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ALÈS Une Feria de transition pour sauver l’aficion

Didier Cabanis, Tibo Garcia et Ysabelle Castor autour de l'affiche de la Feria 2021. (Photo Corentin Migoule)
Didier Cabanis, Tibo Garcia et Ysabelle Castor autour de l'affiche de la Feria 2021. (Photo Corentin Migoule)

Annulée en 2020, reportée en mai dernier, la traditionnelle Feria de l'Ascension revêtira des airs de "Feria de l'Assomption" en se tenant finalement du 11 au 15 août prochains. Cinq jours durant lesquels les taureaux seront les rois des arènes du Tempéras d'Alès.

La période de vaches maigres, qui s'étale généralement de la mi-octobre à la mi-mars, aura duré plus que de raison pour la tauromachie alésienne. Car depuis la Feria de l'Ascension 2019, le toril des arènes du Tempéras a pris la poussière. Il y a d'abord eu le report de l'édition 2020, puis son annulation définitive, avant que l'édition 2021 ne soit sérieusement menacée lorsque la troisième vague épidémique a contraint les organisateurs à renoncer à son maintien aux dates initiales. Il a alors fallu en trouver de nouvelles, et la municipalité s'est très vite positionnée sur le week-end du 15 août.

D'abord réfractaire à l'organisation d'animations taurines à la mi-août en raison de la concurrence biterroise et dacquoise notamment, Didier Cabanis, délégataire des arènes d'Alès, a finalement infléchi sa position. "Vous vous démerdez comme vous voulez, mais je veux des taureaux à Alès cette année", avait pesté Max Roustan, maire d'Alès, lorsque la question du maintien d'un semblant de Feria n'était pas encore tranchée. D'autant que "c'était important de ne pas laisser les arènes fermées pendant deux ans", reconnaît Didier Cabanis. Et le délégataire des arènes d'enfoncer : "Dans la conjoncture actuelle, avec les pressions politiques, si on arrête trop longtemps on pourrait ne jamais reprendre..."

Le Nîmois Tibo Garcia bien entouré

Alors, pour "sauver les meubles" et tenter de repartir plus fort en 2022, les organisateurs livreront cinq jours de festivités du 11 au 15 août, ponctués d'affiches prometteuses, sustentant à la fois les férus de Camargue et de traditions ibériques. C'est une course camarguaise de taureaux jeunes fournis par les manades Saumade et Vinuesa - "toutes les deux en haut de l'affiche en ce moment" - qui ouvrira le bal dès le mercredi soir (21 heures). L'éleveur Renaud Vinuesa sera à nouveau à la manœuvre le lendemain (21 heures 30) à l'occasion du spectacle équestre "Rencontres du Sud" aux côtés de Denis Marques et du cavalier voltigeur Yan Dallo.

Dans l'impossibilité d'organiser la traditionnelle course camarguaise inscrite au Trophée des As, c'est une course "avec un plateau élevé" comptant pour le Trophée de l'Avenir qui sera proposée au public en nocturne le vendredi (21 heures). Si la présence du raseteur alésien Emeric Assenat est déjà confirmée, côté bétail, Didier Cabanis annonce la sortie de Serpico, "la vedette montante" de la manade Vinuesa, et celle d'Apollon, "un taureau qui devrait mettre de l'émotion dans les arènes".

La programmation nous conduit désormais à la journée du samedi, amorcée dès 11 heures - "pour laisser les aficionados filer à Béziers en fin d'après-midi" - avec la fameuse "corrida concours 100% ganaderias françaises" car "il n'y a pas qu'en Espagne qu'il y a de bons taureaux", à en croire Ysabelle Castor, conseillère municipale de la ville d'Alès déléguée aux Manifestations taurines. Le meilleur bétail de Curé de Valverde, François André, Blohor, Roland Durand, Alain Tardieu et de Pagès-Mailhan sera ainsi combattu par le Nîmois Tibo Garcia entouré de deux Espagnols, l'expérimenté Manuel Jésus Perez-Mota, et celui qui fait "un très bon début de saison", Esau Fernandez. Pour sa quatrième course après son alternative, le jeune matador français de 24 ans, présent ce mercredi matin à Alès à l'occasion d'une conférence de presse de présentation de la Feria, aura "beaucoup à prouver".

"J'peux pas, je vais aux arènes"

Parce que l'habituel toro-piscine n'était "pas très covid" pour ses participants qui auraient été trop nombreux à se jeter à l'eau, les organisateurs ont opté pour un spectacle "comico-camarguais" (samedi à 21 heures) mettant à l'honneur des clowns à l'humour piquant, ainsi que les jeunes raseteurs d'une école "qui progresse dans le nord du Gard", celle de Saint-Chaptes. Enfin, même si elle ne fait pas toujours recette, c'est une novillada sans picador qui clôturera cette édition alésienne le dimanche matin (11 heures). "C'est primordial de continuer à en organiser si on veut que les petits deviennent de grands matadors un jour", justifie Didier Cabanis.

Une novillada qui mettra à l'honneur trois novilleros du Centre français de tauromachie, assurément stimulés par le gain d'un trophée créé spécialement pour l'occasion. "Ils sont l'avenir de la tauromachie", assure l'un de leurs meilleurs professeurs, l'inusable Juan Villanueva, trop heureux de la participation de ses protégés à un tel concours. Si la capitale des Cévennes est épargnée par les orages d'été, il fera beau et chaud dans les arènes du Tempéras à la mi-août, or les organisateurs ignorent encore si l'événement se tiendra "avec ou sans buvette". Quoi qu'il advienne, "si on vous invite quelque part entre le 11 et le 15 août, répondez : J'peux pas, je vais aux arènes (sic)", suggère Ysabelle Castor, désignant son tee-shirt (notre photo).

Corentin Migoule 

Réservation en ligne à compter du 19 juillet au 06.27.60.77.70, du 1er au 10 août à l'Office du tourisme d'Alès, et dès le 11 août au guichet des arènes. 

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