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GARD Départementales : six nouveaux binômes investis par le Rassemblement national

Les candidats du Rassemblement National investis sur les cantons d'Aigues Mortes, Vauvert, Calvisson et Saint-Gilles. (Photo Boris Boutet)
Anne-Marie Collard, l'épouse de Gilbert Collard, et Michel Pous, brocanteur spiripontain bientôt à la retraite, forment le binôme RN sur le canton de Pont-Saint-Esprit pour les prochaines élections départementales. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Ce mercredi, le Rassemblement national présentait ses candidats pour les élections départementales sur les cantons d'Aigues-Mortes, Calvisson, Pont-Saint-Esprit, Saint-Gilles, Vauvert et Uzès. Tour d'horizon. 

À chaque fois, le message martelé par Julien Sanchez et Gilbert Collard est le même. "La Droite a joué un rôle de marche-pied à la Gauche en lui permettant de rester au pouvoir et poursuivre la politique catastrophique qu'elle mène au Département depuis 150 ans. Notre parti a été la seule véritable force d'opposition." En 2015, le Rassemblement National était arrivé en tête dans de nombreux cantons, sans pour autant parvenir à transformer l'essai et à faire élire suffisamment de conseillers départementaux pour faire basculer le scrutin en sa faveur.

Nicolas Meizonnet et Carole Calba-Schwartz, les candidats RN du canton de Vauvert. (Photo Boris Boutet)

Alors forcément, le parti d'extrême-Droite croit en ses chances, surtout dans la seconde circonscription du Gard où il avait réalisé des scores très élevés. Sur le canton de Vauvert, le sortant Nicolas Meizonnet repart au front. Exit son ancienne binôme, Béatrice Pruvot qu'il qualifie "d'erreur de casting" et qui pourrait lui faire face cette fois-ci sous les couleurs de Les Républicains.

À ses côtés donc, Carole Calba-Schwartz, 50 ans et élue d'opposition au conseil municipal de Vauvert. Également conseillère communautaire cette dernière a mis en avant sa "sensibilité de Droite" et son attention particulière à la "gestion rigoureuse des comptes publics et à la sécurité de nos enfants". Pas encartée au parti, elle entend "rester libre, sans attache politicienne".  Le duel les opposant au binôme bientôt investi par la Gauche et composé de Bruno Pascal et de Pascale Fortunat-Deschamps s'annonce très disputé.

Yvette Flaugère et Anthony Leroy sont candidats sur le canton d'Aigues-Mortes. (Photo Boris Boutet)

À Aigues-Mortes, c'est plus ouvert et les candidatures se bousculent. Créditée de 46% au second tour en 2015, la Graulenne Yvette Flaugère, 60 ans, y retourne avec de gros espoirs de l'emporter. Son ancien colistier Pascal Gernigon ayant déménagé, c'est le jeune Aimarguois Anthony Leroy qui l'accompagne cette fois-ci. "J'ai 26 ans et je suis ingénieur en sécurité informatique, s'est-il présenté. J'ai également été attaché parlementaire de Gilbert Collard." Face à eux notamment, le maire du Grau-du-Roi, Robert Crauste, ou la sortante Caroline Breschit.

Owen Godard et Sherley Stobiac, candidats RN sur le canton de Calvisson (Photo Boris Boutet)

Sans véritable tête d'affiche sur le canton de Calvisson, le Rassemblement national mise sur la jeunesse. Celle de Sherley Stobiac, Vauverdoise de 28 ans et attachée parlementaire de Nicolas Meizonnet, et d'Owen Godard, Fonsois de 22 ans et colistier de Yoann Gillet à Nîmes lors des dernières élections municipales. Sur le canton, le parti avait obtenu 44% des suffrages il y a cinq ans et misera probablement beaucoup sur son étiquette pour compenser le manque de notoriété de ses candidats.

Christophe Lefèvre et Isabelle Durand-Martin, candidats RN sur le canton de Saint-Gilles. (Photo Boris Boutet)

L'expérience sera par contre au rendez-vous sur le canton de Saint-Gilles. Comme en 2015, Christophe Lefèvre a été choisi par le Rassemblement national. Crédité d'un peu moins de 20% des voix aux dernières élections municipales à Saint-Gilles, ce conseiller en gestion de patrimoine siège dans l'opposition. À ses côtés, c'est Isabelle Durand-Martin qui repart en compagne. Cette dernière avait réalisé un score similaire en 2014 à Milhaud. Lors des dernières élections départementales, le Rassemblement national avait frôlé la victoire en obtenant plus de 48% des voix. Ce nouveau binôme a donc pour objectif de s'imposer cette fois-ci.

Anne-Marie Collard à Pont-Saint-Esprit

Pont-Saint-Esprit fait partie des cantons « gagnables » selon le Rassemblement national. En 2015 déjà, le parti d’extrême-Droite avait réalisé de très bons scores et était arrivé en tête au premier tour avec près de 600 voix d’avance sur le binôme de Gauche, Christophe Serre/Carole Bergeri. C’est finalement ce dernier qui avait été élu à l’issue du second tour.

Six ans après, le Rassemblement national veut transformer ses hauts scores en victoire. Pour y arriver, il mise sur un binôme « qui ne sera pas en cumul de mandat » pour se dédier à son canton. Il s’agit de Michel Pous, « pur produit spiripontain », comme il aime à se décrire. À 64 ans, ce brocanteur sur le point de prendre sa retraite est candidat pour la première fois à une élection. Détenteur de sa carte au RN depuis 12 ans, il est « pour redorer le blason de Pont-Saint-Esprit, une ville qui mérite qu’on la prenne en main et qu’on fasse quelque chose. Il y a trop de belles pierres pour qu’on laisse faire ».

En clair, développer « l’économie touristique », rebondit le député européen gardois, Gilbert Collard. D’ailleurs, c’est sa femme, Anne-Marie Collard, qui complète le binôme du canton de Pont-Saint-Esprit. Cette médecin retraitée de 74 ans laisse son actuel siège de conseillère régionale pour tenter de ravir celui de conseillère départementale. La place à Vauvert étant prise - canton où elle réside -, elle s’est donc rabattue sur Pont-Saint-Esprit. Une ville assez lointaine géographiquement pour elle mais à laquelle son mari tenait : « Si Anne-Marie est candidate ici c’est parce que j’ai insisté. Mon arrière-arrière-arrière-grand-père était Spiripontain. Il s’appelait François Bravay et était conseiller général de Pont-Saint-Esprit et député de la 2e circonscription comme je le fus avant. C’est une histoire de famille ! Je trouverais ça formidable si elle pouvait reconquérir son siège de conseiller », s’exclame Gilbert Collard.

Est-ce que Collard, nom de famille connu, pèsera dans la balance des voix ? Et ainsi ferait gonfler les scores du RN face aux binômes de Didier Bonnaud/Christiane Bremond pour la Droite et surtout Christophe Serre/Carole Bergeri à Gauche ? Rendez-vous les 20 et 27 juin.

Patrice Adam et Mireille Ribanier ont été investis par le RN sur le canton d'Uzès (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

À Uzès, canton symbolique s’il en est puisqu’il s’agit de celui de l’ancien président du Département Denis Bouad, le RN compte bien créer « la surprise », selon le mot du maire de Beaucaire, Julien Sanchez. Pour lui, « en cas de duel Gauche-RN au second tour, nous pouvons l’emporter », face à un Denis Bouad « qui a abandonné son canton avant même d’être sénateur », tacle Yoann Gillet. La binôme de Denis Bouad, l’écologiste Bérengère Noguier, n’est jamais citée. 

Pour espérer quelque chose sur ce canton, le RN investit un binôme de militants de longue date avec Mireille Ribanier, 54 ans, « passée par le FNJ dans les années 1980 », précise-t-elle, et Patrice Adam, retraité de 65 ans, « militant depuis 1985 et encarté au FN depuis 1989 », note-t-il. Deux candidats qui l’ont déjà été sur le passé, mais sur d’autres territoires que l’Uzège, dans laquelle ils n’habitent pas. La candidate réside à Poulx, son binôme est Nîmois. 

« Je connais très bien ce territoire pour l’avoir parcouru pour semer nos idées depuis des années, c’est le moment de la récolte », lance Mireille Ribanier. Patrice Adam, qui est le parrain de sa fille, parle d’un « canton de coeur » où il a « beaucoup de connaissances ». La candidate défend « un programme de proximité », avec « une aide aux personnes âgées », « la défense des personnes handicapées et la protection maternelle et infantile ». Elle l’affirme, elle « sait déjà quelle délégation » elle prendra si elle est élue : « l’Enfance et les Personnes âgées. » Quant à son binôme, il se dit « attaché à la biodiversité, aux monuments historiques et au patrimoine ». Les deux candidats ont déjà prévu de rencontrer les 33 maires du canton, « quel que soit leur bord politique ». 

Boris Boutet, Marie Meunier et Thierry Allard

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