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ROCHEFORT-DU-GARD Un court-métrage tourné ce week-end dans la cour de l’école du Vieux Moulin

Ce samedi 6 et dimanche 7 février, la cour de l'école du Vieux Moulin a été le théâtre d'un tournage. Celui du court-métrage "Attrapé" qui sera en lice pour la 11e édition du Nikon film festival. (Marie Meunier / Objectif Gard)

"Attrapé". C'est le titre du court-métrage réalisé par Julien Bernard et tourné ce week-end à l'école du Vieux Moulin, à Rochefort-du-Gard. Là où il a lui-même été scolarisé quelques années en arrière. Une fois monté, le film sera en lice au Nikon film festival.

C'est dimanche et pourtant, l'école rochefortaise grouille d'enfants. Ni mathématiques, ni français à l'ordre du jour mais plusieurs scènes à tourner. Une cinquantaine d'enfants figure au casting du court-métrage. "80% sont des enfants de la région et même de l'école du Vieux Moulin", atteste Julien Bernard, qui tenait à vraiment ancrer localement son projet. D'ailleurs, une cagnotte Leetchi a été lancée pour financer le making-of et les nombreux souvenirs photos et vidéos qui seront donnés aux jeunes participants et à leur famille.

Une cinquantaine d'enfants figure au casting. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Dehors, dans la cour de récréation, l'équipe de tournage peaufine les derniers préparatifs pour la scène : cadrage, son, placements des enfants... La météo n'est pas vraiment de la partie ce dimanche matin mais cela n'a pas l'air d'entamer la motivation des plus jeunes. "Vous, vous faites semblant de chanter", "Vous, jouez à trois petits chats, venez plus par ici". Tel un chef d'orchestre, Julien Bernard maîtrise les moindres détails pour que tout ce petit monde déroule sa partition sans encombre. Hors champ, une poignée de parents immortalisent le moment sur leur téléphone.

Julien Bernard, le réalisateur, briefe chaque enfant sur son rôle, avant d'enclencher la caméra. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Au centre du cadre, face à la caméra, deux écoliers jouent au policier et au voleur. Sauf que le jeu va trop loin, malgré les plaintes de l'enfant à terre, coincé sous le genou de son camarade. S'en suit un saut dans le temps où on est face à eux-deux mais adultes, dans la même situation, comme l'explique Mattéo, huit ans et demi, originaire de Toulon, qui n'en est pas à son premier casting : "Je joue le rôle de l'enfant qui se prend pour un policier. J'imite une scène violente, mon camarade me dit d'arrêter mais je ne lâche pas. Adulte, mon collègue policier me dit de le lâcher et je reprends finalement mes esprits."

"Beaucoup de ce qu'il se passe dans la cour de récré est un reflet de notre société"

Un sujet dur abordé au travers d'un jeu que les jeunes acteurs ont parfaitement compris. Islem, 8 ans, habitant Vedène dans le Vaucluse, joue le rôle de l'enfant maintenu à terre. Mat de peau, avec de longs cheveux bruns frisés, il a déjà subi des remarques de la part de ses camarades comme l'explique sa mère, Nabila : "Je lui ai expliqué ce qu'étaient les préjugés, les a priori puisqu'il m'avait raconté qu'il avait été confronté à de "pas très bonnes choses". Il comprend très bien ce qui se joue là."

"Attrapé" se déroule dans une cour de récréation. Deux écoliers jouent au policier et au voleur mais le jeu tourne mal... (Marie Meunier / Objectif Gard)

Après avoir passé 20 bonnes minutes à terre, sur le sol mouillé par la bruine, pour tourner la scène, Islem retourne à l'abri avec ses camarades pour décompresser avant les prochaines prises. "Mon objectif, c'est d'être chanteur, c'est pas tout à fait pareil qu'être acteur mais presque pareil. On fait de la scène dans les deux cas", nous lance le petit garçon. Son animatrice s'approche en riant : "Quant tu monteras les marches à Cannes, tu diras que c'est grâce à moi !"

Islem, 8 ans, résidant à Vedène dans le Vaucluse, a été choisi pour incarner un des personnages principaux du court-métrage, à la grande fierté de sa maman, Nabila. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Toujours à l'extérieur, Julien Bernard nous accorde quelques minutes au milieu du rush : "On a eu quelques problèmes techniques samedi, on rattrape". Âgé de 33 ans, ce jeune papa a eu l'idée de ce court-métrage grâce à sa fille de 20 mois : "L'actualité est marquée par le covid-19, la violence... On a tendance à oublier que les enfants sont des éponges et s'imprègnent de ce qu'ils voient. Beaucoup de ce qu'il se passe dans la cour de récré est un reflet de notre société."

À partir de ce dimanche soir, Julien Bernard et son équipe auront 10 jours pour monter le film de 2'20 puisqu'ils doivent l'envoyer le 17 février dernier délai au Nikon film festival. En effet, le projet du réalisateur gardois a été retenu par le jury de la 11e édition du festival du court-métrage, présidé par Éric Judor. Dès le 21 février, les internautes pourront voter pour leur court-métrage préféré. Les Gardois, on compte sur vous pour soutenir "Attrapé" !

Marie Meunier

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