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FAIT DU JOUR "J’étais un petit con", les années lilloises de Pascal Plancque

L'actuel entraîneur du Nîmes Olympique Pascal Plancque a été joueur puis entraîneur à Lille (Photo Anthony Maurin)
Ce dimanche, Nîmes Olympique se déplace à 17h05 sur la pelouse de Lille pour la 30e journée de Ligue 1. Avant d’être un Croco, l’entraîneur nîmois Pascal Plancque a longtemps été un Dogue. Ce dernier revient sur sa période de joueur (1980-1987) où son talent lui aurait prédit une meilleure carrière. Puis Yohan Cabaye et Mathieu Robail évoquent sa période en tant qu’entraîneur de l’équipe réserve où il a contribué au succès d’une belle génération.
Chez les Plancque, le football c’est dans les gènes. "Mon papa était footballeur amateur d’un très bon niveau. Avec mon frère, on l’accompagnait à tous les entraînements et les matchs, on a été bercés là-dedans", explique Pascal Plancque. Ce dernier est né le 20 août 1963 à Cherbourg mais c’est à Calais qu’il grandit avant de déménager près de Lille en lien avec l’activité professionnelle de son père, "linotypiste à la Voix du Nord". Un métier qui consistait à composer et à fondre les caractères d’imprimerie par lignes.
Un signe que quelque part Pascal était voué à travailler avec les médias. Il tape dans ses premiers ballons au petit club de Lambersart avant d’intégrer le centre de formation de Lille à 15 ans. "À cette époque, j’étais un supporter de Saint-Étienne, ma chambre était toute verte. J’habitais à seulement quelques kilomètres du centre, j’allais en mobylette aux entraînements et je rentrais ensuite chez papa, maman car j’y étais bien mieux." Ironie du sort, c’est face à l’ASSE qu’il dispute son premier match en professionnel (D1) à seulement 17 ans. Devant plus de 30 000 personnes au stade Geoffroy-Guichard, Michel Platini et les siens s’imposent 3-1.
Il faut attendre quatre saisons pour que le Normand s’impose dans cet effectif qui vacille entre le ventre mou et le dernier quart du championnat. "J’étais catalogué comme un joueur créatif. Un numéro 10 avec de la vivacité et du dribble", détaille Pascal quand on lui demande de se décrire en tant qu’un joueur. En sept saisons sous le maillot nordiste (de 1980 à 1987), il évolue notamment aux côtés de son frère aîné Stéphane* ou encore avec Thierry Froger, ancien entraîneur nîmois (2011-2012), et dispute au total 108 matches en première division pour 10 buts marqués. Une période où il affrontera une seule fois Nîmes Olympique au stade Jean-Bouin, le 16 novembre 1983. Les deux équipes s’étaient neutralisées sur le score de 2-2.

"J'aimais bien passer du bon temps avec mes potes"

"J’étais un petit con, très immature. J’ai beaucoup manqué de rigueur et de discipline. Ce qui m’intéressait c’était de jouer au foot. Après en dehors, j’aimais bien passer du bon temps avec mes potes, je ne faisais pas toujours les sacrifices. Je me reposais sur mes qualités", poursuit l’actuel coach des Crocos en évoquant son comportement. Avec davantage de sérieux, il aurait pu prendre une autre trajectoire et viser plus haut. "J’ai eu pas mal de blessures, notamment une rupture du tendon d’Achille, qui sont certainement la conséquence de ce manque de rigueur", complète-il. L’hygiène de vie a toujours une place importante dans la carrière d’un sportif de haut niveau.
Mais l’ancien meneur de jeu ne regrette pas son parcours, "je suis très fier de ma carrière de joueur même si je ne suis pas allé au bout de mes qualités de joueur hyper doué mais c’est comme ça. J’ai fait des conneries mais j’en ai tiré les leçons. J’ai travaillé dans l’ombre et tout ce que j’ai fait, je ne le dois à personne." Le Dogue jouera ensuite à Auxerre, Laval et Pau. C’est d’ailleurs dans les Pyrénées-Atlantiques qu’il débute sa carrière d’entraîneur en National avant de retourner à l’AJA en tant qu’éducateur au centre de formation. "C’était une super structure mais avec Guy Roux tout était planifié à l’avance. C’était répétitif et je n’y trouvais pas mon compte."

Rudi Garcia entouré des deux frères Plancque, Stéphane et Pascal [Photo via MaxPPP]
Alors il décide de répondre favorablement à l’appel de Jean-Michel Vandamme, son ancien coéquipier et directeur du centre de formation du Losc. L’ancien joueur se retrouve en charge de l’équipe réserve à partir de la saison 2002/2003. Parmi les jeunes joueurs en devenir, Yohann Cabaye, qui vient tout juste de mettre un terme à sa carrière à 35 ans. "Je repense à tout ce qu’il a fait pour moi, l’aide qu’il m’a apporté. Ces séances d’entraînement étaient fantastiques avec une grosse rigueur sur le terrain mais aussi des moments de rigolade. C’est ce qui fait toute son intelligence, d’être à la fois strict et relâché", commente l’ancien milieu passé également par Newcastle ou encore le PSG.
Sous les ordres aussi de ce formateur à la même époque, Mathieu Robail, joueur du NO de 2012 à 2015, est encore plus dithyrambique : "C’est l’un des meilleurs coachs que j’ai eu. Il avait cette facilité à être sérieux et assez détaché en dehors du terrain. J’en garde un très bon souvenir." Les mêmes qualités qui ressortent, celles d’un entraîneur juste et ouvert, toujours prêt à écouter les problèmes des uns et des autres dans un moment crucial pour ces jeunes pousses à la porte du monde professionnel. Tous les joueurs de cette époque auraient-ils le même discours positif ? "Je pense que sur dix joueurs, neuf diraient la même chose", assure celui qui a porté à 48 reprises le maillot de l’équipe de France. "J’ai entendu Adil Rami dire des éloges du coach Plancque, ça veut tout dire", complète Mathieu Robail.

"Je peux tous vous sortir, il n'y a que lui qui peut rester"

Un homme apprécié qui a façonné une génération dorée composée notamment de Cabaye, Debuchy, Rami, Chedjou qui deviendront champions de France en 2011, deux ans après le départ du club de Pascal. "Pour la plupart c’était des gamins du cru avec une identification au maillot lilllois et une envie exceptionnelle de réussir. Autant il y a des joueurs qu’il faut stimuler, recadrer, autant eux je n’ai jamais eu à intervenir", se souvient le principal intéressé. Yohan Cabaye se rappelle néanmoins d’un petit coup de gueule lors de la mi-temps d’un match : "On était à la rue sur la première période. On est revenu dans le vestiaire, il avait barré tous les noms au tableau sauf Debuchy et il nous a dit : "je peux tous vous sortir, il n'y a que lui qui peut rester". Ça nous a mis la rage et on a gagné."
Pascal Plancque ferait donc partie de ces coachs qui marquent et dont on garde un souvenir attachant. "Je passe actuellement mes diplômes d’entraîneur et je m’inspire de lui. Ça m’a beaucoup peiné quand j’ai vu que ça ne marchait pas pour lui à Niort et Boulogne-sur-Mer", reprend Mathieu Robail qui a envoyé un sms à son ancien coéquipier Anthony Briançon pour lui dire qu’il allait apprécier être sous les ordres de PP. "Il agissait un peu de manière paternelle, il a été très important dans ma carrière. Et je suis très heureux qu’il ait un projet en Ligue 1, il le mérite", achève Yohan Cabaye qui dévoile un tic de son ex entraîneur. "Il avait toujours une bouteille d’eau pétillante qu’il secouait avant de boire." "C’est fou comme les joueurs peuvent être marqués par des détails. J’aime bien l’eau pétillante mais pas quand il y a trop de bulles", répond le technicien nîmois sur ce dossier.
Pour l’ancien Croco, son ex formateur peut guider Nîmes vers le maintien, "il est en train de décomplexer certains joueurs. Il arrive à enlever la pression, à dédramatiser la situation tout en restant connecté." Reste à savoir si cela suffira. Après cinq ans à la tête de l’équipe réserve en CFA (2002 à 2007), il est promu entraîneur adjoint de Claude Puel puis de Rudi Garcia les deux saisons suivantes avant de vivre d’autres expériences. "Ça fait quand même beaucoup d’années que je suis parti, le stade, le président, le staff, les joueurs tout a changé. Mais c’est un club qui me tient à cœur et qui représente énormément de choses. Ce qui m’excite c’est de faire un coup là-bas", conclut le Dogue devenu Croco.

Corentin Corger

* Sollicité, Stéphane Plancque n'a pas eu l'autorisation du Real Madrid pour s'exprimer. Il est observateur pour le club espagnol depuis 2016. Contacté, Thierry Froger n'a pas répondu. 
Sa bio : Pascal Plancque. Né le 20 août 1963 à Cherbourg. Poste : meneur de jeu. Parcours professionnel, joueur : Lille (1980-87), Auxerre (1987-88), Laval (1988-90), Pau (1990-95). Entraîneur : Arin Luzien (1994-98), Pau (1998-99), Auxerre (U19, 2000-02), Lille B (entraîneur, 2002-07), Lille (entraîneur adjoint, 2007-09), Boulogne-sur-Mer (adjoint 2010/11 puis entraîneur 2011/12), Lens (centre de formation, 2012 à 2016), Southampton (adjoint 2016/17), Leicester (adjoint, 2017/18), Niort (entraîneur 2019-20), Nîmes Olympique (adjoint puis entraîneur 2021-).

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