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DÉPARTEMENTALES Alès 2 : dans un mouchoir de poche

Quel combat sur le canton d'Alès 2 ! Le binôme de la Gauche plurielle formé par Claude Cerpédès et Christiane Thomas est au coude à coude avec celui des sortants Philippe Ribot et Valérie Meunier. Mais c'est bel et bien le communiste et la socialiste qui ont viré en tête avec moins d'un point d'avance. Tout est possible !

Philippe Ribot et Valérie Meunier (BC-UCD - 36,63% au premier tour)

Philippe Ribot et Valérie Meunier pour rempiler. (Photo Corentin Migoule)

"Ça remet un peu en cause la valeur démocratique de l'élection", réagissait Philippe Ribot dimanche soir au sujet d'une abstention qui s'est - comme presque partout ailleurs - dangereusement approchée des 70% sur le canton d'Alès 2. Et si une kyrielle de raisons peut expliquer cette absence des Français aux urnes, l'élu sortant a trouvé l'un des coupables : "Certains se sont faits refuser leur procuration en s'y prenant un mois à l'avance, c'est un scandale !" Mais à l'issue d'un premier tour qui a attribué "la prime aux élus locaux" tout en éliminant le binôme du parti à la flamme, le maire de Saint-Privat-des-Vieux est toujours en course. Le duo de conseillers départementaux sortants qu'il forme avec la Républicaine Valérie Meunier se targue d'avoir gagné 8 points de pourcentage par rapport à 2015, un petit exploit sur "ce canton plutôt à Gauche".

"Le RN a chuté et nous avons augmenté à peu près dans les mêmes proportions, ce qui laisse à penser que quand on fait le job sans œillères les gens sont au rendez-vous", veut croire le président de l'association des maires du Gard. "Notre ouverture d'esprit a été reconnue. On ne fait pas de sectarisme", complète quant à elle sa partenaire. S'il comprend l'inquiétude des Gardois menacés de déclassement car "ça devient de plus en plus difficile d'appartenir à la classe moyenne", Philippe Ribot s'interroge surtout sur la capacité de la Gauche plurielle à diriger le Département : "Je ne sais pas comment ils pourront le gérer en associant des socialistes, des écologistes purs et durs, et des communistes historiques." 

Alors qu'on ne sait pas comment vont se reporter les 1 740 voix du binôme RN éliminé au premier tour, Valérie Meunier a profité de l'entre-deux tours pour "mobiliser les abstentionnistes" car "on a des marges de progression partout" et "chaque voix compte". À Gauche depuis plus de 150 ans, le Département "peut et doit prendre un nouveau virage", estiment les candidats du "Bon sens gardois", désignant une extrême-Gauche "repliée sur une idéologie d'il y a quarante ans" et "incapable de s'adapter à la nécessité d'ouverture et aux enjeux de demain".

Les candidats de la Gauche sur Alès 2 Christiane Thomas et Claude Cerpedes, entourés de leurs remplaçants Sébastien Espagne et Pascale Rossler (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Même stratégie du côté de l'union de la Gauche qui, sans oublier les convaincus, va plutôt "chercher les abstentionnistes" avec une technique simple ayant fait ses preuves. "On prend les listes d'émargement pour les identifier et ensuite on fait du porte à porte", explique Claude Cerpédès. Pour les convaincre, le maire de Saint-Martin-de-Valgalgues avance un argument imparable à ses yeux : "De fait, la Gauche sera majoritaire au Département. Il ne faut pas rater le train et que notre canton participe à cette majorité car être dans l'opposition, ça n'apporte rien à nos petites communes." Et le dernier nommé d'enfoncer : "Il faut aussi être le plus en cohérence possible avec la Région qui sera sans aucun doute dirigée par Carole Delga." 

L'édile communiste et sa partenaire socialiste se disent "surpris par le score du RN" mais pensent en connaître le motif : "Il y a une partie des électeurs du Rassemblement national qui a voté directement pour l'union de la Droite ayant plutôt marché dans ce sens-là". Ce qui laisse penser le duo sorti en tête du premier tour que le report de voix a "déjà eu lieu". Finalement, "on retrouve à peu près les mêmes équilibres de 2015 car si l'on associe le score qu'avait fait le Parti socialiste et le mien on obtient 38% alors que cette année on est à 37 et des poussières", fait savoir le maire saint-martinois. Et le dernier nommé de poursuivre : "M. Ribot qui était à 28% passe à 36, 8 points qui manquent au RN..." 

Autant de raisons qui permettent à la Gauche unie de s'avancer "raisonnablement confiante" au second tour. D'autant que sur le terrain, les retours sont plutôt encourageants : "Les gens nous disent qu'il faudrait que la Gauche s'unisse aussi là-haut à Paris. On leur répond qu'il faut d'abord faire la preuve par l'exemple en partant du bas." Avec plus de 67% d'abstention au premier tour, le jeu des pronostics n'a rien d'aisé. Réponse dimanche en soirée !

Corentin Migoule

 

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