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FAIT DU JOUR Quentin Vasseur veut exaucer le rêve de son frère adoptif : revoir son pays natal

Quentin Vasseur, 23 ans, a lancé une cagnotte en ligne pour financer le rêve de son frère adoptif, Nathan : retourner dans son pays natal, l'Inde. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Nathan Vasseur est un jeune Gardois de 25 ans qui a été adopté par une famille de Pont-Saint-Esprit. Il est handicapé moteur et cérébral et également atteint de thalassémie majeure, une maladie du sang affectant la production d’hémoglobine et faisant varier le taux de fer. Depuis quelques temps, son état de santé régresse. Un déclic pour son frère bagnolais, Quentin Vasseur, qui a décidé de lancer une cagnotte en ligne pour financer son rêve : retourner en Inde, son pays natal, le temps d'un voyage.
Au départ, leurs parents n’arrivaient pas à avoir d’enfant. Ils entament alors des démarches pour adopter Nathan, un petit Indien de 24 mois, abandonné à la naissance et recueilli dans un orphelinat de Bombay. Il trouvera son heureuse famille gardoise en janvier 1998 sur le tarmac de Roissy-Charles-De-Gaulle. Mais entre-temps, un petit miracle se produit et la maman tombe enceinte de Quentin, qui naîtra en mars 1998, deux mois après.
Mais la jolie famille connaîtra rapidement des déconvenues liées à la santé de Nathan. Il doit subir de lourds traitements pour surveiller et réguler son taux de fer dans le sang. Et cela passe par des transfusions, des opérations. À cela s’ajoute le handicap : « Mon frère a une main atrophiée. Il a du mal à s’exprimer. Il marche avec une canne et il a deux barres de fer dans les jambes », liste Quentin Vasseur. Encore aujourd’hui, Nathan doit se rendre toutes les deux semaines à l’hôpital. « Mon frère ne s’est jamais plaint de tout ça. C’est une leçon de vie et il peut inspirer plein de gens et donner de l’espoir aux enfants malades. »

"Mon frère m’a appris de grandes valeurs"

Pendant toute la maternelle, les deux frères étaient dans la même classe. La différence a pu les éloigner quand Quentin ne jurait que par courir derrière un ballon, alors que son frère ne le pouvait pas. Mais la différence les a aussi unis. « Le fait qu’il était handicapé, malade, noir et qu’il marchait avec une canne faisait que beaucoup de gamins l’embêtaient. Moi je me faisais disputer parce que je tapais sur ceux qui se moquaient de lui. Je ne trouvais ça pas juste, alors je le défendais, même si le garçon en face faisait trois têtes de plus que moi », raconte Quentin.
Il rebondit : « Sans le vouloir, mon frère m’a appris de grandes valeurs : combattre l’injustice et l’intolérance. Il m’a appris à ne pas juger les gens. Avec lui, j’ai grandi entouré d’enfants handicapés dans les hôpitaux. J’ai vu des choses peut-être pas adaptées à mon âge, mais aussi des choses incroyables. Ce sont des enfants qui n’ont rien pour eux, qui n’ont rien demandé mais quand ils nous regardent, ils semblent les plus heureux du monde. »
Cela fait quelques années que Nathan vivait dans un foyer pour personnes handicapées, entouré d’éducateurs. Depuis deux semaines, il a élu domicile à Nîmes, dans une résidence sécurisée mais où il a pu prendre plus d’autonomie encore. Fervent supporter du Nîmes Olympique, adepte du foot fauteuil, pratiquant la sarbacane, passionné de danse, le jeune homme « est loin de se laisser abattre », alors que quand il est arrivé en France, les médecins disaient qu’il ne dépasserait pas les 9 ans.

Un voyage comme preuve d'amour fraternel

Mais depuis quelques temps, sa santé se dégrade. « Dimanche dernier, c’était mon anniversaire. Je sentais que mon frère n’était pas dans son assiette. C’est quelqu’un de très expressif, toujours souriant, mais ce jour-là, il n’était pas là. Le mardi d’après, mon père m’a dit que ses derniers résultats n’étaient pas bons. Il va devoir refaire des soins qu’il avait fait à son arrivée en France, c'est pour dire... »
Pour Quentin Vasseur, c’est le déclic. Il va tout mettre en œuvre pour accomplir le rêve de son aîné : retourner en Inde, là où il est né. Quand il était adolescent, Nathan avait effectué quelques recherches pour tenter de retracer ses origines et retrouver ses parents biologiques. En vain. Mais le désir de retourner sur les terres qui l’ont vu grandir pendant ses deux premières années d’existence ne s'est pas éteint.
Le projet avait été souvent évoqué par sa famille mais jamais abouti. « Avec cette cagnotte, je veux montrer à mon frère que le voyage n’est pas tombé à l’eau. Je veux montrer qu’on n’a pas oublié », insiste Quentin. Ce dernier avait déjà calculé ce qu’il devait économiser par mois sur son salaire de commercial pour payer le voyage. Il a créé « un peu naïvement » cette cagnotte pour grapiller quelques mois.
Sauf que l’histoire de Nathan a beaucoup touché. En six jours, presque 1 900 € ont été récoltés sur les 3 000 € demandés. Des dons d’inconnus mais aussi du club de supporters nîmois où est inscrit Nathan ou de MobyLand où travaille Quentin Vasseur : « Mon frère est très ému. Il ne s’y attendait pas. On est encore plus prêts à s’investir à fond pour le projet. Son plus grand rêve est aussi devenu le nôtre, un rêve familial ». Si les dates de ce voyage ne sont pas encore connues, il est certain qu’il se fera. Quand Nathan ira mieux et quand le contexte sanitaire sera plus clément.

Marie Meunier

Vous pouvez faire un don sur la cagnotte en ligne en cliquant ici.

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