeune cévenol s’est décidé à en faire son métier à son retour de la cité phocéenne. En octobre 2019, le projet de création de sa marque de vêtements émerge et voit le jour trois mois plus tard, avec le lancement de son site internet baptisé "Ohmysweater". « Au début ça a très bien marché car tous mes amis ont joué le jeu en passant des commandes », se souvient Romain Gaillard, qui reconnaît que le reste de l’année a été « en dents de scie », très dépendant « des nouvelles sorties. »

Un autodidacte minutieux

Car le jeune homme au look soigné ne cesse jamais de se renouveler, toujours à l’affût des tendances du moment. Après s’être rassuré en proposant des classiques du prêt-à-porter avec des tee-shirts disponibles en noir et en blanc, le Cévenol a diversifié son offre. Des sweats ont ainsi été mis en ligne, toujours frappés du logo qu’il a lui-même créé. L’été dernier, sa collection de casquettes et de shorts de bain a « bien fonctionné », presque autant que les bobs, qui font un retour fracassant sur les têtes des jeunes de cité (mais pas que) depuis quelques mois.

Disposant de son propre matériel de sérigraphie et d’un plotter de découpe, Romain Gaillard est un autodidacte qui s’est formé à coup de tutoriels sur Youtube et par une pratique répétitive dans son petit bureau aménagé, à côté de sa chambre. Ce dernier se souvient des nombreux couacs dans l’impression qui, si elle n’est pas « nickel », finit par un jet du tee-shirt à la poubelle. « Il y a tellement de marques qui proposent des produits de qualité que je ne peux pas me permettre d’être négligent, surtout au vu du prix de mes tee-shirts (un peu plus d’une trentaine d’euros, NDLR) », concède le jeune entrepreneur.

Le flocage d’une pièce lui prend en moyenne « entre 35 et 45 minutes » au cours desquelles Romain Gaillard fait appel à sa minutie et à sa dextérité. Ce qui lui plaît le plus dans son nouveau métier, c’est « la création », phase durant laquelle l’ancien policier mobilise tous ses souvenirs nés de ses multiples voyages au quatre coins du monde. « C’est la raison pour laquelle j’ai préféré acheter mes tee-shirts unis, vierges, pour y faire ce que je veux dessus », résume-t-il, en évoquant la grande influence d’un géant espagnol du prêt-à-porter. « Je me suis beaucoup inspiré de ce que fait Zara car tous les Zara du monde sont différents en fonction des pays », admet celui qui a visité l’Arabie Saoudite, les États-Unis et le Brésil, entre autres.

Des commandes du monde entier

« J’ai toujours aimé le côté décontracté des Américains et j’aimerais l’exporter en France. Ça me ferait plaisir que les gens s’habillent vraiment comme ils en ont envie », résume Romain Gaillard, qui trouve par ailleurs « kiffant les filles qui s’habillent avec des vêtements de garçons. » Car sa collection de vêtements n’est pas exclusivement masculine. « Les filles peuvent facilement s’approprier mes modèles qui sont a priori réservés aux garçons », promet le Saint-Victorois, qui leur avait même concocté un modèle spécial à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

En un an, « plus de 500 personnes différentes ont déjà commandé » sur le site du très populaire entrepreneur, qui a des amis partout. « Mes clients sont essentiellement d’Alès et de Montpellier, mais j’ai aussi reçu des commandes de Dubaï, des Pays-Bas et une de Rio ! », s’amuse celui qui apprécie l’aide de son petit frère, Fabian, jouant parfois les mannequins pour alimenter la page Instagram. Romain Gaillard y est d’ailleurs très actif, car il ne connaît que trop bien les rouages de la communication et la force des réseaux sociaux.

Pour accélérer son développement, il avait un temps imaginé faire appel au service d’un influenceur, avant de renoncer à l’annonce des tarifs. Ce qui ne l’empêchera pas de profiter sous peu de la visibilité que va lui offrir un ami, Julien Coste, qui va prendre part à une célèbre émission de télé-réalité sur W9. « Il m’a promis de passer le plus souvent possible à l’antenne avec mes tee-shirts », se réjouit Romain Gaillard, qui ne s’interdit pas d’ouvrir un jour sa boutique de prêt-à-porter à Montpellier.

Corentin Migoule

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