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LE 7H50 d’Éric Desnoues, directeur artistique des Nuits musicales d’Uzès : « Une marque haut de gamme mais ouverte à tous »

Éric Desnoues est le directeur artistique du festival "Les Nuits musicales d'Uzès", qui fête sa cinquantième édition cet été. (photo Nuits Musicales d’Uzès - Sébastien Bocos)
Pour cette 50e édition, six concerts se dérouleront dans la cour du Duché et trois autres à l'Ombrière, en intérieur. (photo Nuits musicales d’Uzès - Nathalie de Ribier)

Du 16 au 29 juillet, se déroulera la 50e édition du festival "Les Nuits musicales d'Uzès". Au total, neuf concerts seront proposés. Éric Desnoues, directeur artistique de l'événement depuis 1994, nous en a dit un peu plus sur cette édition anniversaire et sur le devenir du festival. 

Objectif Gard : Pouvez-vous nous dire en quelques mots ce que sont les "Nuits musicales" ?

Éric Desnoues : Les "Nuits musicales" est un festival de musique au sens large classique et jazz. Il se déroule à Uzès, un fabuleux écrin pour la musique. J'ai toujours voulu que les programmations soient à la fois destinées aux mélomanes mais aussi ouvertes au grand public. Et également que les concerts soient choisis en adéquation avec les lieux, qu'ils soient mis en valeur par ces lieux. J'attache aussi une grande importance à la qualité internationale des artistes invités. "Les Nuits musicales", c'est devenu au fil des années une marque haut de gamme mais vraiment ouverte à tous.

Cette année, c'est la 50e édition. Qu'est-ce que cela vous fait de diriger un festival avec une telle longévité ?

Un demi-siècle, c'est considérable pour un événement culturel. En Occitanie, on doit figurer parmi les trois plus anciens. C'est quand même une vraie responsabilité d'assurer la continuité année après année d'un festival qui reste éphémère et fragile. C'est à chaque fois un pari, un tour de force de remettre l'ouvrage sur le métier. De fédérer les partenaires, de se renouveler, de surprendre... Mais à chaque fois que c'est terminé, on se dit vivement l'année prochaine.

Pour cette édition anniversaire, quelle coloration avez-vous voulu donner ? 

On sort d'une année 2020 où le festival a été annulé à cause de la pandémie. Et rien n'était encore gagné pour qu'il se déroule en 2021. Avec l'équipe, la ville d'Uzès, les partenaires, on s'est battus pour que les festival ait lieu coûte que coûte. Le festival reste d'un haut niveau cette année, fidèle à sa ligne musicale, mais obéit à un certain nombre de contraintes imposées. Il ne sera que dans deux lieux : six concerts en plein air dans la cour du Duché et trois concerts en intérieur à l'Ombrière, qui garantit toutes les normes de ventilation et de circulation du public.

Au niveau des jauges, du pass sanitaire, savez-vous sur quel pied danser ?

Notre festival regroupe moins de 1 000 personnes donc pas de pass sanitaire. Notre public est toujours assis, donc on rentre dans des cases "rassurantes". À partir du 1er juillet, si tout va bien, il n'y aura plus de distanciation physique dans les salles et on pourra avoir une jauge à 100%. Rien n'est sûr mais les chiffres sont plutôt bons. Mais pour nous, c'est une décision majeure car les finances du festival reposent essentiellement sur la billetterie. Devoir renoncer ne serait-ce qu'à un tiers de notre jauge serait extrêmement difficile à supporter.

Quels seront les temps forts, les concerts à ne pas rater pour cette édition ?

Un directeur artistique ne programme que ses coups de coeur. C'est un peu comme si vous me demandiez de choisir entre mes enfants (rires). C'est très difficile. Mais s'il faut répondre, il y a quand même un concert qui offre la prime à la jeunesse que je veux mettre en avant. C'est celui de Jakub Józef Orliński, un jeune contre-ténor polonais de 25 ans. Il a une voix extraordinaire. Il joue sur des scènes internationales. Il me rappelle étonnement un autre contre-ténor que j'ai invité il y a quelques années à ses débuts, c'est Philippe Jarrousky. Il a fait une carrière incroyable, toutes les scènes du monde se le sont arraché. Et il y a un clin d'oeil puisque Philippe Jarrousky revient cette année en ouverture du festival en tant que chef d'orchestre pour accompagner la soprano Emőke Baráth.

La grande nouveauté, c'est aussi que "Les Nuits musicales d'Uzès" auront désormais leur prolongement durant l'année...

Le nouvel équipement culturel qu'est l'Ombrière nous permet de prolonger le festival. J'ai programmé quatre très beaux concerts pour le public local. Le festival va maintenant s'inscrire toute l'année, avec bien sûr toujours le temps fort historique de l'été. Mais ce ne sera pas des concerts au rabais. J'espère que le public va le comprendre et nous soutenir en venant. On a voulu suivre la thématique des quatre saisons avec quatre dates de la musique tzigane le 2 décembre (l'automne), un récital de musique romantique avec un pianiste qui mettra Chopin, Schubert, Granados à son répertoire le 12 février (l'hiver), l'orchestre symphonique national d'Avignon Provence le 9 avril (le printemps) et un hommage jazz à Serge Gainsbourg "Gainsbourg moi non plus" avec Vanina de Franco et un quintet de jazz le 7 mai (l'été). Une offre très diversifiée pour tous les publics...

Propos recueillis par Marie Meunier

Billetterie en ligne, dates et horaires des concerts sur le site internet des "Nuits musicales d'Uzès", disponible en cliquant ici.

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