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DÉPARTEMENTALES Trois duels Droite/Gauche sur les cantons alésiens

Frédéric Gras (à gauche) et Jean-Michel Perret heureux de se retrouver au second tour. (Photo Corentin Migoule)

Le second tour des élections départementales aura des airs du passé sur les trois cantons d'Alès où la Gauche unie affrontera l'union de la Droite et du Centre. 

Marquée par une abstention record (un peu plus de 65% en moyenne sur les trois cantons), cette journée alésienne d'élections a aussi été perturbée par le violent orage qui a frappé les Cévennes aux alentours de 14 heures (lire ici). Un épisode météorologique qui n'a fait qu'accroître l'absentéisme des électeurs à en croire les dires de plusieurs présidents de bureaux de vote qui ont enregistré très peu de passages aux urnes après ce caprice du ciel.

Dans ce contexte, la fameuse "prime aux sortants" annoncée depuis plusieurs semaines par bon nombre de candidats s'est confirmée. Sur le canton d'Alès 1, le binôme formé par l'écologiste Geneviève Blanc et le communiste Jean-Michel Suau sort vainqueur haut la main de ce premier tour avec 42,03% des suffrages, loin devant (13 points) Jean-Charles Bénézet et Léa Boyer, réunis sous la bannière du "Bon sens gardois" pour l'union de la Droite et du Centre, qui arrivent avec 120 voix d'avance sur le binôme RN Christophe Clot et Aurélie Wagner.

Jean-Michel Suau et Geneviève Blanc, conseillers départementaux du canton Alès 1. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Jean-Michel Suau et Geneviève Blanc, conseillers départementaux du canton Alès 1. Photo Tony Duret / Objectif Gard

"C'est le début de quelque chose, le canton n'a jamais été aussi prenable", osait croire Léa Boyer, jeune conseillère municipale de la ville d'Alès (27 ans) qui participait à ses premières élections départementales. La dernière nommée a insisté sur l'enjeu du canton d'Alès 1 pour sa force politique qui "aurait pu s'emparer du Département en 2015 après 150 ans de Gauche" si elle l'avait remporté en 2015 lorsque le binôme formé par Jean-Charles Bénézet (UDI) et Nathalie Rivenq (ex-UMP) n'était pas parvenu à se hisser au second tour.

Si Léa Boyer dit incarner "le renouveau" et vante sa "fraîcheur", c'est un retour vers le passé qui semble s'opérer sur ces élections départementales alésiennes. Ce sont en effet trois duels Gauche/Droite qui se profilent au second tour. "Il y a un petit air des années 2000/2010", souriait Jean-Michel Perret (DVG), qui ira au second tour avec Evelyne Herbeau (LFI) face aux sortants Frédéric Gras (LR) et Marie-Christine Peyric (UDI), nettement en tête sur ce canton d'Alès 3 à l'issue de cette première salve électorale (39.48% contre 29,59%).

Associé à Christiane Thomas, Claude Cerpédès a livré un duel épique avec le duo formé par Philippe Ribot et Valérie Meunier (à gauche). Photo Tony Duret / Objectif Gard

Le maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas, sous le menace du RN pendant la majeure partie du dépouillement avant que la situation ne se décante, disait sa fierté d'accéder au second tour face à un homme qu'il respecte. "Je suis ravi d'affronter au deuxième tour des gens qui ont les mains dans le cambouis comme toi plutôt que des parachutés", lui a rétorqué l'édile saint-césairois, qui n'a pas eu à trembler longtemps ce dimanche soir.

Enfin, le canton d'Alès 2 est celui qui a offert le combat le plus équilibré. Avec trois binômes sur la ligne de départ dont celui des sortants que sont Philippe Ribot et Valérie Meunier, la lutte a été âpre. Les deux derniers nommés seront bien au deuxième tour grâce à leur score (36,62% des suffrages exprimés) qui les place sur les talons de l'union de la Gauche incarnée par le communiste Claude Cerpédès et la socialiste Christiane Thomas (37,13%). Le binôme RN composé de Francis Bassier et de Martine Le Bourdiec échoue à la troisième place. L'incarnation d'un vrai recul en terres alésiennes pour le parti à la flamme qui s'était hissé au deuxième tour sur les trois cantons en 2015.

À l'heure des bilans, il faudra se souvenir que cette échéance électorale s'est déroulée dans un contexte bien particulier marqué par la pandémie. "C'était trop court pour se faire connaître et ça a forcément avantagé les grosses forces politiques qui ont déjà leurs partisans", regrettait Nathalie Sussel, candidate sans étiquette sur le canton d'Alès 3 avec Lionel Couderc (Debout la France), recueillant moins de 4% des suffrages. "La forte abstention remet un peu en cause la valeur démocratique de cette élection", pensait quant à lui le maire de Saint-Privat-des-Vieux, et ce malgré sa présence au second tour. "On a vu beaucoup de personnes d'un certain âge mais très peu de jeunes aux urnes. Certains ne savaient même pas qu'il fallait voter à la fois pour les Départementales et les Régionales", confiait une présidente d'un bureau de vote alésien.

Corentin Migoule

Contactés pour des réactions post-électorales, plusieurs candidats n'ont pas répondu à nos sollicitations. La panne de réseau qui sévit à Alès depuis plusieurs heures et qui concerne plusieurs opérateurs n'y est certainement pas étrangère. Davantage d'informations à retrouver ce lundi sur Objectif Gard.

 

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