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GARD Il sonne à la gendarmerie, se présente comme un dealer et jette du cannabis ! 

Vue aérienne du centre ville de Nîmes. DR

Il est également prévenu d'une évasion du commissariat de Police et d'avoir refusé un contrôle de la police municipale.

Il est parvenu à s'évader du commissariat de Nîmes avant d'être rapidement rattrapé. Un homme, âgé d'une vingtaine d'années, atteint de troubles psychiatriques, a comparu, mardi, en audience de comparution immédiate à Nîmes pour une évasion du commissariat de la ville et un refus d'obtempérer avec la police municipale. Il y a quelques mois de cela, il a sonné à la porte de la gendarmerie, la nuit, en hurlant qu'il était dealer et avant d'envoyer du cannabis au-dessus des grilles.

« J’avais des délires", affirme le prévenu pour expliquer ces étranges agissements.

Cet homme a essayé de s’évader du commissariat de Nîmes, lundi matin. Il a profité d’un moment d’inattention pour ouvrir une fenêtre du premier étage où il était auditionné, et il est ensuite parvenu à s’enfuir. L’alerte a été immédiatement donnée et la brigade anticriminalité est intervenue quelques centaines de mètres plus loin pour l'intercepter.

Il comparaissait ce mardi 4 mai en audience correctionnelle, pour cette évasion. Au départ, il a été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi pour avoir refusé de s’arrêter lors d’un contrôle de la police municipale. Les forces de l’ordre avaient été intriguées car il roulait sans feux de circulation en pleine rue. Dans le quartier Richelieu, il essaie de semer la police en montant sur les trottoirs. Il a ensuite été interpellé et a menacé de « vouloir buter des flics », selon le président du tribunal qui lit la procédure.

Ce prévenu a été déjà condamné en 2019 pour des menaces sur une personne dépositaire de l’autorité publique et il a 19 condamnations sur son casier judiciaire

« Je crains plus dieu que vous, petite pute de merde », poursuit dans sa lecture le président en reprenant les propos qu’auraient tenus ce jeune homme à la police municipale.

« Les policiers disent qu’il allait buter les gens qui sortent de l’église », poursuit le magistrat.

« De quoi, ils inventent ça, vous voulez me faire passer pour un terroriste », dénonce le prévenu en niant formellement ces propos.

« Je ne vous crains pas, je ne m’en prendrais à aucun être humain. Les propos, je m’en excuse, ils ont dépassé ma pensée. Arrêtez de me faire passer pour terroriste », insiste-t-il.

Une autre procédure est jointe à l’audience : des faits qui datent du 12 mars 2019 alors qu’il est détenu à la maison d’arrêt de Nîmes : « Lorsque je sors je vous écraserai en voiture, c’est une menace, une promesse. Je sors dans 4 mois, je t’attendrai », a -t-il menacé en décembre dernier.

« L’incident démarre pour des faits banals, il s’en prend au personnel pénitentiaire car ils n’ont pas donné une cigarette.  Puis il a une attitude extrêmement violente.  Et enfin arrivent des propos antisémites avérés avec une référence au troisième Reich. Une vindicte à l’encontre d’un homme qu’il pense juif, avec une haine qui fait froid dans le dos", souligne pour sa part maître Valérie Devèze pour les agents pénitentiaires.

« De plus en plus souvent, les personnes déférées qui arrivent devant votre juridiction sont des gens malades. Dans ce dossier, plusieurs questions se posent  : notamment est-ce que cet homme relève du juge ou d’un psychiatre ? Quel sens va avoir la peine pour lui, pour les victimes, pour la société que je représente ? Les faits sont acquis. Il a une altération du discernement », indique le procureur de la république de Nîmes. « A mon sens, il doit être rapidement dirigé vers un centre de détention spécialisé en psychiatrie. Je vais également le signaler en terme de radicalisation », poursuit le procureur Eric Maurel qui réclame quatre ans dont un an SP avec obligation de soin dans un établissement pénitentiaire spécialisé, et un mandat dépôt à l’audience.

« Je n’aime pas trop la société aujourd’hui, cette société sécuritaire à outrance. Il suffit que quelqu’un hurle un propos et on vous demande quatre ans. Si chaque fois que l’on soupçonne potentiellement quelqu’un on demande quatre ans, c’est la fin de notre société. Il n’y a aucune agression dans les faits, il n’y a que des mots. On peut lui mettre 3 ans, 10 ans, 20 ans en prison, ce sont les mots du pauvre. Il n’a pas de domicile, touche une allocation d’adulte handicapé, c’est quoi sa vie », plaide Maître Jérôme Arnal pour le mis en cause.

Le tribunal correctionnel présidé par Jean-Michel Pérez a condamné cet homme à 3 ans de prison dont 19 mois ferme et un mandat de dépôt. Le reste de la peine est avec un sursis probatoire renforcée, avec une obligation de soin et d’indemniser les victimes. Sa sanction de prison ferme, il va l'effectuer dans un établissement pénitentiaire spécialisé afin de prendre en charge ses troubles psychiatriques.

Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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