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FAIT DU SOIR À la découverte de la chapelle carolingienne Saint-Nazaire d’Aubais

La chapelle de Saint-Nazaire poursuit sa rénovation
La chapelle de Saint-Nazaire poursuit sa rénovation (photo Boris Boutet)

Située sur la commune d'Aubais, la chapelle Saint-Nazaire, qui doit son nom à un martyr romain, a traversé les siècles. Des fouilles datant des années 2000 ont permis de démontrer que l'édifice était à l'origine une ancienne église carolingienne, édifiée au VIIIe siècle. 

Les légendes ont longtemps circulé autour de la chapelle Saint-Nazaire. "Elle a toujours eu une grande importance pour les Aubaisiens, confirme l'historien local François Lavergne. La chapelle est d'ailleurs plus ancienne que le village. Elle avait son prieuré, un territoire propre, juxtaposé à celui-ci. On lui soupçonnait une importante histoire et une grande ancienneté. Mais c'est longtemps resté une idée transmise par le bouche-à-oreilles sans qu'aucune vérité scientifique ne soit établie." 

La chapelle de St Nazaire vue de l'extérieur. (photo Boris Boutet)

Au cours du XXe siècle, l'édifice est d'ailleurs loin des feux des projecteurs. C'est une chapelle en désuétude, presqu'à l'abandon, que (re)découvrent les Aubaisiens en 1998. Ses pourtours sont envahis par les végétaux et ses abords enfouis sous un tumulus dont on ignore ce qu'il recouvre. "À l'initiative de la Ville, des chantiers d'insertion gérés par le conseil général du Gard ont été mis en place pour remonter certains murs mais aussi pour débroussailler et nettoyer les alentours", explique l'actuel maire, Angel Pobo.

Entre 2001 et 2004, quatre opérations successives de fouilles archéologiques viennent faire la lumière sur l'histoire des lieux. "Il y a eu de nombreuses découvertes et notamment une pierre tombale datant du VIIIe siècle, souligne François Lavergne. Il a ainsi pu être établi que la chapelle était à l'origine une église carolingienne." 

Un cimetière rupestre d'environ 1 500 sépultures

À l'intérieur et autour du bâtiments, un véritable cimetière d'environ 1 500 sépultures, taillées dans le roc, a été découvert. Du VIIIe au XIIe siècle, soit pendant plus de 250 ans, les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle se faisait enterrer sur place. "La chapelle est tout proche du chemin et nombre d'entre eux effectuaient le détour pour faire dévotion à Saint-Nazaire, complète l'historien. Il se dit que certains pèlerins morts en Espagne demandaient à se faire enterrer ici." 

Trois tombes, taillées dans le roc. On devine qu'un couple et son enfant y ont été enterré. (photo Boris Boutet)

Deux siècles plus tard, une tour de guet a été édifiée, donnant aux lieux un caractère militaire. Au moment des fouilles, un passage sous-terrain débouchant dans le chœur de la chapelle a été découvert. Il permettait aux habitants de venir y trouver refuge dans l'église fortifiée en cas d'attaque.

Passionnés par l'histoire du site, des bénévoles ont entrepris de réhabiliter les lieux à partir de 2005. "L'association Les amis de Saint-Nazaire d'Aubais a été très active en ce sens, salue Angel Pobo. Les murs et les vitraux ont notamment été remis en état, tandis que les dalles ont elles aussi été changées en 2011. Comme elle manquait d'argent pour le dallage, l'association a proposé aux habitants de participer. Ainsi, chacune porte le nom d'un mécène et la liste des donateurs et affichée à l'entrée de la chapelle." 

Gravé sur la pierre, les noms de vielles familles aubaisiennes. (photo Boris Boutet)

Aujourd'hui, l'édifice a fière allure et de nombreux promeneurs s'aventurent autour de ce lieu chargé d'histoire. "Nous voulons désormais nous attaquer à la réhabilitation du mur du fond, où des fresques du XIVe siècle sont apparues", note le maire d'Aubais qui souhaite poursuivre la remise en état de la chapelle qui porte aussi les traces d'anciennes familles du villages, dont les ancêtres ont gravé le nom sur la pierre. Toute une histoire désormais scientifiquement établie, unit les Aubaisiens à la chapelle Saint-Nazaire, où ils aiment se retrouver tous les jeudis du mois de mai, pour les traditionnelles messes célébrées sur place.

Boris Boutet

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