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FAIT DU JOUR Un Gardois lance Tut Tut, le Uber de la livraison de colis

Vincent Chabbert est le fondateur de Tut Tut, un système de livraison collaboratif, local et instantané. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Vincent Chabbert est le fondateur de Tut Tut, un système de livraison collaboratif, local et instantané. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Tut Tut ! Derrière ce petit nom sympathique se cache le nouveau Uber de la livraison de colis. C’est Vincent Chabbert, habitant de Tavel de 29 ans, qui lance ce service officiellement le 19 avril à Avignon et alentours puis dans toute la France. Il y travaille dur avec sa petite équipe de quinze personnes dans son local, au cœur du parc d’activités de Tésan à Saint-Laurent-des-Arbres.

On a l’habitude de voir pédaler dans les rues les coursiers-livreurs de grandes marques comme Uber Eats ou Deliveroo. Dans leur sac à dos, ils acheminent le repas de travailleurs pressés ou de familles qui ont envie de se faire un resto à domicile.

C’est de ce concept qu’est parti Vincent Chabbert. Sauf que les coursiers Tut Tut ne transporteront pas de nourriture à domicile en un temps record mais des colis. Cela va du bouquet de roses pour faire plaisir à sa compagne à la livraison d’un canapé en passant par des habits, un frigo… Absolument tous les objets peuvent être livrés, même en soirée et en week-end, dans un rayon de 20 km. Pas de panique donc si vous recevez des amis et que vous vous rendez compte que vous avez oublié d’acheter du vin à 20h, vous pouvez faire appel à Tut Tut. De même si vous avez craqué pour une énorme commode normande mais que vous avez peur de conduire un camion de location, un livreur peut vous l’amener.

Ou plus besoin de poser des RTT car vous attendez un colis, vous pouvez passer par un coursier Tut Tut et c’est vous qui choisissez l’heure de livraison. Tels sont les arguments que soulèvent le fondateur de la marque. Et l’un des fondamentaux de Tut Tut, c’est surtout le circuit court : « On est parti du constat que les gens commandaient sur Amazon car c’est rapide et pratique. Que les gens qui bossent de 9h à 18h ne peuvent pas se rendre dans les commerces de proximité. Avec nous, un client peut être livré en 1h de chez son commerçant et c’est là qu'on est plus fort qu’Amazon. »

Un moyen d'arrondir ses fins de mois pour les coursiers avec une rémunération plus juste

Pour l’instant, Vincent Chabbert a réussi à fédérer 220 personnes dans la communauté Tut Tut, principalement des coursiers du côté d’Avignon. Il en espère d’autres pour couvrir toute la France, que ce soit les grandes villes mais aussi les zones plus rurales.

N’importe qui peut devenir coursier-livreur. Certains livrent à pied, d’autres à vélo, en voiture ou en camion. Les colis sont adaptés au mode de déplacement de chacun. « Ça peut être un étudiant qui y va entre les cours, quelqu’un à temps partiel qui a besoin d’arrondir ses fins de mois, un retraité… », liste-t-il.

Vincent Chabbert et son équipe travaillent dur au lancement de Tut Tut pour le 19 avril, dans leur local dans la zone de Tésan, à Saint-Laurent-des-Arbres. (Marie Meunier / Objectif Gard)

L'idée étant aussi de capitaliser sur les trajets déjà existants : un peu comme un BlablaCar mais au lieu de transporter des passagers, les chauffeurs transitent des colis. Si vous allez quelque part, autant que ça profite à quelqu'un d'autre plutôt que de multiplier les véhicules sur la route. Chaque livreur peut se connecter quand il le souhaite sans quota.

Si Vincent Chabbert se compare souvent à Uber Eats pour son fonctionnement, niveau rémunération des livreurs, il a « pris le contre-pied total » : « Les livreurs à vélo sont souvent sous-payés, qu’il pleuve ou qu’il neige, c’est 1,50 € la course. Chez nous, le prix de livraison le plus bas, c’est 7 € HT et 70% de la somme revient au coursier. » La grille peut monter à 44 € pour un frigo à 15-20 minutes par exemple. Et pour prévenir toute dégradation ou vol, les coursiers sont soumis à un système de notation. En cas de retours négatifs récurrents, ils peuvent être exclus définitivement ou temporairement de la communauté Tut Tut.

De plongeur dans un hôtel à la tête d'une application nationale

Rendre la livraison de proximité, collaborative et rapide, c’est donc le pari que tente de relever Vincent Chabbert. Il y croit dur comme fer. Il a déjà investi 500 000 € pour développer Tut Tut. Mais le défi n’effraye pas ce jeune entrepreneur gardois de 29 ans qui a connu une ascension fulgurante : « Je suis parti de rien. J’ai commencé comme plongeur dans le groupe Accor hôtel. Puis je suis devenu le plus jeune directeur d’hôtel de France dans le groupe à 23 ans. »

Jusqu’à fin janvier 2021, il était encore à la tête de 11 hôtels et six restaurants répartis sur toute la France pour une holding privée. Pourtant très heureux dans son travail, il est perturbé par cette idée de co-transportage de colis qui lui trotte sans cesse dans la tête. Alors il a profité du premier confinement pour la coucher sur le papier et la présenter aux banques. « On m’a dit qu’il fallait un apport de 50% de la somme. En deux mois, je l’avais mais le covid est passé par là, et tout a gelé sur les financements matériels. La galère a commencé mais s’est transformée en quelque chose de positif ».

En effet, il a été accompagné par de nombreux organismes économiques notamment le Réseau Entreprendre Rhône-Durance, Initiative Terres de Vaucluse ou la BPI innovation. Tout ça lui permet de lancer officiellement le site et l’application Tut Tut ce 19 avril à Avignon. Mais Vincent Chabbert a bon espoir que le concept prenne sur toute la France début-mai.

Après les nouvelles annonces du Gouvernement, beaucoup de collectivités territoriales l’ont rappelé, très intéressées par le système de livraison. Mais il est bien conscient que pour que le cercle vertueux s'incurve, il faut à la fois une demande du côté des clients, des commerçants et des livreurs. Alors ils proposent des packs communication pour que communes et intercommunalités promeuvent le concept sur leur territoire. Reste plus qu’à espérer l’effet boule de neige, mais dans cette période où les commerces dits "non-essentiels" sont (encore) fermés, Tut Tut pourrait apparaître comme une bonne alternative.

Marie Meunier

Clients, commerçants et livreurs peuvent s’inscrire gratuitement sur le site ou télécharger l’application Tut Tut à partir du 19 avril.

Les commerçants intéressés peuvent s’inscrire et disposer d’un espace sur le site Tut Tut. Et pour ceux qui disposeraient déjà d’un site de e-commerce ou de click and collect, ils peuvent intégrer Tut Tut à leur plateforme via un code informatique.

En plus de son service de livraison quasi-instantané dans un rayon de 20 km, Tut Tut proposera un service longue distance qui sera ouvert à partir du mois de juin. Pour l’instant réservé aux commerçants, le service s’élargira ensuite aux échanges de particulier à particulier.

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