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NÎMES OLYMPIQUE David Tebib : « Même les clubs les plus riches investissent dans la formation »

David Tebib s'exprime sur la crise au Nîmes Olympique Photo : AS/Objectif Gard
David Tebib, président de l'USAM Nîmes-Gard (Photo Objectif Gard)

Le président de l'USAM Nîmes-Gard a choisi Objectif Gard pour sortir de sa réserve et s'exprimer sur l'avenir du Nîmes Olympique et de son centre de formation. Président de l'Association nationale des ligues sportives professionnelles (ANLSP), David Tebib propose un regard éclairé et son aide face à la situation de crise. En toute sincérité. Interview.

Objectif Gard : Quel regard portez-vous sur la crise actuelle au Nîmes Olympique notamment sur la question du centre de formation ?

David Tebib : Déjà je voudrais remettre du sens sur la formation dans le milieu professionnel et dans le football en particulier. Juridiquement, aucun club de football n’a l’obligation d’avoir un centre de formation. Est-ce qu’aujourd’hui c’est le cas dans d’autres clubs ? La réponse est non. Même les clubs les plus riches investissent dans la formation, et dans tous les championnats. La question à se poser est de savoir si un club avec un faible budget, Nîmes Olympique ou un autre club, a besoin de la formation. La réponse est oui. Et ce pour plusieurs raisons. Un rôle sociologique et sportif vis-à-vis de la jeunesse. La possibilité pour les clubs à faible budget de détecter, révéler et faire signer des pépites à partir du travail de longue haleine de la formation. Et ainsi présenter une équipe compétitive plus tard. L’ADN d’un club passe bien évidemment par la fiche d’identité de sa formation. On parle souvent des exemples de la formation à la nantaise, à l'auxerroise. Il existe des caractéristiques de la formation à la nîmoise : la ténacité, l’abnégation. C’est cela qui fait que la ville de Nîmes est différente d’autres villes.

Une question se pose tout de même : la rentabilité d’un centre de formation ?

La jeunesse, l’émotion, l’engagement que le sport professionnel doit évidemment véhiculer a-t-il nécessairement aujourd’hui un prix… La stratégie d’un club professionnel - et je me place là en tant que président national des ligues de sport professionnel, encore plus dans une période difficile - que ce soit en France ou en Europe, doit passer par la formation. Davantage pour des clubs de dimension moyenne où cela doit être au centre des enjeux. Après, je ne veux pas porter de jugement sur le cas du Nîmes Olympique car je n’ai pas rencontré ni eu au téléphone le président du NO, Rani Assaf, pour connaître sa stratégie, sa vision mais il est évident qu’il en a une. Je tiens à le dire : je suis d’ailleurs à la disposition des acteurs pour échanger, nourrir des réflexions et faire en sorte qu’au final, il y ait une issue favorable. Mais je n’ai aucun doute sur l’implication et l’amour de la classe politique et en particulier celle de la ville de Nîmes, avec le maire Jean-Paul Fournier, son premier adjoint Julien Plantier, mais aussi le président de Nîmes métropole, Franck Proust, et je n’oublie pas l'adjoint aux sports, Laurent Boissier, pour sa technicité et son expérience.

Donc pour vous, le centre de formation ne doit pas, ne peut pas fermer…

Ma volonté aujourd’hui à travers notre échange est d’éclairer sur les enjeux d’un club professionnel à travers de sa formation. Nîmes a une culture et une particularité liée à sa formation. Rugby, hand, basket, foot : la formation c’est une marque, une identité. En cela, il est important voire vital de la préserver. C’est indispensable.

Si le président Rani Assaf fini par jeter l’éponge, est-ce qu’il peut y avoir un plan B ?

Aujourd’hui, des dizaines d’investisseurs pourraient être intéressé par la marque Nîmes Olympique comme Rani Assaf il y a quelques années. On sait aujourd’hui que le football par ses spécificités, vente de joueurs, droits TV, reste un modèle économique attractif. Ce club traverse une phase difficile à l’image du sport professionnel mais le football a un avantage sur les autres sports : la notion d’actif des joueurs professionnels. La question est plutôt de savoir quel est l’objectif réel de Rani Assaf en prenant en compte le passé historique de ce club. Il n’est peut-être pas en capacité de jouer en Ligue 1 encore plus avec l’annonce d’un championnat rétréci. Peut-être que le projet est de pérenniser l’équipe dans des divisions inférieures. Après, est-ce que l’équipe mérite la Ligue 1 ? Bien évidemment.

D’autant que le projet de nouveau stade est au centre des attentions…

Rani Assaf porte en effet aussi un projet immobilier. Il est évident que la situation du centre de formation doit être décorrélé de ce projet immobilier pour avoir une vision au service du projet sportif. La partie immobilière c’est autre chose. Je sais qu’il est attaché au club donc je reste optimiste et dans les semaines à venir tout sera fait pour préserver à la fois le Nîmes Olympique et sa formation. Mais avec sincérité, je veux le redire, je suis à la disposition du club en tant que président des ligues professionnelles pour apporter un éclairage utile comme je peux le faire pour d'autres équipes.

 Propos recueillis par Abdel Samari

 

Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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