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ALÈS Budget offensif, accord historique et flambée épidémique au menu du conseil d’agglo

Le conseil communautaire d'Alès Agglo bouclé en un peu moins de trois heures ce jeudi soir. (Photo Corentin Migoule)
28 délibérations étaient au menu de ce conseil communautaire d'Alès Agglomération organisé ce jeudi dans la salle des assemblées du bâtiment Atome et auquel plusieurs élus ont été invités à assister à distance. (Photo Corentin Migoule)

Le second conseil communautaire d'Alès Agglomération de l'année 2021 s'est tenu hier soir dans la salle des assemblées du bâtiment Atome. Une trentaine de délibérations ont été votées en un peu moins de trois heures durant lesquelles le budget primitif figurait en bonne place.

Comme il en a pris l'habitude depuis qu'il est à la tête d'Alès Agglomération, Christophe Rivenq a ouvert le deuxième conseil communautaire de l'année 2021 par un préambule consacré à un point d'actualité. Si les récentes mesures de freinage du gouvernement ont très légèrement fait fléchir le taux d'incidence du Covid-19 à l'échelle départementale (environ 410 cas pour 100 000 habitants), il n'en est rien sur le bassin alésien où il a bondi "en quelques semaines" de 150 à 423. Une augmentation qui n'est pas sans conséquence puisque "pour la première fois depuis le début de l'épidémie", le centre hospitalier d'Alès se retrouve en saturation avec "des patients de plus en plus jeunes." Christophe Rivenq avait malgré tout deux "bonnes nouvelles" dans sa besace puisque le vaccinodrome de la Prairie est "désormais en capacité de vacciner quasiment 1 000 personnes par jour" si les doses sont livrées en nombre suffisant. Aussi, le "Xav-19", traitement anti-Covid créé par une start-up nantaise et produit à Alès par le laboratoire LFB "nourrit de bons espoirs pour le territoire."

Ne pas perdre l'équilibre

Avec le vote du budget primitif de l'année 2021 qui devait être réalisé impérativement avant le 15 avril, le plat de résistance était enfin servi. Une cascade de chiffres - face à laquelle le meilleur nageur du monde aurait lui-même fini noyé - s'est alors abattue sur l'assistance qui, au terme d'une présentation que le président de l'Agglo a achevé le souffle court, pourra retenir que le montant total du budget primitif consolidé s'élève à plus de 230 millions d'euros (157 en fonctionnement, 73 en investissement.) Aussi, la collectivité, qui doit composer avec sa volonté d'investir et la poursuite de son désendettement, a dégagé 6,5 millions d'autofinancement. Fin 2020, le stock de dette de l'Agglo s'élevait donc à 51,2 millions d'euros, "en minoration de deux millions d'euros pour la dixième année consécutive", d'après Christophe Rivenq qui évoque une dette de l'ordre de 393 euros par habitant du territoire. "Un montant faible" qui devrait permettre d'ajouter une année d'investissement supplémentaire lors du mandat.

Si Sylvain André y voit "un budget de compromis qui va dans le sens du territoire", l'édile cendrasien a aussi émis plusieurs bémols. Ce dernier regrette notamment que l'Agglo n'aille pas "plus loin sur l'élaboration d'un pacte fiscal un peu plus solidaire" et a rappelé l'impérieuse nécessité de conserver "un équilibre économique de tout le territoire, du nord au sud et de l'est à l'ouest." Comme le chantait si bien Édith Piaf, Patrick Malavieille ne "regrette rien" et surtout pas la force de frappe occasionnée par l'affiliation de sa commune à l'Agglo. "Quand je vois ce budget avec des sommes considérables à investir pour notre territoire, je plains ceux qui sont restés en dehors", a notamment échafaudé l'édile grand-combien. Maire de Saint-Julien-les-Rosiers, Serge Bord n'était pas aussi enjoué. L'édile julirosien a profité du vote du budget pour tirer la sonnette d'alarme suite à la perte de "90 000 euros de dotation de solidarité rurale" lors du rattachement de sa commune à l'agglo alésienne en 2017. Le plan de relance de l'État, qui a tout l'air d'un "effet d'annonce", était aussi dans le viseur de Serge Bord ne manquant pas de rappeler qu'il "reste toujours une part souvent trop importante à la charge des petites communes."

Le sens de la fête

Après s'être livrés une guerre sans merci, le président d’Alès Agglomération et le maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas, Jean-Michel Perret, ont scellé un traité de paix en début de semaine (lire ici). Un "accord historique" définitivement entériné lors de la séance d'hier soir au cours de laquelle le dernier nommé s'est dit heureux de mettre "un terme à des années de différend golfique" en trouvant une sortie "par le haut." Parce qu'elle avait engagé des frais pour les études techniques, l'Agglo va bénéficier d'un remboursement à hauteur de 560 000 euros sur dix ans et conserve une quarantaine d’hectares de terres qui serviront à installer des agriculteurs dans le cadre du projet alimentaire territorial.

"Ça s'arrose !", a subtilement glissé un Sylvain André visiblement impatient de renouer avec une vie sociale digne de ce nom. "Avec tous les coups qu'on doit boire, on va prendre une sacrée murge !", lui a rétorqué un Christophe Rivenq complice. Conseillère communautaire d'opposition, Béatrice Ladrange n'avait visiblement pas très envie de trinquer, ne trouvant pas sa place au milieu de ce satisfecit général : "Le contenu de ce protocole d'accord qui comprend la création d'une voie routière entraînant sans doute une extension des zones urbanisées m'interroge." Mais le mot de la fin est revenu à Jean-Michel Perret qui a choisi de désamorcer en suggérant que "grâce aux études golfiques" qui ont permis de "mettre en valeur un certain nombre d'espèces protégées", la commune de Saint-Hilaire-de-Brethmas va accueillir un conservatoire de la biodiversité.

Corentin Migoule

La petite pique du jeudi soir. Conseiller communautaire d'opposition, Arnaud Bord s'est contenté d'une seule intervention ce jeudi soir. L'élu socialiste a notamment regretté que "l'emploi, la solidarité, la transition écologique et la culture soient autant de thèmes qui sont peu ou pas suffisamment pris en compte" dans le budget primitif. Et d'ajouter, évoquant un sondage révélé il y a quelques jours dans Le journal du dimanche : "À l'heure où la ville d'Alès est classée 492e sur 500 parmi les communes où il fait bon vivre, on peut constater que le chemin à parcourir est encore long." Laconique, la réponse de Christophe Rivenq ne s'est pas faite attendre : "On a été classé 492e sur 34 000, ce qui n'est pas pareil !" Avant de relativiser le résultat, fruit d'un sondage "mené auprès de 1000 personnes seulement alors qu'il y a 34 000 communes à classer." 

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