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L’IMAGE DU JOUR Au Pôle emploi Alès-Gardon, les occupants du Cratère manifestent pour « les vendredis de la colère »

Les occupants du Cratère ont déployé la bâche qui trône habituellement sur la devanture de la scène nationale. (Photo Corentin Migoule)

Ce vendredi matin, peu après 10 heures, le collectif d'intermittents de l'emploi qui occupe le Cratère depuis le mardi 16 mars dernier a investi l'agence Pôle emploi Alès-Gardon, comme il y a dix jours. Moins d'un quart d'heure plus tard, la police est intervenue pour chasser la trentaine d'occupants.

C'est une idée qui germait dans les têtes des occupants de la scène nationale alésienne "depuis plusieurs jours." Ce vendredi matin, peu après 10 heures, une trentaine d'entre eux a investi les locaux de l'agence Pôle emploi Alès-Gardon, située dans le quartier des Près-Saint-Jean.

Une action menée dans le cadre d'une initiative nationale baptisée "les vendredis de la colère", destinée à lutter contre la réforme de l'assurance chômage que les intermittents de l'emploi du bassin alésien dénonce depuis le 16 mars dernier en occupant le Cratère, et en y organisant chaque jour, sur le parvis, une assemblée générale à la pause méridienne.

En l'absence de vigile à l'entrée de l'agence Pôle emploi, les militants n'ont eu aucun mal à pénétrer dans l'enceinte du bâtiment qu'ils n'auront eu le temps d'occuper qu'un gros quart d'heure. Très vite, un véhicule de la police nationale est arrivé sur place et l'évacuation des occupants, munis pour certains de masques en mode "Anonymous" et de sacs de couchage, s'est opérée sans encombre (notre vidéo).

Les occupants ont investi le parquet de l'agence Pôle emploi Alès-Gardon jusqu'à l'intervention de la police qui n'a pas eu à employer la force. (Photo Corentin Migoule)

L'escouade a ensuite pris la direction du centre-ville en prenant soin de faire connaître ses revendications via une halte "à quelques endroits stratégiques dont plusieurs lycées", avant de regagner le parvis du Cratère où le crachin s'est invité à l'agora du jour.

Occupant de la première heure et par ailleurs musicien, celui qui a choisi de témoigner anonymement en s'affublant du pseudonyme "Victoire", justifie la "prise du Pôle emploi" par la symbolique des lieux car "la réforme de l'assurance chômage va mettre les agents en difficulté." Et d'enfoncer : "Quand les gens vont se retrouver avec 400 euros de moins chaque mois, c'est ici qu'ils vont venir gueuler ! Ils sont en première ligne."

Des agents surpris mais pas apeurés

Moins de deux mois après l'assassinat d'une conseillère Pôle emploi dans la Drôme, la directrice adjointe de l'agence des Près-Saint-Jean ne le sait que trop bien. Intervenue avec autorité pour "protéger" ses agents, la dernière nommée dit ne pas s'être sentie "en danger" au moment de l'intrusion des intermittents, mais reconnaît qu'ils étaient "plus nombreux que la première fois."

La directrice adjointe, regrettant "le nombre trop élevé de personnes" qui se sont retrouvées en même temps dans cette pièce exiguë, n'a guère été sensible à l'intervention des militants : "Quelqu'un a brandi une pancarte comportant la mention "Non à la précarité". S'il y a bien un endroit où on contribue à réduire la précarité, c'est ici !"

Quelques minutes après le départ des occupants, deux policiers nationaux sont venus aux nouvelles. "Vous devriez engager un vigile", ont-ils suggéré à la directrice adjointe qui avait déjà fait appel aux services d'un agent de sécurité les jours qui ont suivi la première intrusion, avant de mettre fin au dispositif.

Corentin Migoule

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