Faits Divers

ALÈS Sous la menace de « ses amis », le jeune de 16 ans vole sa famille pour ne pas avoir d’ennuis

Salle d'audience du tribunal correctionnel d'Alès. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Pendant près de six mois, un jeune homme de 16 ans a donné plus de 2 000€ et des bijoux à ses deux « amis » qui l’incitaient fortement à s’exécuter sous peine de représailles contre lui et sa famille.

« C’est le dossier de la trahison », indique le procureur du tribunal d’Alès, Cyrille Abbé. C’est aussi le dossier de la bêtise et de la jeunesse. Une affaire où plusieurs versions s’affrontent. Celle de la victime, un adolescent de 16 ans, qui admet dans un premier temps avoir donné de l’argent à ses deux copains qui lui avaient promis des « bénéfices » sans, prétend-il, savoir que les fonds étaient ensuite investis dans un trafic de drogue. Seulement, le temps passant, les deux copains, Yann et François, 18 ans tous les deux, sont devenus gourmands. Et leur cible, acculée, a fini par piquer dans le portefeuille de sa grand-mère ou par donner les bijoux de sa mère.

Dans le box du tribunal correctionnel d’Alès, ce jeudi après-midi, Yann et François n’ont pas la même vision. Le premier, deux mentions sur son casier judiciaire, n’est pas d’accord avec la description angélique de la victime : « Il savait très bien que l’argent qu’il m’a donné c’était pour de la drogue. Et je ne comprends pas pourquoi on me juge pour extorsion alors qu’il m’a tout remis de son plein gré », se défend-il. Son complice, François, au casier vierge et dont le rôle est plus mineur, fait dans l’entre deux. Il comprend que la victime ait pu avoir peur, mais ne trouve toutefois rien à redire à son comportement, ni à celui de son ami Yann.

« Vous devriez avoir honte », envoie maître Aurélien Vergani, l’avocat de la partie civile qui poursuit : « Ce que vous avez fait est abject, il avait trouvé chez vous ses deux seuls amis ». Pour la défense de Yann, maître Betty Noël plaide la relaxe. Pour elle, l’infraction « n’est pas caractérisée ». Quant à maître Florence Mendez, qui représente François, elle demande « la plus grande clémence car je suis certaine que vous n’entendrez plus parler de lui ». À l’issue du délibéré, François écope de 6 mois de prison avec sursis. C’est plus sévère pour Yann : 10 mois dont 6 avec sursis et la révocation d’un précédent sursis de 6 mois, soit 10 mois ferme qui restent aménageables.

Tony Duret

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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