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NÎMES Quand la fac refait l’histoire sur Twitch

Éric Teyssier, en train de casser en deux un As de Nîmes (Photo Anthony Maurin).

L'histoire est faite pour être racontée. À l'université de Nîmes, on ne fait pas les choses comme ailleurs et c'est tant mieux ! Être la première université à monter sa chaîne, c'est bien mais commencer par de l'Histoire, c'est mieux.

Le bureau de l'association histoire Unîmes, soit près de 20 membres actifs, se bouge pour faire vivre l'Histoire à Nîmes. Dans une salle du troisième étage de la bibliothèque universitaire du site de Vauban, sept personnes. Éric, Quentin, Marine, Tom, Manon, Axel et Enzo sont concentrés, leur première émission va débuter.

" L'Histoire est comme un accident à un carrefour. S'il y a quatre passants à chaque angle du carrefour, ils verront quatre accidents différents. Le but du jeu est de monter dans les étages et d'avoir une vue d'ensemble pour tenter d'approcher la véritable Histoire " avertit le maître de conférence, Éric Teyssier, qui a fait sa première chronique sur le crocodile de Nîmes. Marine, elle, a évoqué le Roman national que l'on se raconte depuis 1870 et Tom a quant à lui déroulé une chronique sur le cinéma d'animation allemand du début du siècle dernier.

Les participants de la première émission sur l'Histoire de la chaîne Twitch de la fac de Nîmes. Éric, Quentin, Enzo, Marine, Tom, Manon et Axel (Photo Anthony Maurin).

Les viewers, forcément sur Twitch, ont le droit à la parole. Il peuvent proposer des sujets, des thèmes et poser des questions. Le but est de vulgariser l'Histoire, des allusions et références à Astérix peuvent surgir de nulle part si elles ont un lien et si elles peuvent accrocher le public.

" Le niveau en Histoire n'a pas chuté, il s'est effondré ! Moi, en tant que prof, j'ai vu cette évolution et il y a un réel problème d'exigence... La télévision était un outil de propagande mais elle faisait aussi de l'éducation populaire. Quand j'étais petit "Les Rois maudits" étaient à la télé et on en parlait dans la cour d'école. Aujourd'hui il faut remettre du fond, de la matière et, pour s'ouvrir aux autres, il faut savoir d'où l'on vient. L'Histoire n'aime pas l'excès, la mémoire est sélective, pas l'Histoire ", note le professeur qui s'est lancé avec joie dans cette nouvelle bataille qui vise une reconquête intellectuelle.

Les viewers ont pu voir en direct comment un divisait un As de Nîmes, la monnaie romaine (Photo Anthony Maurin).

Une émission d'1h30, avec des sujets variés, des intervenants plaisants et des questions du public pour faire vivre la suite du projet. Pour Tom, " L'idée de la chaîne vient de l'administration de la fac. Je communiquais sur mon master, je connaissais Twitch, j'étais là alors... L'association est très motivée, c'est intéressant et pour une première l'expérience est plus que positive. Le gens sont ouverts. Ils ont compris l'intérêt d'une telle plateforme pour la fac. Si on travaille bien dessus, on peut réussir à en faire un bon média. Nous voulons rendre à la vulgarisation ses lettres de noblesse. Certains nous ont permis de nous intéresser à l'Histoire, nous devons en faire de même. "

Les émissions devraient se poursuivre de manière hebdomadaire jusqu'à la fin de l'année universitaire. Le professeur pas comme les autres, Éric Teyssier, reprend la parole. " Il y a 15 jours, je ne connaissais pas Twitch mais je connais bien Tom et quand il m'a proposé de venir j'ai dit oui. J'aime le format. Je vais solliciter quelques collègues renommés pour participer à l'émission avec nous. C'est le début de quelque chose ! Il nous faut encore nous équiper pour pourvoir sortir des murs de la fac et faire vivre le territoire pour avoir un impact au-delà du seul public d'universitaires. Je défends la vulgarisation et nous offrons une autre tonalité ! "

La fac de Nîmes bouge et fait bouger l'Histoire (Photo Anthony Maurin).

De son côté, Quentin veut " amener l'Histoire sur des plateformes ouvertes à tout le monde et qui correspondent à un nouveau public : les jeunes. Ce genre d'émission peut aider tous ceux qui veulent apprendre ! ". Pour Marine, " nous sommes la future génération d'historiens. Les enjeux sont importants, nous devons aussi corriger le conservatisme qui gâche et cache une bonne vision de l'Histoire. Elle construit notre futur. " Manon poursuit : " Il faut faire vivre l'Histoire différemment car tout le monde n'aime pas le format scolaire. Ici, c'est plus simple, plus accessible mais on apprend toujours des choses. "

Axel, est lui aussi heureux de participer à ce projet dense. " J'étais à fond quand j'ai su qu'on allait faire ça. J'ai trouvé l'idée bonne. C'est novateur parce que nous sommes dans une université. Nous développons une continuité de notre enseignement. " Un enseignement pas toujours très clair pour certains élèves qui ont eu des profs un peu sélectifs. " L'Histoire permet de déconstruire les préjugés. Nous montrons que l'Histoire peut se transmettre à l'oral. Les jeunes peuvent l'écouter, ça peut donner envie d'aller plus loin, de voir le patrimoine différemment... ", conclut Enzo.

Abonnez-vous ici, pour les 20 ans de la naissance de la filière Histoire à Nîmes, c'est une belle occasion de s'intéresser de plus près à ce que l'on fait à Vauban.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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