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FAIT DU JOUR Avec la Halte paysanne, la vente directe a le vent en poupe

Cécile, Christine et Hernense font partie des productrices qui gèrent la boutique. Michel Gabach, l'ancien maire de Saint-Dionisy, est à l'origine du projet (Photo Corentin Corger)

Depuis lundi, la Halte paysanne a ouvert ses portes. Située à Saint-Dionisy, cette boutique directement gérée par 27 producteurs locaux permet de consommer des produits du terroir. Preuve que la vente directe a le vent en poupe : l'affluence lors des deux premiers jours d'ouverture.

"Financer des bâtiments et des terres agricoles pour une commune de 1 000 habitants, vous comprenez bien que ça a fait grincer des dents", dixit Michel Gabach, maire de Saint-Dionisy de 2008 à 2020. Il y a dix ans c’est lui qui porte l’idée de racheter neuf hectares de terres agricoles pour les mettre à disposition des "jeunes sans terres", c’est-à-dire ces nouveaux agriculteurs qui ne disposent pas de parcelles. Des lots aménagés et loués 1€ symbolique du m2. Sur une partie, le projet est de construire 700 m2 de bâtiment avec l’idée de proposer quatre locaux agricoles et un local commercial.

Le tout s’élève à 585 000 € (hors taxes) dont 450 000 € de subventions. Et comme toujours, le plus long et difficile c’est de trouver l’argent. Pour la partie point de vente, dans le cadre de l’aide à l’installation de commerces, cela a été plutôt facile avec le soutien de Nîmes métropole, le Département et la Région. Cela a été en revanche plus délicat pour trouver des aides pour les ateliers agricoles. Finalement, l’État et l’Union Européenne ont mis la main à la poche. Une longue période pour monter les dossiers de subvention ou encore convaincre les élus d’opposition mais l’ancien premier édile était déterminé à aller jusqu’au bout.

"Ne pas dépasser 80 kilomètres"

"Je vois des maires qui investissent dans des lotissements mais il ne faut pas négliger l’agriculture. Une agriculture saine c’est le meilleur des médicaments", confie Michel Gabach. Les travaux débutent le 25 juin 2020 et le 22 mars 2021 la Halte paysanne voit le jour. Un espace de 82 m2 dédié pour le moment à 27 producteurs et artisans locaux. "C’est le prolongement de notre activité", résume Christine Reus, productrice de figues et céramiste à Saint-Mamert-du-Gard. Car dans ce magasin on retrouve majoritairement des produits alimentaires mais aussi des objets issus de l’artisanat local : des sacs à main, des objets en bois et donc des pièces en céramique.

La file d'attente était assez longue ce mardi matin à la Halte paysanne (Photo Corentin Corger)

Une petite surface où on retrouve de l’huile d’olive produite à Saint-Côme-et-Maruéjols, du vin issu de Fontanès, Souvignargues et Sommières, du miel d’Aujargues ou encore de la châtaigne, sous toute ses formes, qui provient du village de Le Collet-de-Dèze.

Un des seuls produits qui ne vient pas du Gard sur tous ceux que nous avons vu lors de notre passage ce mardi matin. "Pour être considéré comme local, cela ne doit pas dépasser 80 kilomètres à vol d’oiseau", explique Christine. Des productions locales vendues à la Halte qui vont permettre aux agriculteurs d’écouler leur marchandise à un prix correct et à la clientèle de consommer près de chez elle à un tarif abordable.

Des plantes aromatiques de Clarensac, des tisanes de Calvisson, du fromage de chèvre d’Uchaud, des soupes, des terrines, des confitures ou encore de la viande (bœuf et porc) de Saint-Laurent d’Aigouze sont également commercialisés. Ce produit a la cote depuis l’ouverture tout comme les fruits et légumes ainsi que le pain.

"On a comptabilisé 177 clients pour le premier jour. On ne pensait pas en avoir autant. Après il y a aussi une grosse part de curiosité", confie Michel Gabach. La nouveauté attire mais la vente directe a le vent en poupe d'autant plus en cette période de crise sanitaire avec une prise de conscience de consommer près de chez soi. "On espère que ça ne se calmera pas", sourit Cécile, qui fabrique des sacs à main.

"85% des producteurs présents travaillent en bio"

La particularité de ce lieu c’est qu’il s’agit d’une boutique de producteurs tenu par les producteurs eux-mêmes. Ils ne se contentent pas de mettre à la vente leurs produits, ils endossent aussi la casquette de vendeur. À raison d’une journée de permanence par mois qui pourrait être doublée en cas de forte affluence.

Les 27 producteurs sont rassemblés dans une association intitulée "Vaunage Terres Durables" qui gère le fonds de commerce et loue les murs à la mairie de Saint-Dionisy, le propriétaire. Pour intégrer la Halte paysanne, il faut répondre à certains critères. Évidemment d’abord, être producteur, c'est à dire ne pas faire de l’achat revente, être à proximité et "travailler proprement", pour reprendre la formule de Christine Reus.

Un lieu dédié aux producteurs d'ici ! (Photo Corentin Corger)

"85% des producteurs présents travaillent en bio", assure Michel Gabach. Ce n’est pas une condition essentielle pour voir ses produits mis à la vente mais la plupart fonctionne en agriculture biologique. Chaque adhérent a vu son dossier étudié en Conseil des producteurs.

Quelques-uns ne répondant pas aux critères ont été refusés et cinq, six tapent à la porte mais avec le démarrage de la boutique l’association veut attendre quelques semaines avant d’élargir sa gamme. "Ce matin, j’ai encore reçu un appel d’un boulanger qui voulait savoir comment ça se passait pour intégrer la Halte", explique Cécile, preuve que ces lieux sont bénéfiques pour la survie des petits producteurs.

Chaque agriculteur a payé un droit d’entrée de 500 € pour participer au financement des différents équipements. Les 12 000 € récoltés grâce à une cagnotte en ligne ont aussi permis d’acheter du matériel. Chaque producteur est rémunéré en fonction de la vente de ses produits mais il doit verser un pourcentage à l’association. Quote-part qui pourrait baisser en fonction de l’évolution de la société. Le lancement de la Halte paysanne a été un succès, reste à savoir maintenant si les habitants de la Vaunage vont se familiariser avec ce nouveau commerce de proximité.

Corentin Corger

La Halte paysanne. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 13h et de 15h à 19h, le samedi non-stop de 9h à 19h. Les jours fériés de 9h à 13h.

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Un commentaire

  1. Sauf que ça reste cher pour le consommateur et pour de la vente directe que nos agriculteurs tentent de mettre en avant pour vendre leur production à des prix défiants à priori toutes concurrences. Le consommateur et son porte monnaie ne s’y retrouvent pas ces magasins dits de vente directe et de produits locaux fleurissent et plus particulièrement en Vaunage … vu les prix pratiqués ce n’es réservé qu’à une clientèle aisée et de petites familles qui elles peuvent se permettre d’acheter au kg plus cher mais en quantité moindre …
    Chez Folco le boucher au sein de ce concept c’est hors de prix une côte de boeuf achetée = 45 euros elle pesait tout juste un kg elle n’a rien eu d’exceptionnel mais elle était quand même disons le correctement « bonne » on en trouve d’aussi bonnes à un prix inférieur. Les labels sont ce qu’ils sont pour autant ils ne maîtrisent en rien le bon rapport qualité prix . Le BIO c’est une vaste opération marketing et une mode ; qui ne permet que de marger mieux et non pas de manger mieux car à l’achat il y a beaucoup de déchets sur les fruits et légumes donc le rapport qualité-prix n’y est pas – Ces concepts ne sont que tendance mais les gens en reviennent regarder le mas des abeilles à NIMES regardez a ferme du Cantal dire que les produits y sont mauvais serait mentir mais quel prix faut il y mettre au Kg pour y accéder c’est la question essentielle que le consommateur d’hier d’aujourd’hui et de demain se posera toujours donc à nos producteurs en vente sans intermédiaire d’en tenir compte ce qui n’est pas le cas ils auront du mal à conquérir ce marché s’ils poursuivent en ce sens. . Merci de ne plus tout à fait prendre les consommateurs pour des blaireaux pour eux, seul leur porte monnaie les guide.

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