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AVIGNON Plusieurs milliers de personnes ont rendu hommage à Éric Masson devant le commissariat

Environ 5 000 personnes sont venues rendre hommage à Éric Masson, devant le commissariat avignonnais, selon les chiffres de la police. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Les collègues d'Éric Masson se sont tous placés en cercle autour de sa photo et ont respecté une minute de silence, partagée par toute la foule. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Ce dimanche, en début d'après-midi, c'est une marée humaine qui s'étendait au pied du commissariat de police d'Avignon. Environ 5 000 personnes - selon la police - se sont rendues sur place pour rendre hommage à Éric Masson.

Ce brigadier de 36 ans est mort mercredi 5 mai en fin d'après-midi lors d'un contrôle sur un point de deal dans le centre-ville d'Avignon. Il a été mortellement blessé par deux tirs au thorax et à l'abdomen. L'auteur des faits est toujours recherché.

"On ressent tellement de tristesse et de ras-le-bol. Comment annoncer à deux enfants que leur père ne rentrera pas, ne rentrera jamais ? Tout se résume à ça", commente tristement un policier municipal avignonnais et également instructeur sportif dans la police municipale et dans le pénitencier. Comme lui, des milliers de policiers, de membres des forces de l'ordre et de civils ont fait le déplacement jusqu'à Avignon pour rendre hommage à Éric Masson.

L'appel de l'intersyndicale à se rassembler a été largement entendu. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Pour Aurélie, Gardoise de 46 ans, venir ce dimanche, c'est aussi marquer le coup pour obtenir plus de sécurité : "Si je veux rester tranquille sans inquiétude le dimanche chez moi, il faut que je vienne ce dimanche", lance-t-elle. Elle poursuit : "La seule chose que l'on a en commun, c'est notre carte d'identité où il y a marqué "République française". Au lieu de parler de nos différences, il faut se rassembler les uns et les autres. Aujourd'hui, quand on a un différend avec quelqu'un, on ne peut pas discuter, on ne peut que se disputer... On est fatigué de cette ambiance."

"Les mots étaient importants aujourd'hui"

À l'entrée du commissariat avignonnais, les bouquets envahissent le parterre. Les cahiers de doléances se remplissent. Toutes les caméras de télévision sont là. La foule entonne la Marseillaise à plusieurs reprises, applaudit puis se terre dans un silence absolu lourd d'émotion. C'est un peu fébrile et éprouvé que son collègue, le brigadier-chef Kintard, aussi vice-président de l'amicale de la police vauclusienne, a pris la parole : "J'ai l'impression d'avoir fait un marathon, je suis épuisé. Les mots étaient importants aujourd'hui. Je voulais que les autres collègues s'y retrouvent aussi. C'était un hommage solennel", nous confie-t-il. Au moment où il s'exprimait au micro, les camarades d'Éric Masson se tenaient par les épaules en cercle autour de la photo de leur feu collègue.

De nombreux bouquets ont été déposés à l'entrée du commissariat par des proches, des collègues ou bien des inconnus pour honorer la mémoire d'Éric Masson. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Éric Masson était papa de deux fillettes : Laura et Anaïs et issu d'une famille de policiers -dont son père qui travaillait à Bagnols-sur-Cèze et habite aujourd'hui Vénéjan. "Aujourd'hui, c'est lui. Demain, cela peut être nous. On est tous pères de famille... On voit cette insécurité grandissante. La violence a explosé, non plus en en venant aux mains mais aux armes", livre un policier nîmois qui a fait le déplacement jusqu'à Avignon. Pour lui, il était essentiel d'être là "pour que la France se réveille".

Un hommage à Avignon ce mardi, présidé par Jean Castex et Gérald Darmanin

Frédéric Pech, directeur adjoint de l'école de police de Nîmes, était aussi présent, soulignant la solide amitié et concordance qui existe entre la police du Vaucluse et du Gard. "Je pense que s'il faut tirer les conséquences de ce drame, cela doit venir après. Aujourd'hui est un moment de recueillement", dit-il en toute humilité.

Dans la foule, plusieurs personnalités politiques gardoises ont tenu à être présentes, notamment celles du Rassemblement national. Julien Sanchez, maire de Beaucaire, nous a confié : "Ce n'est pas ma région, mais on est à une trentaine de kilomètres. [...] Les membres de la police ne sont pas assez considérés et aujourd'hui, ils sont des cibles. Je suis étonné qu'il n'y ait pas plus de droits de retrait appliqués avec ce qu'ils subissent au quotidien : insultes, agressions, intimidations... Des choses inadmissibles, mais là, nous sommes tombés dans l'horreur."

À la suite de ce premier hommage informel initié par l'intersyndicale de la profession, un autre national se tiendra à Avignon ce mardi, présidé par le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Marie Meunier

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